Emballage à mailles ou ficelage?

Est-ce le treillis à mailles ou la ficelle qui convient le mieux aux grosses balles rondes? Il y a, bien sûr, un élément de préférence personnelle dans la réponse à cette question, qui a toutefois fait l’objet d’une recherche impartiale de la part de M. Kevin Shinners, ingénieur agricole à l’Université du Wisconsin. M. Shinners attribue plusieurs avantages au treillis à mailles, notamment, une mise en balles plus rapide, des pertes moins importantes attribuables à la mise en balles, une meilleure conservation de la forme de la balle lors de la manutention et du transport, une meilleure imperméabilité et des pertes moins importantes lorsque les balles sont entreposées à l’exxtérieur. Il est vrai que le treillis et le matériel pour l’installer font augmenter le coût de la mise en balles, mais les résultats de la recherche de M. Shinners semblent justifier les frais supplémentaires dans bien des cas.

Mise en balles plus rapide

Dans le cas de l’emballage à mailles, la balle n’effectue qu’une rotation et quart ou une rotation et demie dans la chambre avant d’être éjectée, tandis qu’elle doit faire de 20 à 30 rotations lors du ficelage. Selon la recherche du Wisconsin, une presse à balles montée pour l’emballage à mailles peut produire 32 % plus de balles par heure qu’une presse à mécanisme de ficelage. Cette méthode permet d’accélérer le processus de mise en balles et d’accomplir davantage de travail quand le temps est favorable. Elle permet également d’épargner du carburant et de la main‑d’œuvre. Cette productivité accrue constitue l’avantage principal de l’emballage à mailles, surtout pour les agriculteurs qui ont des grandes superficies et les entrepreneurs en travaux agricoles qui peuvent faire absorber la hausse de frais à leur client.

Réduction des pertes attribuables à la mise en balles

Puisque que, pourl’emballage à mailles, la balle effectuebeaucoup moins de rotations dans la chambre à balles, il y a beaucoup moins de foin qui s’échappe de la presse. Selon la recherche effectuée par l’État du Wisconsin, les pertes d’emballage étaient de 1,0 % de matières sèches dans le cas de l’emballage à mailles et de 2,9 % avec la méthode du ficelage.

Réduction des pertes attribuables à l’entreposage à l’extérieur

L’entreposage du foin à l’extérieur entraîne beaucoup de pertes. On recommande que le foin soit entreposé dans un endroit couvert, mais ce n’est pas toujours possible. Les bâches sont utiles, mais elles sont difficiles à entretenir. En réalité, beaucoup de balles sont souvent entreposées à l’extérieur, sans couverture. « L’imperméabilité » pour l’entreposage des balles à l’extérieur est souvent citée comme un avantage du treillis à mailles.

Dans les essais du Wisconsin où l’on a mesuré les niveaux d’humidité dans « la couche externe » des balles, les balles de luzerne recouvertes d’un treillis à mailles ont mieux résisté à la pluie que les balles ficelées, et elles étaient moins humides. Les herbages graminés aux tiges plus minces semblaient former un meilleur chaume. Cependant, certains avantages reliés à une meilleure imperméabilité sont perdus si les balles ne sont pas entreposées sur une surface bien drainée (pierre concassée, palettes, etc.); autrement, l’eau de pluie ruisselle des balles et s’accumule au fond.

Dans l’étude de Wisconsin, on a constaté que, dans la couche externe de la balle de foin, la teneur en nutriants était considérablement plus élevée, et les pertes de matières sèches étaient plus faibles si l’on utilisait lee treillis au lieu de la ficelle. Cependant, il n’y avait pas, en général, de différence dans le centre de la balle. La perte moyenne globale de matière sèche pour les balles entreposées à l’extérieur, sur le sol, était de 11,3 % pour les balles liées avec de la ficelle en plastique et de 7,3 % pour l’emballage à mailles. N’oublions pas, toutefois, que pour ces deux options, les pertes sont considérablement plus élevées que lorsque les balles sont entreposées à l’intérieur. L’emballage à mailles des balles entreposées à l’extérieur ne vaut certainement pas l’entreposage intérieur.

Autres avantages

Ceux qui vendent du foin pourront apprécier le fait que les balles emballées au treillis à mailles offrent une plus belle apparence et une meilleure qualité marchande, surtout si l’on utilise un filet qui redescend sur les bords de la balle. Les balles emballées au treillis à mailles conservent davantage leur formelors de la manutention et du transport. Cette caractéristique s’applique particulièrement aux balles rondes de paille hachée.

Coûts supplémentaires et autres inconvénients

On peut facilement équiper les presses à foin d’un mécanisme pour l’emballage à mailles. Toutefois, cet équipement peut faire monter le prix de revient de la presse à foin de 15 à 25 %. Par exemple, un tel dispositif pourrait augmenter de 5 000 $ le prix d’une nouvelle presse à balles rondes qui coûterait normalement 30 000 $. De plus, le filet est aussi dispendieux. Selon le nombre d’emballages et certains autres facteurs, le coût peut pratiquement doubler, d’environ 0,50 $ à 1,00 $ par balle, soit 1,25 $ à 1,75 $ de plus par tonne de foin sec.

Outre les considérations de coût, certains producteurs ont constaté que les balles emballées au treillis ont une plus grande tendance à geler au sol. Il va sans dire que personne n’aime enlever la ficelle gelée d’une balle recouverte de glace en plein hiver, mais cette tâche peut s’avérer encore plus pénible si l’on doit retirer du treillis.

Le système d’emballage à mailles est plus coûteux que celui du ficelage, mais dans bien des cas, y compris pour les gros producteurs, les producteurs de foin qui vendent des grosses balles rondes et les agriculteurs qui recourent à l’entreposage à l’extérieur, il est possible de récupérer ces frais grâce à une mise en balles plus rapide et à une réduction des pertes de matières sèches.

Référence

« Large Round Bale Storage: Twine, Net Wrap & Low Moisture Wrapped Silage » [Entreposage de grosses balles rondes : la ficelle, le treillis à mailles et l’ensilage à faible humidité] - Shinners K., R. Muck et A. Albrecht. Actes de la conférence de l’ASAE 2002.