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Le dépistage des limaces au cours de l'automne aidera à anticiper les éventuels problèmes du printemps
Le dépistage des limaces au cours de l'automne vous aidera à prévoir les problèmes susceptibles d'affecter vos champs au printemps suivant.
Les problèmes de limaces surviennent principalement dans les champs non labourés, où de grands volumes de résidus de culture recouvrant le sol représentent un abri humide pour les limaces qui échappent ainsi à la sécheresse du soleil. Si le climat printanier ou automnal est frais et humide, les limaces pourront s'aventurer hors de leur abri sans se déshydrater, comme cela se produirait par temps sec et ensoleillé. Lorsque le climat est humide et frais, les plants subissent de plus amples dégâts : les limaces sont alors bien plus rapides et actives que ne l'est la croissance des plants. Les cultures les plus touchées par les limaces sont le canola, le soya, le blé contre-ensemencé de trèfle des prés et la luzerne fraîchement ensemencée.
À l'automne, les limaces adultes ont deux objectifs. Certaines d'entre elles déposeront des œufs qui hiverneront et écloront au printemps. Les autres se prépareront à hiverner afin de pouvoir pondre au printemps. Quoiqu'il en soit, elles seront présentes au printemps et s'attaqueront à vos cultures en pleine croissance. En connaissant la concentration de population dans vos champs, vous aurez donc une bonne idée du scénario à venir au printemps.
Les méthodes de dépistageLe dépistage d'automne n'est pas aussi fastidieux qu'on pourrait le croire. Il existe deux façons de piéger les limaces. Cependant, certains d'entre vous vont sûrement trouver que la seconde représente un gaspillage de bonne bière... La première solution consiste à prendre des chutes de contreplaqué (environ 0,60 à 0,90 m) ou des bardeaux de toit, et de les répartir sur le sol des champs récoltés. Pour se faire une bonne opinion de la concentration de population, il faut déposer au hasard de 10 à 15 morceaux dans le champ. Ils serviront d'abris aux limaces. Au cours du mois suivant, soulevez les abris tous les 5 à 7 jours et comptez le nombre de limaces qu'ils recouvrent. Le matin est un moment idéal pour le recensement, les limaces s'accrochant à leurs abris. Vous pouvez aussi planter des fanions près des abris pour les retrouver plus facilement.
La seconde méthode consiste à creuser des trous de la taille d'une tasse à café en plastique, à plusieurs endroits de votre champ. Insérez dans le trou une tasse en plastique contenant quelques centimètres de bière. Placez la tasse afin que son rebord soit à niveau ou dépasse légèrement de la surface du sol. La bière va attirer les limaces qui s'y noieront (quelle douce fin!). Là aussi, placez des fanions près des pièges pour les retrouver facilement. S'il pleut (ce qui est très probable au cours de l'automne), videz les tasses et reversez-y de la bière. Au cours du mois suivant, vérifiez les pièges tous les 5 à 7 jours afin de compter les limaces noyées. Les seuils d'interventionBien qu'il n'existe aucun seuil défini, le champ sera à risque au printemps prochain si vous trouvez souvent des limaces dans les pièges. Les champs dont les pièges contiennent peu de limaces présentent moins de risques. Ils devront cependant faire l'objet d'un autre dépistage au printemps, afin de s'assurer que la présence de limaces ne constitue pas une menace. La gestion des problèmes potentielsLes champs potentiellement à risque devraient être ensemencés assez tôt au printemps, afin que la croissance puisse avoir lieu avant la période d'activité des limaces (fin du mois de mai). Il faudrait également penser à travailler le sol. Le travail du sol aide à la levée de la culture et désorganise les abris potentiels qui permettent aux limaces de survivre. Si ces méthodes ne constituent pas la bonne solution, peut-être faudra-t-il envisager la rotation. Bien que les limaces se nourrissent également de maïs, cette culture représente une bonne alternative. Le point de végétation ne sera pas touché et le maïs pourra continuer sa croissance malgré les dégâts. Le marché propose un appât intéressant, qui semble prometteur. Cependant, il n'est pas homologué pour les cultures et il nécessite une application à de tels taux que son prix de revient s'en trouve trop élevé.
Comme nous avons eu un automne humide, les limaces ont la vie belle en ce moment. Elles attendent tranquillement que la production soit prête pour festoyer. Mais si vous connaissez les champs qui sont à risque pour le printemps prochain, vous aurez toujours une longueur (ou plutôt une reptation) d'avance sur elles.
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