Le fumier, source de problèmes ou richesse? Cela dépend des conditions présentes en automne

Quelle différence d’une année à l’autre! Au début de novembre 2006, il y avait eu très peu de possibilités d’épandage de fumier en automne, et les options conformes aux meilleures pratiques de gestion étaient en nombre limité. Les sols étaient humides et saturés, la récolte avait été tardive et les aires d’entreposage de fumier étaient pleines, ce qui a rendu nécessaires des épandages de surface, parfois sur des champs non destinés à recevoir du fumier. Il en a résulté un certain compactage et le fumier semblait être devenu une source de problèmes.

En date du début de novembre 2007, par contre, les récoltes sont terminées dans de nombreux endroits. L’épandage automnal de fumier est presque fini, et il a presque immédiatement été incorporé à des sols dont le degré d’humidité était idéal. Au cours de cette saison de croissance plutôt sèche, des épandages réguliers de fumier ont accru la teneur en matière organique du sol et sa capacité de rétention d’eau ainsi que les rendements; le fumier apparaît donc davantage comme une ressource précieuse.

Puisque le temps travaille pour nous, voici quelques rappels pour maximiser la valeur que le fumier peut apporter aux champs à long terme.

  1. La meilleure option est encore l’épandage superficiel du fumier sur les résidus de culture, suivi de son incorporation aussitôt que possible après cela. Le délai dépendra de l’humidité du sol, du volume de fumier épandu et des conditions météorologiques (séchage) au moment de l’épandage.
  2. Faire attention aux quantités épandues, en particulier sur les champs ondulés ou voisins de cours d’eau. Une quantité relativement faible de 5 600 gallons impériaux (6 800 gallons américains) équivaut à une couche uniforme d’un quart de pouce (6 mm) sur toute la largeur d’épandage. Au moment de l’épandage, tenir compte de la pente et de l’état du sol. S’il tombait un quart de pouce de pluie en une minute, vers où le fumier serait‑il transporté ou s’écoulerait‑il?
  3. Ne pas oublier de prélever un échantillon de fumier pour analyse. Avec l’accroissement du prix des engrais, on profitera de la réduction des intrants ainsi rendue possible le printemps prochain. Le meilleur moment pour prélever un échantillon est pendant l’épandage. Comme l’échantillon doit représenter ce qui a été ajouté au champ, il doit comprendre plusieurs sous‑échantillons prélevés à différents moments au cours de l’épandage.
  4. Le moment de l’épandage automnal a un effet sur la quantité d’azote qui sera présente dans le sol et la forme sous laquelle il se trouvera. Si on effectue un épandage automnal de lisier par temps plutôt froid, les quantités d’azote rendues disponibles à la prochaine culture seront plus importantes. Le froid ralenti l’activité microbienne, et donc la conversion d’ammonium en nitrates. Pour le fumier solide, c’est l’inverse. L’épandage de fumier au début de l’automne a pour effet de maximiser la quantité d’azote rendue disponible à la prochaine culture, parce que les micro‑organismes du sol ont plus de temps pour convertir la portion relativement importante d’azote organique contenue dans le fumier.
  5. L’injection de lisier donne les meilleurs résultats dans les sols secs où les macropores sont discontinués et où l’incorporation complète se déroule sur toute la largeur de la bande d’épandage. La pire situation est celle où de grands volumes de liquide sont présents en bandes étroites au voisinage des drains. L’injection effectuée dans des sols humides accroît le phénomène de battance, surtout si de grands volumes de liquide concentré sont déchargés à chaque point d’injection.
  6. Les entrées de drains ou les drains de type Hickenbottom constituent des voies d’accès directes à l’eau de surface. Les années humides, il y a davantage de risques de passage d’eau contaminée par du fumier dans les entrées de drain. Les années sèches, il est facile d’oublier ce même danger. À partir des drains de type Hickenbottom ou des autres entrées, on doit observer les mêmes intervalles que pour les cours d’eau, à moins d’être certain que l’incorporation du fumier aura lieu avant la prochaine pluie.
  7. Les événements liés à des questions de responsabilité légale ont moins de chances de se produire si l’automne est sec; cependant, il est important de tenir des archives indiquant où le fumier a été épandu (ou non) pour savoir où un supplément d’éléments nutritifs sera nécessaire.

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