Traitements insecticides et fongicides des semences de soya

Dans la majorité des cas, la semence de soya utilisée en Ontario ne reçoit aucun traitement fongicide. Comme on a tendance à semer le soya plus tard que le maïs, on se dit qu'il bénéficie de conditions de sol généralement plus favorables à une germination et à une levée rapides. Toutefois, quand le temps est pluvieux et frais, les agents pathogènes vivant dans le sol endommagent considérablement les plantules et les semences. L'ampleur des dommages dépend de l'humidité, de la température, de la vigueur générale des plants et du type de sol. Un sol froid et détrempé, un sol encroûté ou compacté, de fortes pluies et même des herbicides de postlevée sont autant de facteurs de stress qui peuvent rendre les plantules plus vulnérables aux maladies.

Les dommages causés par l'alimentation des insectes en début de saison sont plus problématiques depuis quelques années. Au printemps 2007, les producteurs ont dû composer avec de fortes populations de chrysomèles du haricot ayant hiverné et ont vu apparaître le puceron du soya plus tôt qu'ils ne l'avaient jamais vu. L'introduction du thiaméthoxame (Cruiser) de Syngenta Crop Protection offre aux producteurs un nouvel outil pour lutter contre les insectes qui s'attaquent au soya en début de saison.

En 2004, l'Université de Guelph et le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario ont entrepris un projet visant à évaluer l'efficacité des traitements de semences de soya contre ses nouveaux ennemis et ceux qui prennent de l'expansion, comme les pucerons, la chrysomèle du haricot et la pourriture des racines de début de saison.

Méthodes

De 2004 à 2007, des parcelles ont été établies dans 35 champs répartis en différents points du sud de l'Ontario. Cette répartition en de multiples emplacements situés sur une vaste superficie visait à fournir un meilleur aperçu de l'incidence variable des insectes et des maladies. Les parcelles ont été divisées en bandes de 3 m x 125 m (10 pi x 410 pi) et chaque traitement a été répété trois fois. Des parcelles-témoins ont été soumises à des opérations de dépistage réalisées deux fois par semaine depuis la levée du soya jusqu'au stade V2. Le dépistage visait à déceler la présence de maladies des racines et d'insectes d'origine terricole, comme le hanneton européen, le ver fil-de-fer et la mouche des légumineuses. On a évalué les densités de peuplement 21 jours après la levée. On a aussi évalué la vigueur des plants de manière subjective selon une échelle de 0 à 100 %. On a inspecté les parcelles chaque semaine de la fin juin à la mi-août afin d'y déceler la présence d'ennemis supplémentaires, comme la chrysomèle du haricot, la cicadelle de la pomme de terre et le puceron du soya. À l'apparition des pucerons, on en a effectué un décompte. On a aussi noté le rendement en semence et les teneurs en eau des récoltes.

Traitements

  1. Parcelle témoin (semence n'ayant été traitée avec aucun insecticide ni fongicide)
  2. MAXIM-APRON
  3. MAXIM-APRON + CRUISER à raison de 50 g/100 kg de semence
  4. MAXIM-APRON + GAUCHO à raison de 120 g/100 kg de semence

Résultats et résumé

On a évalué les densités de peuplement 21 jours après les semis. En moyenne, sur l'ensemble des sites, les densités observées ont été supérieures à celles des parcelles-témoins d'environ : 3 % (4300 plants/acre) avec le traitement au Maxim-Apron seul; 7,5 % (10 500 plants/acre) avec le traitement au Maxim-Apron + Cruiser; et 6,7 % (9 400 plants/acre) avec le traitement au Maxim-Apron + Gaucho. Voir le tableau 1.

Tableau 1 - Effet des traitements des semences de soya sur les densités de peuplement

Effet du traitement des semences de soya sur la densités de peuplement

 

Plants/ac

Avantage des traitements des semences sur l'absence de traitement

Aucun traitement

139 700

 

Maxim-Apron (M-A)

144 000

4 300

Cruiser + M-A

150 200

10 500

Gaucho + M-A

149 100

9 400

(2004 = 10 champs x 3 rép.; 2005 = 12 champs x 3 rép.; 2006 = 8 champs x 3 rép.; 2007 = 10 champs x 3 rép.)

Par rapport aux rendements des parcelles-témoins, le traitement au Maxim-Apron a procuré un gain de rendement dans 21 parcelles d'essai sur 35. Toutefois, ce gain de rendement n'a été statistiquement significatif que dans 3 parcelles (p < 0,10). Le Maxim-Apron conjugué à un insecticide a procuré un gain de rendement dans 28 parcelles d'essai sur 35. Ce gain de rendement n'a toutefois été statistiquement significatif que dans 6 parcelles (p = 0,10). Voir le tableau 2.

 Tableau 2 - Effet du traitement des semences de soya sur les rendements

Effet du traitement des semences de soya sur les rendements

 

Boisseaux/ac

Avantage des traitements des semences sur l'absence de traitement

Aucun traitement

49.2

 

Maxim-Apron (M-A)

50.4

1,2**

Cruiser + M-A

51.1

1,9***

Gaucho + M-A

51.3

2,1***

 **, *** = Avantage statistiquement significatif sur l'absence de traitement à p = 0,01 et p = 0,001 respectivement

(2004 : 10 champs x 3 rép.; 2005 : 12 champs x 3 rép.;
2006 : 8 champs x 3 rép.; 2007 : 5 champs x 3 rép.)

L'importance de la réaction du soya aux traitements des semences dépendait surtout de la présence de maladies des racines, de la pression exercée par les insectes, du type de sol et des conditions météorologiques. Le gain de rendement le plus important a été observé dans les sols argileux et les loams argileux. Les champs soumis à l'encroûtement du sol après les semis ont davantage réagi aux traitements que ceux qui n'affichaient aucun problème de levée ou très peu. À l'un des emplacements ou l'encroûtement du sol était évident, le traitement au Maxim-Apron a fait bondir la densité de peuplement de 38 %. Là où le gain de rendement a été statistiquement significatif, les principales maladies présentes étaient les pourritures des racines causées par Rhizoctonia et Pythium. À deux emplacements où Pythium avait réduit la densité de peuplement, les gains de rendement ont atteint en moyenne 32 %, ce qui représente 11 boisseaux/ac. En moyenne sur l'ensemble des parcelles d'essais, le traitement au Maxim-Apron + Cruiser a fait grimper la densité de peuplement de 10 500 plants/acre et procuré un gain de rendement de 1,9 boisseau/ac. Le traitement au Maxim-Apron + Gaucho a fait augmenté la densité de peuplement de 9 400 plants/acre et procuré un gain de rendement de 2,1 boisseaux/ac. Les traitements des semences avec des insecticides ont nettement réduit les populations de chrysomèles du haricot en début de saison là où elles étaient présentes (la réduction ayant atteint jusqu'à 60 %).

Des populations significatives de pucerons n'ont été observées dans les parcelles d'essai qu'en 2005. Les traitements des semences à l'aide d'insecticide ont maintenu les populations de pucerons à des niveaux plus bas que dans les bandes non traitées et ce pendant les 40-60 jours qui ont suivi les semis, mais ont eu peu d'effets sur les pucerons par la suite.

Dans cette série d'expériences, le fongicide Maxim-Apron a procuré des gains de rendement allant jusqu'à 32 %, là où les pourritures des racines sévissaient et où les champs étaient soumis à l'encroûtement, ce qui a été le cas dans 3 des 35 champs. Quand les conditions étaient propices à la levée et à une croissance hâtive, aucun avantage n'a été observé. Le recours aux insecticides n'a été bénéfique que là où les chrysomèles du haricot, les pucerons et les mouches des légumineuses constituaient un problème en début de saison.

Chrysomèle du haricot. Le traitement au Cruiser Max a réduit de manière significative la population qui résiste à l'hiver.

Figure 1: Chrysomèle du haricot. Le traitement au Cruiser Max a réduit de manière significative la population qui résiste à l'hiver.

 


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