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Où en serez-vous dans cinq ans?

Depuis un an et demi, les prix des céréales de base ont atteint des valeurs telles que beaucoup de producteurs entrevoient des profits. Ce mouvement résulte de la croissance impressionnante de l’industrie des biocarburants aux États-Unis, qui a elle-même été stimulée par la décision de l’administration Bush de réduire la dépendance du pays à l’égard des sources d’énergie étrangères. L’infrastructure de transformation de l’éthanol et du biodiésel a connu une expansion rapide. Les États-Unis prévoient d’étendre la surface de production de maïs de dix millions d’acres en 2007. Les consommateurs traditionnels de céréales, dont les éleveurs de bétail et l’industrie alimentaire, font face à une concurrence accrue pour leurs approvisionnements.

De belles opportunités, mais l’avenir reste incertain

Lors de la récente conférence de London sur le maïs, le soya et le blé, Cal Whewell de FC Stone, Ohio, a parlé de la « solidité » des prix des produits de base. Lorsque les prix sont élevés, il y a de nombreuses occasions de faire « de bonnes affaires ». Mais le conférencier s’est montré prudent en ce qui concerne l’effet de la croissance de l’éthanol sur les prix des denrées agricoles. Il existe actuellement de belles opportunités, mais l’avenir reste incertain. La production d’éthanol à partir de céréales, c’est bien, mais ce n’est qu’une composante d’un secteur bioénergétique en pleine expansion. Elle répond aussi à des motivations politiques, ce qui implique certains risques. Le message de C. Whewell se résume comme suit : profitez des opportunités actuelles offertes par le marché pour payer vos dettes, modernisez prudemment votre infrastructure et prévoyez des réserves pour des temps plus durs.

C. Whewell a également parlé des autres technologies qui pourraient être plus efficaces que la production d’éthanol à partir des céréales. Si les prix de l’énergie restent élevés, il y aura d’autres développements touchant le rendement énergétique par acre et l’efficacité énergétique des technologies des utilisateurs finaux (carburants pour les transports, chauffage domiciliaire et production électrique), et cela pourrait se répercuter sur la variable « demande » de l’équation. C. Whewell a aussi parlé des développements impressionnants de la « réduction de l’empreinte » des appareils électroniques (téléphones cellulaires et iPOD), qu’il a comparés à la stagnation de l’efficacité de la consommation de carburant des moteurs à combustion interne. Il a donné l’exemple d’un Model T 1907 de Ford et de sa nouvelle Vibe 2007 de Pontiac, qui ont la même consommation, et il s’est étonné du peu de progrès accomplis au cours des cent dernières années à ce chapitre. Si les nouvelles technologies engendrent un accroissement significatif de l’efficacité énergétique, elles auront peut-être un effet important sur les prix des céréales à long terme.

Investir dans les nouvelles technologies

À l’aube de l’ère des nouvelles technologies, l’agriculture ontarienne est-elle prête à investir dans ce domaine? Le secteur agricole fera partie intégrante de la nouvelle bioéconomie; c’est lui qui produira les matières premières de l’alimentation, des matières fibreuses, des carburants, des produits chimiques et de divers matériaux. La société considérera l’agriculture et la foresterie comme des sources d’énergie propre et comme des instruments de réduction des émissions des gaz à effet de serre et des effets sur l’environnement. Dans la nouvelle bioéconomie, le rôle de l’agriculture pourrait être très différent.

Pour investir dans ce potentiel, le secteur peut s’intéresser à des productions différentes, y compris pour la génération de biomasse, par exemple le panic raide, l’alpiste roseau et les espèces ligneuses à croissance rapide. On pourrait également envisager des technologies non biologiques comme les parcs éoliens et solaires. Une technologie qui retient beaucoup l’attention en Europe est la génération d’électricité par digestion anaérobie du fumier, des cultures énergétiques et des déchets organiques. Les installations connexes sont situées sur les exploitations agricoles et leur sous-produit est un digestat riche en éléments nutritifs, un engrais qui permet de « fermer la boucle » pour la prochaine récolte de matières premières.

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