Les vers blancs dans les pâturages et les champs de foin

Depuis trois ou quatre ans, on signale de plus en plus souvent des pertes de peuplement dues à la présence de vers blancs dans les pâturages et les champs de foin (figure 1). Les années sèches, les dégâts qu’ils causent peuvent être amplifiés parce que les cultures subissent deux sources de stress en même temps. À la suite d’une perte de peuplement, la culture peut mal survivre à l’hiver et les mauvaises herbes peuvent s’établir en plus grand nombre. Bien qu’il existe peu d’options en matière de lutte contre les vers blancs, si vous savez s’ils sont présents et lesquels se nourrissent de vos cultures, il vous sera plus facile de savoir quelles mesures prendre.

Champ de foin extrêmement endommagé par les vers blancs dans l’Est de l’Ontario.

Figure 1. Champ de foin extrêmement endommagé par les vers blancs dans l’Est de l’Ontario. Photo, Chad Garrod, O’Neill’s Farm Supply.

Quelle sorte de vers blancs?

Si vous savez quel type de vers blancs se nourrit de votre culture, il pourra être plus facile de déterminer quand ils causeront le plus de dégâts et s’ils seront encore présents pendant plusieurs années. L’automne est une bonne saison pour prélever des échantillons et y rechercher les vers blancs, mais cela doit être fait avant que le sol gèle. Après cela, les vers blancs s’enfoncent dans le sol, et ils ne recommencent à se nourrir qu’au printemps.

Dans les zones touchées, apporter une pelle et un seau ou un contenant de plastique. Les vers blancs sont généralement plus actifs dans les endroits sablonneux et sur les buttes, en particulier sur les pentes orientées vers le sud. Prélever un échantillon de sol de 1 pied sur 1 pied sur 6 pouces (30 cm x 30 cm x 15 cm) et le placer dans le contenant. Passer le sol entre vos doigts en brisant les mottes et compter les vers blancs qui s’y trouvent. Regarder le motif des soies anales pour identifier le type de ver blanc que vous avez trouvé.

Hanneton européen, cycle biologique d’un an

Le hanneton européen a un cycle biologique d’un an. Les adultes pondent dans le sol humide en juin ou juillet. Les larves émergent des œufs et commencent à se nourrir à la fin de juillet ou au début d’août, et elles continuent jusqu’à ce que le sol gèle. Elles s’enfoncent alors dans le sol et recommencent à se nourrir au printemps, puis la pupaison a lieu en mai. Comme toutes les larves de hanneton, elles sont blanches et en forme de C avec une tête brun orange. Pour les distinguer des autres types de vers blancs, regarder leur extrémité postérieure et observer le motif dessiné par les soies anales. Chez le hanneton européen, elles forment un Y que l’on ne retrouve pas chez les autres espèces (figure 2).

Champ de foin extrêmement endommagé par les vers blancs dans l’Est de l’Ontario.

Figure 2. Extrémité postérieure d’une larve de hanneton européen, motif en Y formé par les soies anales.

Autres hannetons, cycle biologique de trois ans

Les autres espèces de hanneton ont un cycle de vie de trois ans, de sorte qu’elles font plus de dégâts et qu’il est plus difficile de lutter contre elles. Elles commencent la première année sous forme d’adultes qui ne se nourrissent pas des cultures. L’adulte émerge du sol en mai, il s’accouple et pond dans le sol en juin. Les œufs éclosent, les petites larves commencent à se nourrir, et elles continuent jusqu’à la fin de l’automne. Ces larves tolèrent généralement moins bien les sols froids que celles du hanneton européen, et elles peuvent descendre plus profond que celles‑ci. Elles restent sous la forme de vers blancs pendant toute la deuxième année de leur cycle, et elles peuvent également se nourrir toute l’année; elles grossissent et atteignent leur dernier stade de développement avant le début de l’hiver. Elles commencent la troisième et dernière année de leur cycle sous la forme d’une larve de troisième stade pleinement développée qui se nourrit jusqu’à la mi‑juin ou le début de juillet, puis elles subissent la pupaison et deviennent adultes. Les adultes hivernent dans le sol, et le cycle biologique recommence le printemps suivant. Les soies anales des larves forment un motif ovale (figure 3).

Extrémité postérieure d’une larve de hanneton (autre que le hanneton européen), motif ovale formé par les soies anales.

Figure 3. Extrémité postérieure d’une larve de hanneton (autre que le hanneton européen), motif ovale formé par les soies anales.

Aucune méthode de lutte chimique

Bien qu’aucun seuil économique n’ait été établi pour les vers blancs déjà établis dans les pâturages, il y a probablement lieu de s’inquiéter à partir d’une densité d’un ou deux individus par pied carré. Malheureusement, aucun produit n’est homologué pour la lutte chimique contre ces espèces. Bien que l’efficacité de certains produits ait été démontrée sur le gazon, la plupart des traitements foliaires possibles ne donnent aucun résultat dans les champs cultivés. Les meilleures formes de lutte contre les vers blancs sont les méthodes culturales ainsi que la bonne gestion des pâturages et des champs de foin.

Méthodes de lutte

Comme les vers blancs se nourrissent généralement davantage d’herbacées, on peut réduire les pertes de peuplement par la bonne gestion des pâturages et par le choix d’un bon mélange de légumineuses et d’herbacées. Il peut être nécessaire de sursemer ou de ressemer pendant quelques années pour compenser les dégâts causés par les vers blancs.

On peut être obligé de labourer (quand c’est possible) pour tenter de réduire les densités de vers blancs là oł elles sont particulièrement élevées. Pour ce faire, il peut aussi être nécessaire de faire une rotation en remplaçant le fourrage susceptible par une autre culture (maïs ou soja) dont les semences pourront avoir été traitées à l’insecticide. Aucune forme de traitement des semences n’est homologuée pour la lutte contre les vers blancs dans les cultures de céréales.

Bien qu’il existe quelques prédateurs naturels, ils n’ont pas beaucoup d’effet sur les populations de vers blancs. Cependant, ceux‑ci peuvent être infectés par la bactérie de la « maladie laiteuse » (Bacillus popilliae), en particulier sur les pelouses pendant les années humides. Certains prédateurs, dont la larve de carabe, peuvent être utiles, mais ils ne permettent pas de réduire le nombre de vers blancs dans les grandes cultures.

Pour plus de renseignements sur les vers blancs, voir la publication 811F du MAAARO, Guide agronomique des grandes cultures, ainsi que le bulletin Crop Pest qui est affiché sur le site Web du ministère.

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