Retirer plus de la terre au lieu d'utiliser plus de terre!

 

Le regain d'optimisme sur les marchés du maïs, du soya du blé et des autres cultures commerciales contribue à accentuer la pression sur les superficies cultivables. L'augmentation des superficies cultivées en maïs, soya et blé entraîne une diminution de celles qui sont consacrées au foin et au pâturage. La plantation d'une culture de couverture après une céréale comme de l'avoine peut toutefois être une source de fourrage additionnel pour le bétail. Des recherches ont démontré que l'avoine semée après la récolte de blé d'hiver peut donner un rendement de 1 à 3,5 tonnes à l'acre, s'il y a eu épandage de fumier. Même en l'absence de fumier, l'avoine fourragère peut donner un rendement de 0,5 à 1,5 tonne à l'acre. Avec des prix pour le foin de plus de 85 $ la tonne, les cultures de couverture sont donc rentables, sans compter ce qu'on obtient avec la culture céréalière à laquelle elles sont associées.

Les cultures de couverture utilisées comme fourrages

Les agriculteurs utilisent habituellement diverses espèces, dont l'orge, l'avoine mélangée, un mélange de seigle, de céréales et de navet, les pois et le triticale. La Figure 1 résume les conclusions d'une étude qui comparait l'avoine, le radis oléagineux, les pois, le trèfle rouge, le ray-grass annuel et le sorgho utilisés comme cultures de couverture. Seuls le trèfle rouge cultivé sans apport de fumier et le ray-grass annuel avec fumier ont produit plus de fourrages que l'avoine. Les rendements des repousses de céréales d'hiver ne représentaient que de 50 à 75 % du rendement de l'avoine fourragère. Dans un autre essai où les cultures de couverture étaient semées après du blé de printemps, le rendement des repousses de blé de printemps était à peu près équivalent à celui de bon nombre de cultures de couverture. Le rendement des cultures de couverture se situait entre 0,5 à 1 tonne à l'acre. Dans les deux études, c'est le ray-grass annuel avec apport de fumier qui donnait le meilleur rendement.

Figure 1 : Étude 2005 sur les cultures de couverture, comparant l'avoine, le radis oléagineux, les pois, le trèfle rouge, le ray-grass annuel et le sorgho.

Pourcentage du rendement des cultures de couverture par rapport au rendement de l’avoine

Texte équivalent

 

Établissement d'une culture de couverture

Il peut sembler trop tôt pour parler des semis du mois d'août, mais en fait il est déjà temps de les planifier. L'établissement d'une culture de couverture peut se faire à l'aide d'un semoir pour semis direct ou par semis à la volée suivis par un léger travail du sol (avec un cultivateur ou une houe rotative) afin d'incorporer les semences. Idéalement, les semences devraient être mises en terre à 35 mm (1,5 pouce) de profondeur. Un travail du sol léger peut réduire les risques de maladies transmises par la culture de céréale précédente. Lorsque le sol est sec, un tasseur peut être utile pour que les semences adhèrent mieux au sol et pour conserver l'humidité afin de faciliter la levée. Avant les semis, on peut épandre du fumier qui, une fois incorporé, libérera davantage d'azote assimilable.

Pâturage

Le pâturage rationné avec des bovins ou des moutons, pour la récolte de la culture de couverture, est plus efficace que de faucher et de mettre le foin en balles. Les animaux peuvent habituellement commencer à brouter les fourrages de céréales de 45 à 60 jours après les semis. Les champs devraient être broutés avant que les plants n'atteignent le stade de l'épiaison, car à partir de ce moment la qualité des fourrages commence à diminuer rapidement.

Certains se demandent si le fait de laisser les animaux au pâturage à la fin de l'automne et en hiver favorise le compactage du sol. Des recherches menées au Nebraska avec des bovins de boucherie ont démontré que les résidus de culture des pâturages d'hiver n'avaient pas d'effet significatif sur les rendements des cultures céréalières de l'année suivante et qu'il n'était pas nécessaire de retravailler le sol. Le broutage printanier augmente toutefois la densité apparente du sol et diminue le taux d'infiltration de l'eau. Par conséquent, le bétail ne devrait pas brouter les résidus de culture après le dégel au printemps.

Photo 1 - Pâturage rationné de triticale ainsi que de pois et navets fourragers pour bovins.

Pâturage rationné de triticale ainsi que de pois et navets fourragers pour bovins.

 

Avantages

Les cultures de couverture semées après une récolte de céréales présentent plusieurs avantages :

  • elles protègent le sol du vent et des fortes pluies à l'automne avant le gel;
  • elles favorisent l'accumulation de matière organique dans le sol;
  • la présence du bétail améliore le recyclage des éléments nutritifs;
  • certaines légumineuses, comme le trèfle rouge, favorisent la fixation de l'azote pour la culture suivante;
  • elles offrent aux éleveurs des superficies pour épandre le fumier à la fin de l'été et réduisent les pertes d'azote dans l'environnement.

Pour l'éleveur, ces cultures représentent une source additionnelle d'aliments pour ses animaux. Ce dernier retire donc plus de sa terre au lieu d'utiliser plus de terre!

 

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca


Auteur : Scott Banks, spécialiste des cultures au stade levée et Nancy Noecker, spécialiste des élevages vache-veau/MAAARO
Date de création : 3 juillet 2008
Dernière révision : 3 juillet 2008

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