L'importance de l'analyse de sol dans les prairies de fauche pour vérifier les concentrations en phosphate et en potassiumUne bonne fertilité est essentielle pour obtenir de bons rendements avec les cultures fourragères, assurer leur longévité et afin que la culture soit rentable. Les prix du foin sont à la hausse. Avec l'augmentation rapide des prix du maïs, du soya et du coût des terres, il est impératif d'améliorer la gestion des prairies de fauche. Comme il y a beaucoup de facteurs agronomiques dont il faut tenir compte, on néglige souvent la gestion du phosphore (P) et du potassium (K) dans les cultures fourragères. Le P et le K sont pourtant très importants pour les fourrages face à la concurrence des céréales sur les marchés actuels. Prélèvement de P et de K par la cultureLes cultures fourragères prélèvent beaucoup d'éléments nutritifs du sol et ont par conséquent des besoins nutritifs élevés. Avec un mélange luzerne-graminées, les quantités de phosphore (P) et de potassium (K) normalement prélevées par tonne de foin équivalent à environ 6,1 kg (13,5 lb) de P205 et 24,6 kg (54 lb) de K2O. Dans l'hypothèse d'un peuplement mixte offrant un rendement modeste de 3,2 tonnes/acre par an, le foin prélèvera environ 19,6 kg (43 lb) de P205 et 78,4 kg (173 lb) de K2O chaque année. Contrairement à l'azote, le P et le K ne sont pas produits naturellement par les cultures fourragères. Si on ne remplace pas le P et le K avec du fumier ou des engrais commerciaux, les concentrations de ces éléments dans le sol vont chuter rapidement. Dans l'hypothèse où il faut environ 39 kg/ha (35 lb/acre) de P205 et 22 kg/ha (20 lb/ac) de K20 pour augmenter de 1 ppm la teneur de certains sols en P et en K, la concentration de P pourrait diminuer de 5 ppm et la concentration de K, de 35 ppm, en seulement quatre ans. De faibles concentrations peuvent réduire de manière significative le rendement des cultures fourragères. Il est également important de maintenir la teneur du sol éléments nutritifs pour les prochaines cultures de la rotation. Aux concentrations les plus faibles, cet " appauvrissement " du sol n'est pas acceptable. C'est pourtant ce qui se produit chaque année dans bon nombre de prairies de fauche. La fertilité des prairies de fauche varie grandement dans la province. Les prairies des exploitations laitières qui épandent de grandes quantités de fumier ont généralement des teneurs élevées en P et en K. Mais les carences en K deviennent de plus en plus courantes dans plusieurs champs cultivés. Les prairies de fauche où les rotations sont rares (ou inexistantes) et qui reçoivent rarement (ou jamais) du fumier ou des engrais commerciaux sont habituellement très peu fertiles et donnent de faibles rendements. Analyses de solLes analyses de sol sont essentielles. Il est très important de connaître les concentrations du sol en P et en K. Prélevez un échantillon représentatif et faites-le parvenir à un laboratoire accrédité, puis servez-vous des résultats pour établir les doses d'engrais optimales pour vos champs. Gardez des registres. Vérifiez si la fertilité s'améliore, diminue ou reste optimale avec le temps. Des échantillons de sol doivent être pris au moins tous les trois ans. Le temps et l'énergie requis pour les analyses de sol semblent peut-être contraignants, mais avec le coût actuel des engrais, il est certainement rentable de débourser les coûts d'analyse et de fournir l'effort additionnel. Comparez votre facture d'engrais avec les coûts de laboratoire et les frais postaux en y ajoutant même les récompenses données aux enfants pour qu'ils prélèvent les échantillons à votre place! Consultez la fiche technique 06-032 du MAAARO intitulé " Échantillonnage et analyse de sol dans le cadre de la gestion des éléments nutritifs " http://www.omafra.gov.on.ca/french/engineer/facts/06-032.htm. Interprétation du rapport d'analyse de solLorsque vous recevez le rapport d'analyse, vérifiez les concentrations (ppm) obtenues pour le P (bicarbonate de sodium) et pour le K (acétate d'ammonium). (Utilisez uniquement ces analyses, car les résultats obtenus par d'autres méthodes (Bray ou Mehlich) ne peuvent pas être interprétés à l'aide de nos données d'étalonnage). Alors, que disent les résultats pour le P et le K? Les figures 1 et 2 montrent l'effet de diverses teneurs du sol en P et en K sur le rendement de la luzerne. La courbe de rendement est plutôt abrupte lorsque la concentration de P descend sous 12 ppm et que celle du K descend sous 120 ppm. Lorsque les teneurs du sol sont inférieures à ces seuils, l'apport d'engrais stimulera le rendement. Par contre, la courbe de rendement reste uniforme lorsque le sol est plus fertile. Il ne faut donc pas s'attendre à obtenir des rendements plus élevés en appliquant des engrais lorsque les concentrations de P et de K dans le sol sont élevées. Dans ces cas, on peut choisir d'appliquer des engrais pour remplacer les éléments nutritifs prélevés par la culture afin de prévenir de futures carences, sans toutefois s'attendre à des rendements additionnels. Figure 1
Figure 2
Doses de P et de K recommandées pour les peuplements établisLes tableaux 1 et 2 donnent les doses de P et de K recommandées par le MAAARO pour les peuplements établis de cultures fourragères. Si du fumier est épandu, réduisez les doses d'engrais en fonction des quantités de P et de K contenues dans le fumier. Pour les doses de P et de K recommandées au moment du semis (application en bandes ou non, culture-abri ou non) ou pour des informations sur les doses d'azote, le pH, les épandages de fumier et les oligoéléments (bore, soufre), voir la section sur la gestion de la fertilisation des cultures fourragères de la publication 811F du MAAARO, Guide agronomique des grandes cultures, http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/pub811/3fertility.htm Tableau 1 - Doses de phosphate recommandées pour les peuplements établis (d'après les analyses de sol reconnues par le MAAARO)
1 RÉ, RM, RF, RTF et RN indiquent la probabilité que la fertilisation soit rentable, à savoir respectivement : probabilité de rentabilité élevée, moyenne, faible, très faible et nulle. L'épandage d'éléments nutritifs est rentable lorsque l'accroissement de la valeur de la récolte créé par le gain de rendement ou de qualité dépasse le coût d'application de l'élément nutritif en question. Tableau 2 -Doses de potasse recommandées pour les peuplements établis (d'après les analyses de sol reconnues par le MAAARO)
1 RÉ, RM, RF, RTF et RN indiquent la probabilité que la fertilisation soit rentable, à savoir respectivement : probabilité de rentabilité élevée, moyenne, faible, très faible et nulle. L'épandage d'éléments nutritifs est rentable lorsque l'accroissement de la valeur de la récolte créé par le gain de rendement ou de qualité dépasse le coût d'application de l'élément nutritif en question. Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
| |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||