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En route vers la production biologique

Tous les producteurs ont entendu parler de l’agriculture biologique et de son potentiel économique. Mais beaucoup ont aussi entendu des histoires d’horreur. Tout producteur se doit de faire quelques recherches pour savoir si son exploitation présente un potentiel pour la production biologique. Tentez donc de répondre à certaines questions. Quelle est la méthode de production? Oł vend-on le produit? Voici quelques idées, n’ayez pas peur du changement!

Visites organisées de fermes biologiques

En été, les fermes de production biologique organisent souvent des visites guidées qui permettent de constater ce qui s’y fait. Ces activités sont parfois annoncées à l'association de «Ecological Farmers». Vous pouvez aussi visiter certaines de ces exploitations seul. Plusieurs d’entre elles ont des problèmes de mauvaises herbes et autres, mais assurez‑vous de bien avoir une idée d’ensemble, les apparences sont parfois trompeuses! Je me souviens de l’époque ou la production sans travail du sol gagnait en popularité, il y a 20 ans. La plupart des agriculteurs d’expérience trouvaient que les cultures sans travail du sol n’avaient pas une belle apparence, simplement parce que leur aspect était inhabituel.

Les voisins qui pratiquent l’agriculture biologique

Si certains de vos voisins pratiquent l’agriculture biologique, faites leur connaissance et apprenez‑en plus sur leur mode de travail. Travaillez avec eux sur les pratiques culturales. Ne permettez aucune dérive de vos épandages de pesticides vers leurs terres. Ils sont probablement « certifiés biologiques », ce qui signifie qu’ils ont fait une demande en ce sens le printemps dernier. Ils ont donc dû remplir un formulaire de demande très détaillé sur leurs pratiques de production, et ils seront inspectés cet été.

L’inspecteur vérifiera qu’il y a une zone tampon d’au moins huit mètres entre les cultures biologiques et les cultures non biologiques. Il doit y avoir un intervalle de 18 mètres entre les cultures de soya biologique et celles de soya Roundup ReadyMD. La distance entre les cultures d’OGM et celles de maïs biologique doit être d’au moins 600 mètres. Le secteur de la production biologique considère l’existence de cette zone tampon beaucoup plus large comme nécessaire parce que le pollen de maïs peut franchir de grandes distances. Il en va de même pour le canola. L’industrie de la fabrication d’aliments biologiques a une marge de tolérance très étroite pour ce qui est de la teneur de ses produits en OGM de provenance accidentelle. La culture du maïs génétiquement modifié a des répercussions énormes sur le potentiel de production de maïs biologique.

Cultures de transition

La plupart des exploitations de production biologique commencent par une bonne rotation. Elles doivent observer une période de transition de 36 mois avant de pouvoir récolter leurs premières denrées biologiques. Pendant cet intervalle, elle ne peuvent employer que des intrants biologiques permis. Une bonne culture de transition peut être une récolte de foin qui n’a reçu aucun épandage de pesticides ou d’engrais. Il en va de même du blé d’automne mais dans ce cas, avant les semis, vous pourriez avoir besoin de l’azote provenant d’une culture préalable de légumineuses ou d’un épandage de fumier. Les céréales de printemps avec sous‑semis de trèfle rouge peuvent également constituer de bonnes cultures de transition. Voici les meilleures règles à suivre en matière de rotation :

  • ne jamais répéter une même culture;
  • dans toute la mesure du possible, maintenir des cultures de couverture sur le sol.

Emploi du fumier

On recommande de composter le fumier. On ne peut pas épandre de fumier dans les 120 jours qui précèdent la récolte d’une denrée alimentaire, ou dans les 90 jours si les parties comestibles des plants ne touchent pas le sol. Il est possible d’apporter à la ferme du fumier en provenance de sources non biologiques avec l’approbation de l’organisme de certification. Les fumiers en provenance d’élevages de pondeuses en cage ou « hors sol » ne sont pas permis. Les fumiers non biologiques doivent être compostés pendant six mois pour réduire leur teneur en résidus d’aliments pour animaux non biologiques ou d’autres substances.

Mauvaises herbes, insectes et maladies

Chaque type de culture présente des problèmes et des défis qui lui sont propres. Les mauvaises herbes sont fréquentes, mais une bonne gestion initiale est essentielle. Une élimination mécanique des mauvaises herbes à faible profondeur et en temps opportun donne de bons résultats pour la plupart des cultures. Les plants seront plus compétitifs s’ils ont une croissance initiale vigoureuse et sont en bonne santé. Ne laissez pas les mauvaises herbes prendre le dessus.

Dans la plupart des grandes cultures, les insectes et les maladies ne présentent pas de problèmes sérieux. Vous ne pouvez pas employer de semences traitées ni de plants ayant des caractères génétiquement modifiés, mais avec des graines de qualité semées dans un sol chaud, on obtient généralement un bon départ. Les bonnes rotations de cultures interrompent les cycles de ravageurs qui sont possibles dans les cultures continues. Les cultures en rotation donnent aussi un meilleur rendement.

Si sur votre route vous apercevez une exploitation de production biologique, pensez aux opportunités que cela pourrait représenter pour vous!

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