Les cultures de couverture, une précieuse source de fourrages

Les cultures de couverture et le principe des récoltes successives suscitent beaucoup d'intérêt dans le moment en raison de l'offre limitée de fourrages et de la réussite de ces cultures en 2012. En plus de fournir des fourrages et des pâturages dont on a grand besoin, les cultures de couverture offrent plusieurs avantages sur le plan agronomique : protection contre l'érosion, piégeage de l'azote, recyclage des éléments nutritifs, apport de matière organique, amélioration de la structure du sol, perturbation du cycle biologique des ennemis des cultures, etc.

Avec l'optimisme que soulèvent les cultures commerciales, dont celles du maïs, du soya et du blé, les producteurs se soucient davantage de la rentabilité de chaque acre cultivée. Ils délaissent le foin et les pâturages au profit du maïs, du soya et du blé. Il s'ensuit un resserrement de l'offre de fourrages. La pratique des récoltes successives, qui consiste à cultiver une culture de couverture, comme l'avoine, immédiatement après la récolte d'une culture de céréales, procure une source de fourrage additionnel pour le bétail. Des recherches montrent qu'avec un apport de fumier, un semis d'avoine succédant à une récolte de blé d'automne peut produire entre 1 et 3,5 tonnes/acre. Même dans les champs n'ayant reçu aucun apport de fumier, l'avoine peut donner un rendement en fourrage de 0,5 à 1,5 tonne/acre. Comme actuellement le foin rapporte au moins 150 $ la tonne, les cultures de couverture peuvent être fort lucratives.

Cultures de couverture à privilégier

Les producteurs cultivent toute une variété d'espèces. La figure 1 montre les résultats d'une étude menée en 2005 qui comparait les rendements obtenus avec et sans apports de fumier pour des semis d'avoine, de radis oléagineux, de pois, de trèfle rouge, de ray-grass annuel et d'herbe du Soudan effectués à la suite d'une récolte de blé d'automne. Les rendements des cultures de couverture se situaient essentiellement dans la fourchette de 0,5 à 1,0 tonne/acre. Le trèfle rouge (semé à la volée au printemps dans le blé d'automne), le ray-grass annuel avec épandage de fumier, et l'avoine sont les cultures qui ont fourni les rendements en fourrages les plus grands. Les céréales d'automne que l'on avait laissé repousser ont donné des rendements correspondant à seulement 50-75 % du rendement fourrager de l'avoine. Dans une autre parcelle d'essai où les cultures de couverture ont été semées après la récolte de blé de printemps, les rendements des repousses de blé de printemps ont été comparables à ceux de bien des cultures de couverture.

Figure 1: Étude comparative menée en 2005 des rendements de semis d'avoine, de radis oléagineux, de pois, de trèfle rouge, de ray-grass annuel et d'herbe du Soudan.

Figure 1: Étude comparative menée en 2005 des rendements de semis d'avoine, de radis oléagineux, de pois, de trèfle rouge, de ray-grass annuel et d'herbe du Soudan.

Établissement

L'établissement d'une culture de couverture peut se faire à l'aide d'un semoir à semis direct. Le semis peut aussi se faire à la volée et être suivi d'un léger travail du sol par un passage d'un cultivateur ou d'une herse rotative destiné à incorporer la semence. Enfouir celle-ci à 1 1/2 po (38 mm) de profondeur. Un travail du sol léger peut réduire la pression exercée par les maladies de la culture céréalière précédente. En périodes de sécheresse, le passage d'un cultitasseur raffermit le sol pour un meilleur contact sol-semence et l'aide à retenir l'humidité pour une meilleure levée. Le fumier peut être épandu immédiatement avant les semis. L'incorporation du fumier met davantage à profit l'azote facilement assimilable.

Récolte par broutage

La récolte de la culture de couverture par la pratique du pâturage rationné de bovins ou de moutons peut être plus rentable que la coupe et la mise en balles. Habituellement, les cultures céréalières peuvent commencer à être broutées environ 45 jours après les semis (figure 2). Elles devraient l'être avant l'épiaison, moment où la qualité du fourrage commence à décliner.
Figure 2 : Orge semée à la suite de blé d'automne pour servir de pâturage à l'automne.
Figure 2 : Orge semée à la suite de blé d'automne pour servir de pâturage à l'automne.

Figure 3 : Pâturage rationné d'un mélange de chou fourrager, de pois, d'orge et d'avoine.

Figure 3 : Pâturage rationné d'un mélange de chou fourrager, de pois, d'orge et d'avoine.

On se demande souvent si le broutage à la fin de l'automne et durant l'hiver provoque le compactage du sol. Des recherches menées au Nebraska montrent que le broutage de résidus de culture par des bovins de boucherie n'a pas d'effet marqué sur le rendement en grains de l'année suivante et qu'il n'oblige à aucune opération de travail du sol supplémentaire. Toutefois, le broutage printanier augmente la densité apparente du sol et réduit le taux d'infiltration d'eau. Par conséquent, le bétail ne devrait pas brouter les résidus de culture après le dégel au printemps.

Avantages agronomiques

L'utilisation de cultures de couverture à la suite d'une récolte de céréales présente plusieurs avantages sur le plan agronomique. Ces cultures protègent le sol du vent et des fortes pluies à l'automne, avant le gel. Elles enrichissent le sol de matière organique. La présence du bétail améliore le recyclage des éléments nutritifs. Certaines cultures, comme le trèfle rouge, favorisent la fixation de l'azote pour la culture suivante. Les cultures de couverture offrent aussi aux éleveurs des superficies où épandre le fumier à la fin de l'été et réduisent les pertes d'azote dans l'environnement. Pour l'éleveur, ces cultures représentent une source additionnelle d'aliments pour ses animaux. Au lieu d'accroître sa superficie, il met ainsi davantage à profit la superficie qu'il occupe.


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