Les avantages des semis hâtifs

Les semis hâtifs de canola présentent des avantages évidents, car ils sont associés à des rendements élevés et à l'atténuation des problèmes reliés aux ravageurs. Ce printemps, assurez-vous que vos semoirs sont prêts à être utilisés pour être en mesure de semer tôt et permettre à votre culture de canola de démarrer rapidement.

Les dates de semis optimales en Ontario vont de la fin avril au début mai. La germination peut se produire à des températures du sol aussi basses que 1 ou 2 °C, mais la levée sera plus rapide à des températures plus élevées. Des données publiées par le Conseil canadien du canola laissent croire que si les températures se maintiennent à 3 °C, cela peut prendre jusqu'à 14 jours avant que la germination se fasse. À 6 °C, le processus s'effectue en seulement 8 jours. Toutefois, il est raisonnable de commencer les semis à une température du sol de 3 ou 4 °C si l'état du sol le permet et qu'on s'attend à ce que les températures augmentent. Même si le sol est frais, les semis hâtifs donnent habituellement des rendements plus élevés du moment que les densités de peuplement sont adéquates.

L'état du sol est, bien sûr, de toute première importance. La levée demande une bonne humidité dans la zone des semis et un contact sol/semence adéquat. Les résidus de culture doivent être étalés uniformément et le lit de semence doit être préférablement ferme pour faciliter la mise en place des semences. Quand les semis sont faits plus tard, l'humidité risque de ne pas être adéquate à la profondeur de semis recommandée (1/2 à 1 po), et des semis plus profonds vont réduire les taux de levée.

Le gel printanier peut causer certains problèmes, car le point de croissance est alors au-dessus du sol et il est exposé entre les cotylédons (premières feuilles). Un léger gel peut cependant être toléré, surtout si le plant de canola a atteint le stade 3 a 4 feuilles. Si les plants se sont endurcis pendant plusieurs jours de temps froid, ils peuvent alors être plus tolérants au gel que les plants qui ont poussé rapidement. Par contre, des semis à la fin mai peuvent déclencher la floraison durant les jours chauds à la fin juin et en juillet, et ce stress thermique peut avoir de lourdes conséquences sur les rendements.

Un bon établissement ainsi qu'une croissance rapide et hâtive représentent des conditions idéales pour atténuer les problèmes causés par les insectes nuisibles. Les éclosions d'altises dans les sites d'hivernage sont à leur maximum quand les températures du sol atteignent 15 °C, et cela peut prendre jusqu'à trois semaines pour que tous les adultes apparaissent. Les traitements insecticides permettent de lutter contre les altises durant environ trois à quatre semaines, mais un début de croissance lent peut signifier que la protection devient inefficace avant que le canola sorte du stade de croissance vulnérable. Au stade 3 à 4 feuilles, le canola est mieux en mesure de survivre aux dommages causés par l'alimentation des insectes.

Une croissance hâtive et rapide est également idéale dans les situations où la cécidomyie du chou-fleur est préoccupante. Les adultes de la cécidomyie du chou-fleur sortent du sol de la mi-mai au début de juin et les larves s'alimentent au point de croissance dans le centre du plant. Une culture qui monte à graines rapidement peut échapper à d'importants dommages et les risques sont peu importants après que la floraison ait commencé sur les ramifications secondaires. Le canola semé à la fin mai ou au début juin dans les zones avec antécédents de cécidomyie du chou-fleur est à haut risque de subir des dommages. On doit évaluer le taux de semis qui convient le mieux aux conditions en place. Au cours d'une année moyenne, entre 40 et 60 % des semences mises en terre vont lever.

La densité de peuplement idéale est de 7 à 13 plants/pi2 ou 4,5 à 6 plants par pied de rang sur des rangs de 7,5 pi. Une forte densité de peuplement comporte des avantages, dont une plus grande quantité de lumière, une réduction des pertes attribuables aux insectes nuisibles et moins de ramifications, ce qui permet une maturité plus rapide et plus uniforme. Le taux de semis doit tenir compte de la taille des semences, compenser les faibles taux de levée et permettre d'obtenir un peuplement offrant les meilleures possibilités de rendement. Pour une semence de 4,75 g et un taux de semis de 5 lb/ac, on obtiendra un taux de levée habituel de 60 % qui ne donnera qu'environ 4 plants par pied de rang. Dans le cas des semis très hâtifs ou très tardifs, on peut augmenter le taux de semis de 5 à 10 %.

Une parcelle uniforme donnera probablement un rendement plus élevé qu'une parcelle qui ne l'est pas, même si la densité de peuplement est la même. Dans les peuplements peu uniformes, les plants vont se concurrencer pour les éléments nutritifs du sol et la lumière, et le degré de ramification sera plus élevé dans les zones clairsemées, ce qui retarde la maturité ou produira une maturité inégale. Après la levée de la culture, il est bon d'évaluer la densité de peuplement et le taux de levée et de prendre note de l'uniformité de la parcelle. Si les variations apparaissent de manière régulière dans le champ, il se peut que le semoir soit en cause. Notez vos observations afin d'améliorer la situation l'an prochain.


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