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C'est le temps d'inspecter les champs

Auteur : Gilles Quesnel - Spécialiste en lutte intégrée des grandes cultures/MAAARO
Date de création : 29 juin 2005
Dernière révision : 29 juin 2005

Commencez à faire du dépistage tôt en saison, afin d’évaluer les peuplements et les problèmes potentiels. Sinon, avec le temps, les " évidences " disparaissent souvent à mesure que les semences ou les plants flétrissent ou que les mauvaises herbes prennent le dessus. Un passage en véhicule à travers le champ ou un simple regard à travers le pare-brise ne sont pas suffisants. Vous devez marcher chacun des champs.

Le dépistage doit être simple. L’équipement de dépistage de base devrait inclure un bloc-notes pour enregistrer les données, un couteau de poche, des sacs de plastique pour recueillir les spécimens, une loupe, un ruban à mesurer et un cerceau pour dénombrer les populations. Prenez note en même temps des facteurs qui pourraient influencer le rendement comme le peuplement de la culture, l’émergence, la compaction du sol, le croûtage, les maladies, insectes et mauvaises herbes qui ont échappé aux traitements, les dommages causés par les herbicides, etc.

Votre tracé de dépistage doit être représentatif pour l’ensemble du champ !

·         Indiquez les changements de variétés ou d’hybrides, les types de sol, l’historique cultural, les épandages de fumier ou d’engrais et tout autre facteur pouvant affecter la croissance de la culture.

·        Évitez les rangs extérieurs et les tournières, à moins qu’il n’y ait une raison particulière d’échantillonner ces endroits.

·        Pour les ravageurs ou les problèmes dont on ne connaît pas le tracé de distribution (p. ex., chrysomèles des racines du maïs, pourritures des tiges, mauvaises herbes), les lieux d’échantillonnage doivent être répartis uniformément dans le champ.

·         Pour les problèmes susceptibles de se produire dans les rangs extérieurs ou dans les tournières (p. ex. noctuelles, tétranyques ou compaction du sol), les lieux d’échantillonnage doivent être répartis uniformément dans le pourtour du champ.

·         Pour les problèmes susceptibles de se produire dans certaines parties du champ (la phytophtoriose des racines dans les sols glaiseux détrempés ou la noctuelle ipsilon dans les sections infestées de mauvaises herbes), les lieux d’échantillonnage doivent être concentrés dans les endroits où le problème ou le ravageur risque d’être présent.

Pour déterminer le peuplement d’une culture en rangée, il suffit de compter le nombre de plants dans 1/1000 d’acre et de multiplier ce nombre par 1000 ; on obtient ainsi le nombre de plants à l’acre. Le tableau 1 qui suit présente des longueurs de rangs équivalentes à 1/1000 d’acre selon diverses largeurs.

Tableau 1

Équivalences de 1/1000 d’acre

Largeur du rang en centimètres (pouces)

Longueur de rang équivalente à 1/1000 acre

33,0 cm (15”)

10,62 m (34 pi 10 po)

50,8 cm (20”)

7,97 m (26 pi 2 po)

76,2 cm (30”)

5,33 m (17 pi 5 po)

81,3 cm (32”)

4,98 m (16 pi 3 po)

91,4 cm (36”)

4,42 m (14 pi 6 po)

 Pour déterminer le peuplement d’une culture et le degré d’infestation d’un ravageur dans une culture en rangs étroits, on peut placer sur le sol un cadre d’échantillonnage dont on connaît la surface. Il peut s’agir d’une forme carrée (p. ex., 50 cm x 50 cm ce qui donne 0,25 m2) ou d’une forme circulaire (p. ex., un cerceau Hula-hoop). La méthode du cerceau est indiquée au tableau 2. Pour déterminer le peuplement à l’acre, comptez le nombre de plants à l’intérieur du cerceau et multipliez ce nombre par le facteur prédéterminé en fonction du diamètre du cerceau. Ces facteurs sont indiqués au tableau 2.

Tableau 2

Diamètre du cerceau en centimètres (pouces)

Facteur par lequel multiplier le nombre de plants dans le cerceau pour obtenir le peuplement à l’acre

91 cm (36")

6 221

84 cm (33")

7 301

76 cm (30")

8 925

69 cm (27")

10 820

61 cm (24")

13 852

Quelle que soit la méthode utilisée pour déterminer le peuplement de la culture et le degré d’infestation du ravageur, il faut prélever au moins 10 échantillons aléatoires dans chacun des champs pour obtenir une moyenne.

La première étape pour diagnostiquer un problème est de déterminer le tracé de distribution. Observez les endroits où le problème est présent et les endroits où il est absent.

·         Les problèmes culturaux consistants avec la topographie ou le type de sol du champ sont davantage associés au sol qu’aux opérations culturales ou aux ravageurs.

·         Les problèmes qui sont pires sur un côté du champ sont davantage associés à la dérive de pulvérisation ou à l’arrivée d’insectes par un côté du champ.

·         Les problèmes qu’on rencontre sur des plants isolés dans le champ peuvent être associés à des maladies comme la pourriture des racines.

·         Les problèmes dont la distribution à des limites bien définies ou en forme de bandes sont souvent associés aux opérations culturales.  Les nématodes toutefois sont des organismes assez immobiles, de sorte que leur zone d’infestation peut avoir des pourtours très distincts.

·         Les problèmes qu’on retrouve dans un rang et pas dans le rang adjacent sont habituellement associés à l’équipement ou à l’engrais de démarrage. La distance entre les rangs atteints donnera un indice de largeur pour déterminer l’équipement en cause. Dans certains cas, les tracés culturaux peuvent être associés aux anciennes limites des champs qui peuvent remonter jusqu’à 10 ans et plus.

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