Effets des labours et de la rotation
sur la qualité du sol

Que pouvons‑nous apprendre sur les effets des labours à long terme et de la rotation sur la qualité du sol? En 1991, Doug Young et Tony Vyn ont établi des parcelles de travail du sol à long terme au campus de Ridgetown de l'Université de Guelph, sur un sol de limon argileux de Brookston. Les traitements initiaux étaient les suivants : labour à la charrue à socs et versoirs, labour à la charrue ciseau, billons et culture sans travail du sol. Les parcelles portant les billons ont ensuite été converties en parcelles sans travail du sol. Toutes les parcelles portaient une rotation de maïs‑soya.

Quatre ans plus tard, en 1995, les mêmes chercheurs ont établi des parcelles de rotation à long terme au campus de Ridgetown, sur un sol argileux de Brookston. L'étude portait sur cinq types de rotations : maïs en continu, soya en continu, soya-blé d'automne, maïs-soya et maïs-soya-blé d'automne servant de plante-abri au trèfle rouge avec labour à la charrue à socs et versoirs et sans travail du sol. On a effectué plusieurs épandages d'azote sur chacune des parcelles de maïs et de blé.

Le programme Canadian Agricultural Producers Addressing Environmental Issues a financé le prélèvement d'échantillons et une partie de l'analyse des sols.

Tertres de lombrics

En automne 2006, on a effectué des décomptes de tertres de lombrics (ver de terre) sur les parcelles labourées à la charrue à socs et versoirs et à la charrue ciseau ainsi que sans travail du sol. Les tertres sont des amoncellements de résidus et de sol que les gros lombrics laissent à la sortie de leurs galeries. Comme on le voit au tableau 1, les gros lombrics étaient presque six fois plus nombreux dans les champs sans travail du sol que dans ceux labourés à la charrue à socs et versoirs, et trois fois plus que dans ceux labourés à la charrue ciseau.

Tableau 1

Tertres de lombrics
Traitement Nombre de tertres de lombrics/m2
Charrue à socs et versoirs
13
Charrue ciseau
26
Sans travail du sol
74

Activité biologique

Des laminas d'appâts ont été insérées dans les mêmes champs en novembre. Ces dispositifs mis au point en Allemagne servent à mesurer l'activité biologique à une certaine profondeur, mais ils ne permettent pas d'identifier ce qui a mangé l'appât. À ce moment-là, comme il faisait froid et humide, l'activité apparente était donc moins intense que prévu. L'activité était généralement plus intense dans les parcelles sans travail du sol que dans celles labourées à la charrue à socs et versoirs et à la charrue ciseau, notamment dans les quatre centimètres les plus près de la surface.

parcelle de rotation

L'illustration montre la parcelle de rotation des cultures. À l'avant, on voit les plants de soya de la culture continue; les plants de soya plus grands qui se trouvent devant le maïs sont ceux de la rotation maïs-soya-blé d'automne. Les deux parcelles ont été traitées à la charrue à socs et versoirs. Dans la parcelle de rotation à trois cultures, la structure du sol est aussi significativement meilleure que dans celle qui porte la culture continue de soya.

On analysera la teneur en carbone organique, en azote et en phosphore d'échantillons de sol prélevés dans certaines parcelles. Au cours de cette saison, on procédera à certaines autres mesures de la santé des sols des parcelles de rotation. En même temps que les données pédologiques, on analysera les rendements de toutes les années des parcelles de traitement et de rotation.

Nous remercions Ivan O'Halloran du campus de Ridgetown, Université de Guelph, et Ron Beyaert d'Agriculture et Agroalimentaire Canada pour leur appui à ce projet.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca