Examen approfondi des données

Avez‑vous du mal à interpréter les données provenant de vos parcelles expérimentales de maïs ou de soja? Les difficultés de la saison 2007 ont souvent eu un effet sur les variations observées sur le terrain, et sur vos parcelles d’essai. Les réponses des diverses variétés ont accusé d’importants écarts, mais dans quelle mesure ceux‑ci reflètent‑ils la réalité? Dans l’affirmative, on préférera les variétés dont la supériorité a ainsi été démontrée. Une telle interprétation peut être délicate si les tests individuels ont été effectués sans parcelles témoins. Mais même avec des parcelles témoins, il peut encore être difficile de déterminer quelles sont les différences de rendement entre les traitements.

Considérons une bande d’essai standard (figure 1). Les parcelles témoins qu’on inclut généralement dans les bandes d’essai doivent permettre de mesurer la variabilité locale présente sur le site. La variabilité locale est un obstacle majeur à l’observation des écarts réels résultant des traitements. Dans le présent essai, on a tenté de déterminer s’il y avait des différences réelles de potentiel de rendement entre les variétés étudiées. Les variations locales peuvent cacher ces différences ou mener à des interprétations erronées.

Figure 1 - Exemple typique de band d'essai au champ

Témoin 1 A

Parcelle 2

Parcelle 3

Parcelle 4

Parcelle 5

Témoin 1 B

Parcelle 6

Parcelle 7

Parcelle 8

Parcelle 9

Témoin 1 C

Au tableau 1, on a présenté certaines situations qui pourraient refléter vos résultats de rendement de cette saison. Dans ces 4 exemples, le rendement moyen des parcelles témoins est de 130 boisseaux par acre. Si on accepte un écart de 10 % de part et d’autre de la moyenne des résultats des parcelles témoins, l’intervalle des valeurs acceptables pour ces parcelles se situe donc entre 117 et 143 boisseaux/acre. Si les rendements des parcelles témoins se trouvent dans cet intervalle, on considérera que les écarts observés entre les traitements sont réels.

Tableau 1 - Scénarios de rendements de parcelles témoins d'un essai en bande

Exemple no.

Rendements des parcelles témoins (boisseaux par acre)

Moyenne1

Intervalle2

Témoin 1 A

Témoin 1 B

Témoin 1 C

1

132

130

128

130

117 à 143

2

123

131

137

3

120

158

111

4

100

128

161

1 Calcul de la moyenne des parcelles témoins : (témoin 1A + 1B + 1C)/3
2 Calcul de l’intervalle de variation de part et d’autre du rendement moyen :
130 * 0,9 = 117 et 130 * 1,1 = 143

Variabilité locale acceptable

Dans les exemples 1 et 2, toutes les parcelles témoins se trouvent dans l’intervalle de 10 %, et on peut considérer que la variabilité locale est minime. On peut donc se fonder sur ces données pour choisir les variétés de la prochaine saison.

Variabilité locale inacceptable

Les exemples 3 et 4 illustrent de nombreux cas qui se sont produits en 2007. Les écarts entre les résultats des parcelles témoins sont de loin supérieurs à 10 % de leur moyenne. On peut donc penser que le rendement a été fortement influencé par d’autres effets propres au champ même. Il peut s’agir de fluctuations de la qualité du sol (texture, drainage, compactage, etc.), ou même de variations liées à des événements passés (labour, épandage d’engrais, culture précédente ou autres pratiques, mauvaises herbes). Dans de nombreux cas, en 2007, sous l’effet de ces phénomènes locaux, la capacité d’absorption de l’humidité variait d’une partie à l’autre du même champ.

Il est pratiquement impossible d’identifier la meilleure variété en se fondant sur de tels résultats. La seule solution envisageable est alors de diviser l’essai en deux parties et, pour chacune de celles‑ci, de calculer la moyenne des résultats de la parcelle témoin centrale et de la parcelle témoin latérale. Si les résultats de chacune de ces deux parcelles témoins sont à moins de 10 % d’écart de leur moyenne, on peut les comparer aux variétés cultivées sur les parcelles situées entre elles. Mais il est encore impossible d’employer cette méthode dans les exemples 3 et 4; en effet, l’écart entre les résultats de chacune des parcelles témoins et leur moyenne est encore supérieur à 10 % de celle‑ci (dans l’exemple 4, témoin 1A + 1B = [100 + 128]/2 = 114; intervalle acceptable : 114+/- 10 % = 102,6 à 125,4).

Les résultats des essais 3 et 4 ne permettent pas de choisir une variété. Malheureusement, bien que ces essais aient exigé beaucoup d’efforts, ils sont parfaitement inutilisables.

Besoin de plusieurs sites

Les sociétés productrices de semences tentent de pallier la variabilité locale en effectuant de nombreux essais dans toute la province et dans une vaste gamme de sites. Leur principal objectif est de démontrer l’adaptabilité environnementale des cultivars à une grande diversité de sols, de climats et de modes de gestion. Dans le passé, des études ont montré que pour compenser les effets de la variabilité locale, les comparaisons entre variétés devaient être effectuées dans au moins 30 sites. Beaucoup de ces essais en bandes sont effectués sans parcelles témoins, contrairement aux exemples ci‑dessus. Pour choisir une variété, on ne doit pas se fonder uniquement sur des essais de ce type.


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