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Rapports entre les prix : de quoi il s'agit et pourquoi s'en soucier

Un certain nombre de recommandations de fertilisation sont rajustées en fonction du « rapport entre les prix ». Toutefois, ce terme est peu familier à bien des producteurs qui, par conséquent, ne connaissent pas vraiment l'importance du principe. Ce rapport correspond au prix de l'azote (N) divisé par la valeur du grain. Comme en général l'azote s'achète à la tonne et que le grain se vend au boisseau, certaines conversions sont nécessaires pour exprimer tous les éléments du calcul dans les mêmes unités de mesure (cents par kilo de N/cents par kilo de grain). Le meilleur moyen de comprendre la notion de rapport entre les prix est de se demander quel rendement il faut pour acheter un kilo d'engrais azoté.

Le rapport entre les prix est important, car la réaction de la culture à l'apport d'azote évolue généralement suivant le principe des rendements décroissants. Ainsi, le premier kilo d'azote est celui qui procure le gain de rendement le plus grand, chaque kilo additionnel procurant un gain de rendement qui va peu à peu en décroissant kilo après kilo, jusqu'au point où un rendement maximal est atteint. Au delà de ce point, l'ajout de N n'a plus d'influence positive sur le rendement, qui peut même décroître. Il existe un point, avant que ne soit atteint le rendement maximal, où la valeur du gain de rendement procuré par le dernier kilo de N correspond exactement au coût de cet apport. Ce point correspond à la dose optimale, c.-à-d. à la dose d'azote qui procure, non pas un rendement maximal, mais un profit maximal. Un apport d'azote en excédent de la dose optimale procure certes un gain de rendement, mais la valeur de ce gain est inférieure au coût du fertilisant, de sorte que la fertilisation supplémentaire se traduit alors par un rendement net négatif.

La dose optimale dépend de la quantité de grain nécessaire au paiement d'un kilo d'engrais, un rapport que nous appelons le rapport entre les prix. Plus le rapport est élevé, plus il faut que le rendement soit grand pour payer chaque kilo de N et plus la dose optimale diminue. Cette situation a été observée en 2006, alors que les prix des engrais azotés étaient élevés et que les prix du maïs étaient faibles. En 2008, à la fois les prix du maïs et les prix des engrais sont en hausse, de sorte que le rapport entre les prix se trouve beaucoup plus près de la normale. En pratique, la difficulté que pose le recours à la notion de rapport entre les prix tient à l'incertitude quant au prix de vente du maïs, l'une des variables de l'équation. La détermination de ce prix repose à la fois sur des conjectures quant aux tendances du marché et sur les valeurs obtenues pour le maïs prévendu.

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