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Donner un bon départ au canola

Un vieil adage dit que le jour du semis et celui de la récolte sont les deux jours les plus importants pour une culture. L'établissement est le principal défi à surmonter dans la culture du soya, car il est semé peu profondément dans l'horizon du sol le plus vulnérable au dessèchement rapide. Voici quelques conseils pour une levée rapide et uniforme, un couvert végétal qui se referme rapidement et des rendements accrus :

  • Ne pas laisser le compactage du sol comprimer les profits. La profondeur d'enracinement est importante. Le compactage du sol et les dommages aux cultures sont occasionnés pour l'essentiel par le premier passage de la machinerie au printemps. La volonté d'ensemencer une plus grande superficie et de partir les cultures plus précocement amène les producteurs à circuler trop tôt dans les champs alors que ceux-ci sont le plus vulnérables au compactage. Cette pratique donne lieu à des pertes de rendement de l'ordre de 15 à 30 %. Vérifier les conditions du sol dans l'horizon travaillé. Celui-ci devrait s'émietter facilement sans former de boule ou de saucisson quand on le roule dans la main.

  • Se méfier de la rémanence des herbicides utilisés dans la culture précédente. L'action rémanente peut se trouver accentuée après une année de sécheresse. Consulter la publication 75F du MAAARO, Guide de lutte contre les mauvaises herbes, ainsi que les étiquettes des produits pour plus de détails.

  • Bien choisir les taux de semis. Ceux-ci sont habituellement exprimés en lb/acre, mais il vaut mieux commencer par la densité de peuplement ultime recherchée. La densité de peuplement optimale est de 7-10 plants sains/pi2. Dans des rangs écartés de 7 1/2 po (19,5 cm, cette densité équivaut à 4,5-6 plants par pied de rang (14,8-19,7 m de rang). Miser sur des taux de semis qui tiennent compte des différences importantes dans la grosseur des semences d'une variété à l'autre.

    Taux de semis

    Poids (g) de 1000 graines

    Taux de semis cible (lb/acre)

    Graines/pied

    Grammes de semence par ouvre-sillon sur 100 pi

    3,5

    3,3 (3,63)

    5,7 (18,7)

    2

    4

    3,7 (4,07)

    5,7 (18,7)

    2,3

    4,5

    4,2 (4,7)

    5,7 (18,7)

    2,6

    5

    4,7 (5,2)

    5,7 (18,7)

    2,8

    5,5

    5,1 (5,7)

    5,7 (18,7)

    3,4

    6,0

    5,6 (6,2)

    5,7 (18,7)

    3,4

    Nota : Le taux de semis repose sur un peuplement final de 72 % et sur une densité de peuplement cible de 7 plants/pi(75 plants/m2). Augmenter les taux de semis de 5-10 % dans les sols vulnérables à l'encroûtement, lorsque les semis se font soit très tôt, soit très tard dans la saison. On trouve sur le site du ministère de l'Agriculture de l'Alberta un outil de calcul du taux de semis.

  • Régler le matériel servant aux semis avant de le conduire au champ. L'ajout en vrac aux semences de phosphate monoammonique (11-52-0), de soufre granulé ou de rafles de maïs moulues est un moyen d'améliorer la précision du taux de semis. Un autre moyen consiste à faire le semis à l'aide du semoir à graminées en insérant les tubes à semences dans les disques rayonneurs.

  • Réduire la vitesse d'avancement du semoir. Une levée uniforme est plus importante que l'espacement des plants. Si la vitesse d'avancement est supérieure à 8 km/h (5,0 milles/h), le semoir a tendance à rebondir davantage. À la vitesse de 8,9 km/h (5,5 milles/h) il a fallu 1,7 kg/ha (1,5 lb/ac) de plus pour obtenir la même densité de peuplement qu'à 8 km/h (5,0 milles/h)

  • Tout en se laissant guider par les conditions du sol pour décider du moment des semis, projeter idéalement de faire les semis quand les températures du sol sont supérieures à 5 °C ou plus.

  • Enfouir la semence à 1/2-1 po de profondeur dans un sol ferme avec peu de mottes, en gardant
    l'humidité près de la surface du sol. Des semis plus profonds réduisent la levée et la vigueur, nuisent à la croissance des semis et des racines et augmentent les risques d'encroûtement. Tasser le sol avant et après les semis les années de sécheresse. Si l'humidité du sol se trouve à plus de 5 cm (2 po) de profondeur, il est conseillé d'attendre la pluie. Éviter que la semence ne soit privée d'humidité une fois qu'elle a commencé à germer.

  • Faire une analyse de sol avant d'investir! Une analyse de sol permet de se doter d'un programme de fertilisation de précision pour chaque champ de canola et éventuellement de réaliser des économies.

  • Opter pour une dose optimale d'azote de 102-114 kg/ha (90-100 lb/acre).

  • Respecter la recommandation de ne pas dépasser la dose d'engrais phosphoré appliqué avec la semence de 20 kg/ha (18 lb/ac). Ne pas épandre d'azote (sauf le phosphate monoammonique) ni de potasse dans la raie de semis. Le canola est très sensible aux engrais situés à proximité de la semence. Au stade 5 feuilles, le canola a prélevé 3 lb de phosphore/ac. Par comparaison, le maïs en prélève 4 lb/ac et le blé, 15 lb/ac durant les 30 premiers jours. Le cultures semées tôt alors que le temps est frais sont celles à qui les apports de phosphore au démarrage profitent le plus. Des recherches menées dans l'Ouest font état d'un gain de rendement procuré par un apport initial de 11-17 kg de phosphore/ha (10-15 lb/ac) au moment des semis.

  • Appliquer 23-34 kg de soufre/ha (20-30 lb/ac) comme assurance contre les carences. Une solution moins coûteuse relativement aux apports de soufre consiste à remplacer l'application d'urée printanière par un apport de sulfate d'ammonium (21-0-0-24). Le remplacement de 22,7 kg (50 lb) d'urée par 45,4 kg (100 lb) de sulfate d'ammonium procure la même quantité d'azote et 10,9 kg (24 lb) de sulfate-S. L'épandage en pleine surface donne d'aussi bons résultats que l'épandage dans la raie de semis. Le thiosulfate d'ammonium (12-0-0-26S liquide) est une autre source courante de sulfate-S.

  • Faire le dépistage des altises. Celles-ci peuvent rendre un peuplement parsemé, même quand les semences ont été traitées. Les populations peuvent exploser sous des conditions chaudes et ensoleillées. Comme les altises migrent en provenance des lieux abrités où elles passent l'hiver, commencer par inspecter les pourtours des champs. Une intervention est justifiée quand les pertes représentent plus de 10 % de la surface foliaire. Si l'on intervient rapidement, la pulvérisation d'un insecticide foliaire sur le pourtour des champs peut suffire.

  • Augmenter les rendements en pulvérisant les herbicides tôt! Des essais montrent que les pulvérisations faites au stade 1-2 feuilles plutôt qu'au stade 5 feuilles procure un gain de rendement de 10 % (59 $/ac quand le canola se vend 650 $/t). La maîtrise des mauvaises herbes doit se concentrer sur celles qui lèvent en même temps que le canola et moins sur celles qui lèvent après le stade 4-6 feuilles de la culture.

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