Quelques rappels sur la potasse

Au cours de trois dernières années, la potasse est passée de l'ingrédient le moins cher au plus coûteux dans les mélanges d'engrais. Bon nombre de producteurs ont donc dû remettre en question leur attitude, ancrée depuis longtemps, qui leur faisait appliquer beaucoup de potasse, puisque ce n'était pas cher. Cela ne veut pas dire toutefois que la potasse n'est pas importante pour les cultures. Ce minéral est en effet important pour maintenir l'équilibre hydrique de la plante et il joue un rôle majeur dans la résistance des plantes aux maladies et à la verse, ainsi que pour le rendement et la qualité des grains. Il est toutefois possible de mieux cibler les applications.

Première étape - Savoir ce que le sol peut offrir

La plupart des sols contiennent beaucoup de potassium total (K), en fait jusqu'à 40 000 livres à l'acre. Mais la plus grande partie de ce potassium est fixé sous des formes non disponibles aux plantes. Les formes qui sont lentement assimilables et qui se dégagent graduellement avec l'altération du sol représentent de 2 à 10 % de cette quantité totale. Seul un pourcentage de 1 à 2 % sera immédiatement assimilable par les cultures, soit sous forme de K dans la solution du sol ou sous forme de potassium fixé sur les surfaces d'échange. La portion assimilable peut être mesurée par analyse de sol. En général, les analyses des trois dernières années donnent une bonne idée du contenu du sol. Dans le cas des sols très sableux, où certaines cultures, comme la luzerne, le maïs à ensilage et les tomates, absorbent de grandes quantités de potasse, des analyses devraient être effectuées plus souvent.

Effet maximal de l'apport de K sur le rendement des cultulres fourragères selon diverses analyses

Bob Sheard, Ph. D., Université de Guelph

 

Les sols pauvres en potasse réagiront bien à des apports de ce minéral, presque tous les ans. Les pertes de rendement associées à un manque de potasse peuvent être importantes. Il ne serait donc pas rentable de réduire l'apport en K dans ces champs. Les sols riches réagiront parfois bien à l'ajout de potasse, mais la hausse de rendement ne justifiera que rarement les coûts additionnels associés à l'utilisation de l'engrais. Cette constatation est clairement illustrée sur le graphique « Effet maximal de l'apport de K sur le rendement des cultures fourragères selon diverses analyses ». On peut d'ailleurs s'attendre à une réponse semblable dans le cas des céréales et des oléagineux.

Faut-il ajouter de la potasse dans les sols argileux?

Dans certaines provinces ou États, on recommande des teneurs plus élevées de potassium en sols argileux que dans les loams ou les sols sableux. Alors, on nous demande souvent pourquoi l'Ontario ne donne pas cette précision dans ses recommandations. Les besoins en potasse dans les sols argileux peuvent être plus importants dans deux circonstances :

  1. la recommandation est basée sur les résultats cumulatifs des analyses de sol (car cela prend effectivement plus de potasse pour augmenter les résultats d'analyse dans un sol argileux), ou
  2. lorsqu'il est évident que la culture réagit à des taux plus élevés de K dans certains sols argileux d'une région en particulier.

L'Ohio recommande des taux plus élevés de potasse en sols argileux. Toutefois, leurs essais au champ ont révélé différents modèles de réponses selon les régions. Ainsi, dans le sud-est de l'Ohio, les sols argileux ont besoin d'apports plus importants de potasse pour obtenir des rendements optimaux. Au nord de l'Ohio, dans les sols lacustres qui s'y trouvent et qui sont très semblables aux sols ontariens, les exigences en potasse ne variaient pas en fonction de la teneur en argile. L'Ohio a décidé d'émettre une seule recommandation pour tout l'État qui incluait le facteur de la teneur en argile. Les résultats de leurs essais au champ sont conformes aux études ontariennes qui démontrent que les besoins en K ne sont pas différents dans les sols argileux.

Les minéraux argileux dans les sols ontariens contiennent d'immenses réserves de potasse qui se libèrent lentement. On pourrait soulever le fait que les pertes de rendement seraient moins importantes si on réduisait l'apport en potasse dans les sols argileux que dans les sols sableux. Mais, attention, il est important de connaître le niveau de fertilité d'un sol avant de commencer à réduire l'apport d'engrais.


Peut-on utiliser d'autres sources de K?

Les prix élevés des engrais potassiques incitent à trouver des solutions de rechange pour s'approvisionner en potasse. Le fumier est riche en potassium, particulièrement le fumier de bovins. Le fumier liquide de vaches laitières, par exemple, contient environ 30 livres de potasse assimilable par millier de gallons. L'épandage de ce fumier pour combler les besoins d'azote fournit suffisamment de potasse et satisfait aux exigences des sols les plus pauvres en K. Par contre, les biosolides d'épuration ne contiennent à peu près pas de potasse.

 


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