Les semences des mauvaises herbes et le fumier

L'épandage de fumier favorise-t-il l'apparition de mauvaises herbes?

Lorsque le fumier est répandu dans un champ, on constate souvent un regain de mauvaises herbes. On se demande souvent si ce regain provient des semences disséminées dans le fumier par le bétail, ou si leur apparition est favorisée par l'ajout des nutriments du fumier. Bien que tout le monde semble d'accord pour dire que la menace des mauvaises herbes va de pair avec l'augmentation de la fertilité, quelques principes simples aideront à réduire, dans le champ, le risque de propagation des mauvaises herbes que représente le fumier.

  1. Déversez le fumier dans le champ oł le fourrage qui a servi à le fabriquer a été récolté, afin de limiter l'apparition de nouvelles espèces.
  2. Si la source d'alimentation provient de l'extérieur de la ferme, recherchez, dans les champs de destination, d'éventuelles nouvelles mauvaises herbes. Si de telles espèces existent, éliminez-les en utilisant un herbicide ou tout autre moyen de lutte contre les mauvaises herbes, surtout s'il s'agit d'espèces prolifiques et tenaces.
  3. Les espèces présentant de petits téguments très durs sont les plus susceptibles de résister au système digestif du bétail et à l'entreposage du fumier. Les plus courantes d'entre elles sont le chénopode blanc, la renouée et l'abutilon. Les semences de mauvaises herbes viables sont difficiles à éradiquer car elles peuvent rester longtemps en dormance. Des paramètres comme la fertilité du champ, sa température et le travail du sol peuvent influencer la viabilité et la période de germination. Le tableau 1 « Viabilité relative des semences de mauvaises herbes sélectionnées » indique le nombre approximatif de semences par plant et la longévité des semences des mauvaises herbes les plus courantes.
  4. La dissémination des semences de mauvaises herbes provenant du fumier est moins importante si la banque de semences de ces espèces est déjà élevée. Il est essentiel que les stratégies de lutte contre les mauvaises herbes tiennent également compte des espèces pouvant provenir de l'épandage de fumier. Ces stratégies peuvent inclure les herbicides, le travail du sol, le fauchage, la rotation des cultures ou encore, un mélange de ces techniques.
  5. La mise en compost du fumier s'effectue à des températures élevées (50 à 70 °C) qui détruiront la plupart des semences. L'expérience a cependant démontré que certaines semences comme celles des tomates et de l'abutilon survivent au compostage. Toutefois, le processus de compostage interrompt souvent le stade de dormance. Ces espèces germent généralement en même temps, ce qui rend la lutte plus aisée que si la germination se produisait par vagues successives.
  6. Observez les stocks de fumier et les environs. Quelles sont les mauvaises herbes qui poussent sur les tas de fumier ou dans l'entreposage de liquide? Les semences suivantes ont démontré leur viabilité dans le fumier et risquent d'être dispersées dans le champ.

Tableau 1 : Viabilité relative des semences de mauvaises herbes sélectionnées

Viabilité relative des semences de mauvaises herbes sélectionnées

Nom vernaculaire

Cycle de vie

Semences par plant

Longévité relative de la semence

(années)

Chardon des champs

Vivace

680

3

Sétaire verte

Annuelle

7 160

3 **

Chénopode blanc

Annuelle

72 450

20 et plus*

Amarante à racine rouge

Annuelle

117 400

25-30

Renouée

Annuelle

3 140

10-20

Abutilon

Annuelle

~2 000

> 40

Renouée liseron

Annuelle

11 900

20 et plus*

Moutarde des champs

Annuelle

13 400

3-5

Folle avoine

Annuelle

250

0-8

Source : Agriculture Manitoba
*Conn et al., 2006. Weed Science, vol. 54, n°  3, pp. 464-470.
**Masin et al., 2006. Weed Research, vol 46, n°  5, pp. 362-370.


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