Recrudescence en 2013 des maladies virales dans les haricots secs

Les haricots comestibles sont sensibles à de nombreuses maladies virales. Il y a eu en 2013 une augmentation des signalements par les producteurs de symptômes s'apparentant à ceux de maladies virales dans leurs champs. Les maladies virales frappent de manière sporadique dans les haricots secs. Les pertes de rendement sont en général faibles, mais à l'intérieur d'un même champ, elles peuvent être significatives. Les maladies virales sévissent davantage les années où les pucerons pullulent.

Maladies virales

Plusieurs virus peuvent infecter et endommager les haricots secs en Ontario. Les plus courants sont :

  • le virus de la mosaïque commune du haricot,
  • le virus de la mosaïque de la luzerne,
  • le virus de la mosaïque jaune du haricot,
  • le virus de la mosaïque du concombre et
  • le virus de la nécrose annulaire du tabac.

Symptômes

Les premiers symptômes des infections virales font souvent penser aux symptômes qui résultent de facteurs de stress ou de dommages occasionnés par des ravageurs. Les symptômes les plus courants sont l'apparition d'une mosaïque (marbrure) allant du vert clair au jaune sur les feuilles infectées, la déformation des feuilles notamment par leur enroulement vers le bas et leur plissement. Chez les jeunes plants, les infections amènent un retard de croissance, une croissance en touffes et une altération de la couleur des tiges. Chez les plants plus développés, les infections se manifestent par la brûlure des bourgeons, le dépérissement du sommet des tiges, une piètre pollinisation et des gousses difformes. À la grandeur d'un champ, une infection virale peut se manifester par un degré de maturité inégal et peut nuire à la vigueur générale des plants ainsi qu'au remplissage des gousses. Visuellement, les symptômes sont très semblables d'un virus à l'autre, de sorte que seule une analyse de laboratoire permet de savoir à quel virus on a affaire.

Propagation par des semences infectées

Parmi les virus mentionnés plus haut, les deux seuls dont on sait qu'ils se propagent par des semences infectées sont le virus de la mosaïque commune du haricot et le virus de la mosaïque du concombre. Aux États-Unis, dans les régions productrices de semences de haricots secs, l'inspection des champs pour le dépistage des infections virales est une exigence courante. Le virus de la mosaïque commune du haricot, le virus s'attaquant aux haricots le plus grave et le plus répandu, se propage principalement par des semences infectées. Tous les cultivars enregistrés de haricots blancs en Ontario et la plupart des types de haricots colorés sont résistants à ce virus.

Transmission par les pucerons

Plus de vingt espèces de pucerons (p. ex., puceron du soya, puceron vert du pêcher, puceron du pois) sont à même de propager des infections virales à tout un champ. Les légumineuses vivaces peuvent servir d'hôtes aux virus durant l'hiver et d'hôtes aux pucerons vecteurs des virus durant la saison de croissance. Les maladies virales peuvent aussi être transmises par contact ou par de la machinerie laissant des lésions sur les plantes. Il a été démontré que les thrips sont également un vecteur de certaines maladies virales.

Mesures de lutte

  1. L'utilisation de semence certifiée peut contribuer à réduire le risque d'infections découvertes lors des inspections dans le champ.
  2. Le virus de la mosaïque commune du haricot est le virus des haricots comestibles qui est le plus grave; dans son cas, la meilleure méthode de lutte consiste à s'en tenir à des cultivars résistants.
  3. Les années de fortes infestations de pucerons, les semis tardifs augmentent les risques d'infections graves.
  4. Les champs ensemencés de haricots qui se trouvent à proximité de cultures de légumineuses vivaces ou de légumes peuvent présenter des risques d'infection plus élevés, car ces cultures peuvent abriter des virus ou des pucerons vecteurs de virus.
  5. La pulvérisation des haricots secs contre les pucerons offre peu de protection contre la propagation des virus. Les pucerons ailés se déplacent facilement et peuvent propager rapidement un virus dans un champ.
  6. Les insecticides appliqués aux semences ne se sont pas révélés efficaces à freiner la propagation des virus par les pucerons.

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