Cultures de couverture procurant une deuxième récolte fourragère à l'automne

Les cultures de couverture peuvent vous permettre d'atteindre votre objectif, que ce soit obtenir un meilleur rendement d'une même superficie ou maintenir une couverture végétale sur au moins 30 % de la surface du champ, 100 % du temps!

Le 14 septembre 2013, Chris et Kristen Moore de Kinburn (Ontario) ont tenu une journée champêtre sur l'alimentation des moutons avec de l'ensilage de maïs. En prévision de cette journée, ils avaient semé plusieurs cultures pouvant également servir de pâturages de fin d'automne. Ces cultures étaient :

  • des navets fourragers (taux de semis élevés et faibles);
  • du seigle céréalier d'automne;
  • du blé d'automne;
  • du blé de printemps;
  • de l'avoine;
  • un mélange pois-avoine-orge;
  • du ray-grass annuel;
  • un hybride d'herbe du Soudan;
  • du millet perlé;
  • du soya.

Les parcelles avaient été travaillées pendant l'été avant d'être ensemencées de nouveau, le 14 août, à l'aide d'un semoir à céréales John Deere 8300 classique à roues plombeuses. Cette date de semis permet le semis de cultures de couverture après la récolte du blé d'automne ou des céréales de printemps. Toutes les parcelles ont reçu, par acre, 50 lb d'azote élémentaire fourni par de l'urée épandu en pleine surface. Les premières précipitations sont survenues environ une semaine après les semis. Aucun herbicide n'a été appliqué.

Tableau 1 : Teneur en eau, rendement, teneur en protéines brutes et valeur nutritive relative de la récolte 61 jours après les semis

Afin de déterminer le rendement, 61 jours après les semis, on a récolté chacune des cultures. La récolte s'est faite à la main de manière à simuler le broutage. On a ensuite échantillonné les récoltes, puis analysé les échantillons pour en déterminer la teneur en eau et la valeur nutritive. Le millet perlé et le soya n'ont pas été récoltés en raison du faible développement de leurs parties aériennes. Les résultats sont résumés au tableau 1

*Rendement - tonnes métriques/acre - rajusté à 12 % de teneur en eau.

Résultats

Afin de déterminer le rendement, 61 jours après les semis, on a récolté chacune des cultures. La récolte s'est faite à la main de manière à simuler le broutage. On a ensuite échantillonné les récoltes, puis analysé les échantillons pour en déterminer la teneur en eau et la valeur nutritive. Le millet perlé et le soya n'ont pas été récoltés en raison du faible développement de leurs parties aériennes. Les résultats sont résumés au tableau 1.

Visuellement, les navets semblaient afficher le plus grand potentiel de rendement, car les moutons en consomment les feuilles et les tubercules. Nous avons pesé les feuilles et les tubercules séparément. Toutefois, sur ce site, c'est le blé de printemps qui a donné le rendement le plus élevé, suivi du mélange pois-avoine-orge. Pour les autres cultures de couverture mises à l'essai, le blé de printemps et l'avoine ont en général donné des rendements similaires. Dans le cas des annuelles d'automne, comme le blé d'automne et le seigle d'automne, l'élongation des tiges ne se produit qu'après la vernalisation, c.-à-d., une exposition prolongée au froid de l'hiver, soit à des températures se situant d'ordinaire entre 5 et 10 °C.

Blé de printemps.

Figure 1 : Blé de printemps.

Avoine.

Figure 2 : Avoine.

Navets fourragers

Les tubercules ont représenté environ 40 % du rendement total des navets, et les feuilles, environ 60 % (base MS). La teneur en eau à la récolte de toutes les espèces a été assez élevée, ce qui est révélateur de la croissance luxuriante à cette période de l'année. Ce fourrage à faible teneur en fibres et à forte teneur en eau peut exiger un apport de foin sec ou de paille afin que les animaux consomment suffisamment de fibres. Il a été intéressant de constater que les navets semés selon un faible taux de semis ont produit de plus gros tubercules. Cependant, leur rendement total a été beaucoup plus faible, avec seulement 0,51 tonne à l'acre comparativement à 1,05 pour le taux de semis plus élevé. De leur côté, les navets semés selon un taux de semis élevé ont présenté des tubercules de calibres variés.

L'hybride d'herbe du Soudan, le millet perlé et le soya sont des espèces de saison chaude. C'est pourquoi, comme l'ont démontré les parcelles, il n'est pas recommandé de les semer vers la fin de la saison en raison de leur faible potentiel de rendement. Dans le cas des annuelles d'automne, comme le blé d'automne et le seigle d'automne, les tiges ne s'allongent pas tant que la vernalisation ne s'est pas produite, ce qui fait qu'elles ont présenté un rendement assez limité lorsqu'elles ont été récoltées l'année du semis.

Mélange fourrager pois-avoine-orge.

Figure 3 : Mélange fourrager pois-avoine-orge.

Navets fourragers.

Figure 4 : Navets fourragers.

Dans nombre de fermes, il est possible de semer une culture de couverture après la récolte du blé d'automne ou d'une céréale de printemps, comme le blé de printemps ou l'avoine. Il convient de noter que les rendements indiqués au tableau 1 ne sont que pour une année seulement, à un seul emplacement. Le coût de l'établissement (incluant semence, fertilisation azotée, travail du sol en un seul passage et utilisation du semoir à céréales) varie de 50 à 100 $ l'acre, selon le coût des semences. Ces cultures de couverture peuvent fournir, à l'acre, de 1 à 2 tonnes (base MS) d'un fourrage de haute qualité qui viennent s'ajouter à la récolte de grain précédente, dans la même année de production. Ces cultures de couverture permettent également de recycler les éléments nutritifs des cultures précédentes, d'améliorer la structure du sol et de réduire l'érosion des sols : elles ont tout ce qu'il faut pour vous aider à atteindre l'objectif recherché, qui est de garder une couverture végétale sur au moins 30 % de la surface du sol, 100 % du temps!


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca