Rendements du soya, 2008

En 2008, le rendement du soya allait de décevant à fabuleux. Certains producteurs ont eu les meilleures récoltes de tous les temps, mais d'autres ont eu des rendements inférieurs à la moyenne. Il est encore trop tôt pour connaître les chiffres définitifs pour cette année, mais dans les secteurs situés au nord de London, la production a généralement été très bonne. Dans certains comtés, il n'est pas rare de trouver des rendements de plus de 60 boisseaux/acre. Cela dit, les secteurs de l'extrême Sud-Ouest ont encore produit des rendements inférieurs à la moyenne. Quelles sont les raisons de cet écart? En un mot, la pluviosité.

Dans la culture du soya, le principal facteur limitant est généralement le manque d'humidité pendant les stades de croissance les plus importants. Ce printemps et cet été, bien qu'on ait eu peu de chaleur et d'ensoleillement, la quantité de pluie reçue a été plus que suffisante dans la plus grande partie de la province. À cela se sont ajoutées les excellentes conditions météorologiques en automne et la faible incidence des pucerons, de sorte que les rendements ont été excellents dans les régions où il a plu en juillet et en août. Au sommet des plants, la formation tardive d'un amas de gousses a encore fait augmenter les rendements (voir la figure 1). Les régions qui ont eu des résultats décevants sont généralement celles où il n'a pas plu à la fin de juillet et en août, ou qui ont été touchées par les maladies (moisissure blanche ou nématode à kyste du soya).

Vous n'avez même pas besoin de le demander. Les semis peuvent être hâtifs, la rotation est adéquate et le potentiel de rendement est spectaculaire. Pourquoi ne pas essayer?

Suite à du maïs d'ensilage

En 2008, le rendement du soya allait de décevant à fabuleux. Certains producteurs ont eu les meilleures récoltes de tous les temps, mais d'autres ont eu des rendements inférieurs à la moyenne. Il est encore trop tôt pour connaître les chiffres définitifs pour cette année, mais dans les secteurs situés au nord de London, la production a généralement été très bonne. Dans certains comtés, il n'est pas rare de trouver des rendements de plus de 60 boisseaux/acre. Cela dit, les secteurs de l'extrême Sud-Ouest ont encore produit des rendements inférieurs à la moyenne. Quelles sont les raisons de cet écart? En un mot, la pluviosité.

Formation tardive d'un amas de gousses au sommet du plant

Figure 1 - Formation tardive d'un amas de gousses au sommet du plant


Qu'en est-il du travail du sol?

On considère parfois que 'est le semis direct qui affaiblit les rendements. Pour connaître l'effet des divers systèmes de travail du sol sur les rendements une année donnée, il faut faire des comparaisons directes. Certains producteurs ont mis à l'essai le travail du sol en un passage au printemps (travail préalable) pour le soya. En 2008, dans sept essais en grandeur réelle avec réplicat, le travail préalable avec la herse Salford RTS a donné un gain de rendement moyen de 2,3 boisseaux/acre. Ce chiffre concorde avec les résultats précédents, soit un gain moyen de 1,8 boisseau/acre sur une période de 3 ans. Le travail du sol apporte une légère amélioration du rendement, généralement de un à deux boisseaux par acre seulement. Cette année ne semble donc pas faire exception.

Stress hydrique

La sécheresse peut réduire les rendements si elle survient à n'importe quel moment du développement, mais il y a deux stades où les cultures sont plus sensibles. La présence d'eau en quantité suffisante est cruciale pendant la germination et pendant les stades reproducteurs. Si la sécheresse survient pendant la germination, elle réduit la densité des peuplements. Si elle survient pendant les stades reproducteurs, les graines seront moins nombreuses, plus petites et de qualité moindre. En présence de stress hydrique, il apparaît un flétrissement des feuilles très visible, et dans les cas extrêmes le plant peut mourir. Néanmoins, pendant la saison de croissance, un stress hydrique modéré ne produit pas de symptômes apparents sur le plant. Pendant les stades de croissance végétative (mai et juin), le manque d'humidité n'a généralement pas de conséquences si l'eau était présente en quantité suffisante au moment de la levée.

C'est pendant les stades reproducteurs que la culture de soya est la plus sensible. Le plant a besoin de bonnes quantités d'eau dès le début de la floraison et jusqu'au gonflement des graines, et les mois de juillet et d'août sont donc déterminants pour ce qui est des rendements. Cette année, on a bien vu comment une humidité suffisante pendant cette période pouvait mener à des rendements de plus de 60 boisseaux/acre.

Le rendement du soya est le résultat du nombre de plants par acre, du nombre de gousses par plant, du nombre de graines par gousse et de la taille des graines, toutes ces composantes étant déterminées dans cet ordre. Si le stress hydrique ne touche qu'un certain stade de croissance, il se répercute sur la composante correspondante. Par ailleurs, l'abondance d'eau pendant un stade donné produit une amélioration de la composante en question. Un stress précoce survenu pendant les stades reproducteurs mène à une diminution du nombre de graines. Cependant, si l'humidité revient, cette diminution est compensée par l'accroissement de la taille ou de la masse des graines. Si le stress apparaît plus tard, il produira une diminution marquée de la taille des graines, qui est la dernière composante du rendement à être déterminée pendant les stades reproducteurs. Voir le tableau 1, Rendement, nombre et masse des graines, effet du stress hydrique.

Tableau 1 - Rendement, nombre et masse des graines, effet du stress hydrique

Moment du stress hydrique Rendement
(g pot-1)

Nombre de graines
(nbre pot-1)

Masse des graines
(mg graine-1)
Témoin
29,3
240 a
120 b
R1-R5
24,1 b
129 c
190 a
R5-R7
16,9 c
196 b
90 c

Les moyennes suivies de lettres différentes ont des différences significatives, ppds
(P = 0,05). Reaper and Purcell, 1999


Les variétés de soya cultivées en Ontario ont une croissance de type indéterminé, et elles ont donc une période de floraison prolongée allant de la fin juin au début d'août. Les pertes dues à l'avortement des fleurs au début des stades reproducteurs peuvent être compensées par la production de fleurs et de gousses plus tard dans la saison. Si l'humidité est insuffisante pendant toute la période de floraison, les pertes de rendement seront importantes. Après la floraison, celles-ci ne pourront être compensées, même en présence de bons apports en eau.

Stratégies de réussite

Comme l'irrigation n'est pas économique, il n'existe aucune stratégie permettant d'amoindrir le stress hydrique lorsqu'il est présent. Cependant les pratiques suivantes permettent de réduire ses effets :

  1. Mise en terre assez profonde pour permettre une humidité suffisante pendant la germination;
  2. Mise en terre précoce pour favoriser la formation d'un réseau racinaire profond et dense;
  3. Mise en place de rangées étroites produisant un couvert végétal complet tôt dans la saison;
  4. Excellente maîtrise des mauvaises herbes pour réduire la compétition;
  5. Bon programme de rotation des cultures et de fertilisation;
  6. Attitude prudente dans la lutte contre les maladies et les insectes;
  7. Choix de plusieurs variétés arrivant à maturité à différentes dates pour étaler les risques dus aux effets d'une sécheresse sur une variété donnée.


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