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Encore plus d'érosion des sols cette année

Avez-vous remarqué ce printemps toute l'érosion du sol? C'est un phénomène assez préoccupant qui fait réfléchir aux leçons déjà apprises et peut-être oubliées. Peu importe le mode de gestion avec ou sans labour, on constate vraiment plus d'érosion ce printemps.

Que s'est-il passé?

Les conditions météorologiques de la fin de l'hiver et du début du printemps ont créé un potentiel élevé d'érosion. Même les producteurs qui avaient mis en place des mesures de protection ont quand même constaté des niveaux d'érosion plus grands que depuis des années. Avec les dégels successifs de quelques centimètres supérieurs de sol qui ont été suivis d'importantes précipitations, le sol saturé d'eau a été emporté. À mi-printemps, deux violentes chutes de pluie ont fait tomber 37 mm (25 avril) et 28 mm (30 avril) dans la région de London. L'eau transportée dans les rivières était brune. Des rigoles et des ravines se sont créées partout dans les champs fraîchement travaillés et dans certains tout juste ensemencés. Des pluies aussi abondantes sont plus que ne peuvent accommoder des champs sans labour ou recouverts de résidus de culture; le ruissellement de surface devient trop important. De nombreux sols étaient trop gorgés d'eau ce printemps, augmentant le ruissellement de surface ce qui favorisait l'érosion. Dans tous les terrains en pente, trop d'eau s'accumulait, emportant le sol et formant des rigoles.

Sol sans labour avec chaumes de soya, mi-avril 2009

Sol sans labour avec chaumes de soya


En tirer des leçons

Nous devons continuer de nous appliquer à une saine gestion de nos ressources en sols. Même si de semblables pluies diluviennes ne sont pas fréquentes, il n'en faut pas beaucoup pour causer d'importantes pertes des sols. Les chercheurs qui étudient le changement climatique prédisent plus de fortes averses et possiblement moins d'enneigement; ce scénario pourrait aussi se reproduire plus souvent. Les pertes de sols ne réduisent pas seulement la productivité, elles sont aussi nuisibles pour l'environnement. Les sources d'eau de surface peuvent être contaminées quand des champs qui ont été fertilisés, semés et pulvérisés comptent un grand nombre de rigoles et que le ruissellement de surface est massif. Ces phénomènes peuvent vite devenir des irritants publics et causer des problèmes.


Pour conserver le sol en place

Les propriétaires fonciers qui ont consacré temps et énergie à instaurer des mesures de conservation des sols doivent en assurer un suivi et un entretien adéquats. La largeur des voies d'eau gazonnées ne doit pas être réduite avec le temps. Il faut prendre des mesures supplémentaires face à de nouveaux problèmes. Par exemple, même les champs de blé d'automne qui ont été directement ensemencés sur des chaumes de soya ont souffert d'érosion cette année. Une culture de couverture protège contre l'érosion à cause du système racinaire actif pendant que le couvert végétal retient le sol en place et réduit l'effet nuisible des pluies très fortes. Cependant, des débits trop concentrés et excessifs ne peuvent être maîtrisés de cette façon et il faudra peut-être aussi dévier l'écoulement des eaux.


Érosion dans du blé d'automne en semis direct, début mai 2009

Érosion dans du blé d'automne en semis direct

 

Les propriétaires fonciers qui n'ont pas adopté de programme de conservation des sols complet peuvent implanter des mesures pour réduire le potentiel d'érosion. Elles comprennent notamment les voies d'eau gazonnées, les bandes tampons, les bouches d'égout, le drainage, les bassins de retenue de l'eau et des sédiments, la rotation des cultures, le travail réduit du sol et les cultures de couverture. Les producteurs doivent évaluer la topographie de leurs champs. De nombreux champs devraient être dotés de voies d'eau gazonnées, de bassins de retenue de l'eau et des sédiments, mais ne sont que sols dénudés d'une clôture à l'autre. Les méthodes de travail du sol énergiques de l'automne dernier ont pu contribuer au problème. Très peu de champs ont des cultures de couverture. De nombreuses mesures de conservation des sols ne sont ni compliquées ni onéreuses. Des subventions sont offertes par le biais du programme des plans agro-environnementaux et des Offices de protection de la nature pour couvrir une partie des frais.

Les pertes de sols représentent un coût très concret auquel nous n'accordons pas assez d'importance. Nos ressources en sols sont primordiales à notre productivité et à notre richesse à long terme comme province et comme nation. Si nous nous en désintéressons, l'intérêt public croissant pour les questions environnementales pourrait générer trop l'attention ou créer des conditions contraignantes. Les producteurs doivent consacrer plus d'efforts à la sauvegarde de cette ressource précieuse dans leur propre intérêt et aussi dans celui du public.


 

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