Double culture de soya

Des producteurs de soya ontariens songent à la possibilité d'une double culture de soya après les céréales. Depuis quelques années, les céréales sont récoltées assez tôt et les conditions de croissance de fin de saison ont été excellentes. Cependant, il y a à ce jour relativement peu de recherches effectuées en Ontario concernant les meilleures pratiques de gestion pour la double culture du soya.

Risques

Du temps sec pendant les semis au milieu de l'été peut constituer un défi pour l'établissement des plants. Il y a aussi la plus grande difficulté de la double culture de soya, le risque de gel hâtif à l'automne. Quand les températures sont assez basses, le plant de soya cesse toute activité. Si le gel survient avant que les semences se forment dans les gousses, il n'y aura rien à récolter.

Essais réalisés en 2012

Afin de formuler des recommandations utiles pour la double culture du soya en Ontario, un projet de recherche a été mis sur pied par le MAAARO afin d'élaborer des pratiques de gestion permettant d'augmenter la vraisemblance de succès de la récolte. La recherche initiale devait déterminer quels étaient les taux de semis optimaux pour assurer le succès de la double culture (100 000, 200 000 et 300 000 semences l'acre) et mettre à l'épreuve la maturité appropriée (cultivar) pour les semences. Chacun de ces traitements a été randomisé et répliqué trois fois à l'échelle d'un champ dans trois lieux d'essais séparés.

Figures 1. Les semis de soya dans les chaumes d'orge d'hiver (gauche) ont eu lieu le 11 juillet 2012, dans des conditions très sèches près de Mitchell.

Figures 1. Les semis de soya dans les chaumes d'orge d'hiver (gauche) ont eu lieu le 11 juillet 2012, dans des conditions très sèches près de Mitchell.

En 2012, on a semé des parcelles d'essais dans les trois emplacements, deux dans le comté de Perth près de Mitchell et une dans le comté de Middlesex, près de Lucan. Le site de Bornholm a été ensemencé le 11 juillet après de l'orge d'hiver. Les deux autres endroits ont été ensemencés le 23 et le 24 juillet après du blé d'hiver (figure 1). Il y a eu un léger délai aux deux endroits dont les semis ont eu lieu plus tard à cause de l'enlèvement de la paille. Il en a résulté que parmi les sites plantés hâtivement, seul celui de Bornholm, planté le 11 juillet, a produit un rendement et a été récolté le 23 novembre. Les deux autres endroits n'ont pas produit de rendement suffisant pour nécessiter le moissonnage à cause d'un gel en début octobre.

À l'endroit qui a été moissonné, deux variétés avaient été plantées. La variété A avait un taux d'unités thermiques de croissance (UTC) de 2 650 ou une maturité relative de 0,4. La variété B avait un taux d'UTC de 2 750 ou une maturité relative de 0,8. Il " manquait " environ 100 UTC à la variété A pour être une variété adaptée à la zone de plantation. Seule la variété A a servi à dans la recherche sur les taux de semis. Les résultats se trouvent au tableau 1.

Tableau 1 - Rendement de double culture de la variété A à divers taux de semis (2012, 1 emplacement)
Traitement Rendement moyen (boisseau/acre) Avantage pour le rendement (boisseau/acre)

Variété A

(100 000 semences)

18.0
-

Variété A

(100 000 semences)

20.6
2.6

Variété A

(100 000 semences)

23.4
5.4

Comme le montrent les résultats, en augmentant le nombre de semences plantées, on augmente substantiellement le rendement. Cette tendance est bien en accord avec d'autres essais sur les taux de semis menés par le passé. Dans cette étude, quand on a fait passer le taux de semis de 100 000 semences/acre à 300 000 semences/acre, le rendement a augmenté de 5,4 boisseaux l'acre.

La variété B était un soya adapté à la zone, par rapport à la variété A (100 UTC) aux jours plus courts. Dans ce cas, il y avait peu de différence de rendement entre les deux. Dans des essais à venir, une plus grande différence d'UTC sera comparée pour évaluer tous les gains de rendement possibles en plantant des variétés à maturité plus courte.

Dommages dus au gel

Les figures 1 et 2 illustrent le risque qui a toujours limité le nombre d'acres en double culture de soya en Ontario. L'année dernière a été l'occasion d'essayer la double culture à cause de la récolte précoce des céréales. Cependant un gel au début octobre a suffi à tuer la culture, de sorte que dans certains cas il n'y a pas eu de rendement. Plus le soya est semé tard, plus le risque est élevé de perdre la culture à cause du gel.

Figures 2. Plant de soya tué par le gel, les semis ont eu lieu le 23 juillet et le gel s'est produit au début d'octobre.

Figures 2. Plant de soya tué par le gel, les semis ont eu lieu le 23 juillet et le gel s'est produit au début d'octobre.

Figure 3. Les graines de soya n'étaient pas entièrement formées dans la gousse au moment du gel meurtrier.

Figure 3. Les graines de soya n'étaient pas entièrement formées dans la gousse au moment du gel meurtrier.

Conclusion

Les premiers constats de cette recherche ont montré que plus le taux de semis est élevé plus le rendement sera supérieur dans la double culture, ce qui confirment d'autres constatations sur les taux de semis. L'élément primordial du succès de la double culture réside dans les semis qui doivent être exécutés immédiatement après la récolte des céréales, Tout délai à cause de l'enlèvement de la paille peut faire perdre la récolte dans son entier et ne rien donner comme rendement du capital investi si un gel meurtrier survient.


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