Méthode pour conserver l'eau propre durant l'épandage de lisier

Avec un coût de quarante deux cents la livre pour l’azote actif, l’azote contenu dans le fumier représente une valeur intéressante, tout particulièrement celui contenu dans le lisier. Toutefois, les épandages de lisier augmentent les risques " d’écoulements préférentiels ". On entend habituellement par écoulement préférentiel, le mouvement entre les macropores.

L’écoulement préférentiel est le mouvement direct des matières liquides dans les grosses fissures ou pores (tunnels faits par les vers de terre ou laissés par les vieilles racines) du sol. En Ontario, l’écoulement se fait souvent en grande partie dans les drains souterrains. Entre 1988 et 2001, 44 % des déversements rapportés au MEO impliquaient des drains agricoles. L’écoulement préférentiel peut toutefois aussi se produire dans les eaux souterraines – soit directement à travers les fissures naturelles du roc sous-jacent des sols peu profonds ou à travers la nappe phréatique aussi dans les sols peu profonds. Parmi les contaminants, mentionnons les nitrates, l’ammoniaque et les agents pathogènes.

Prévenir l’écoulement préférentiel

Les conditions qui favorisent l’écoulement préférentiel sont les suivantes :

  •         les drains qui coulent, mais dont le sol au-dessus n’est pas saturé d’eau,
  •         l’épandage de volumes substantiels de liquides
  •         l’épandage sur des sols très meubles qui renferment beaucoup de macropores

Voici quelques conseils pouvant aider à prévenir l’écoulement préférentiel au moment de l’épandage.

Les options d’épandage sur des sols drainés au moyen de tuyaux

·         Un travail du sol effectué jusqu’à une semaine avant l’épandage constitue la meilleure des options, car il aura pour effet de briser les macropores du sol et accroître la superficie du sol de surface pour absorber le lisier.

·         Une dose d’épandage inférieure à 3 600 gal/ac (40 m3/ha) sera suffisamment faible pour réduire les risques d’écoulement vers les drains, même s’il n’y a pas eu de travail du sol au préalable. Cette option est souvent la préférée dans les champs où aucun travail de sol n’a été effectué. Si un épandage ne procure pas les éléments nutritifs requis par la culture, on peut épandre une seconde fois jusqu’à cette dose plusieurs jours plus tard.

·         Il faut inspecter les drains et prendre les mesures appropriées en cas de contamination, c’est-à-dire arrêter les épandages, boucher les sorties de drain (pour au moins 72 heures) et enlever l’eau contaminée (par exemple, en utilisant une citerne à vide).

·         Voici une suggestion pour une cédule d’inspection basée sur l’observation de la couleur de l’eau (comparativement à la couleur avant l’épandage) à la sortie du système de drainage :

-          Une fois 10 à 20 minutes après avoir commencé l’épandage du fumier et

-          Une fois l’heure quand la dose d’épandage est supérieure à 90 m3 ou 20 000 gallons à l’heure ou une fois à chaque fois que 20 000 gallons sont épandus, et ce jusqu’à une heure après avoir complété l’opération d’épandage

-          Arrêtez immédiatement les épandages si une décoloration de l’eau est observée et mettez à exécution le plan d’urgence.

·         Au lieu d’inspecter l’eau manuellement, il est possible de se munir d’un système automatique capable de détecter la présence de contaminants dans l’écoulement des drains et de le signaler à l’opérateur.

·         Épandre une matière organique ou du lisier dans un échantillon de champ drainé « représentatif » et observer la présence de fumier à la sortie du drain.

·         Traiter les effluents des drains pour enlever la contamination ( p. ex.,biofiltres, installation de dispersion sandwich, lagune d’irrigation ou de rétention).

Options pour l’épandage sur des sols peu profonds et assises rocheuses (non drainés au moyen de tuyaux)

·         Aucun fumier ne devrait être épandu sur une assise rocheuse exposée ou dans les 10 pieds (3 mètres) de celle-ci. C’est à ces endroits que les risques de contamination sont les plus élevés.

·         Il n’est pas recommandé d’épandre du lisier sur les sols dont l’assise rocheuse se situe à moins de 6 pouces (15 cm). En ce qui concerne le fumier solide, il devrait être épandu à des doses inférieures à 10 tonnes/ac (22 tonnes/ha) entre juin et septembre.

·         Dans les sols dont l’assise rocheuse se situe à une profondeur de 6 à 12 pouces (15 à 30 cm), le lisier devrait être épandu sur un sol déjà travaillé ou à de faibles doses (< 3 600 gal/ac) entre juin et septembre. Le fumier solide aussi devrait aussi être épandu sur un sol déjà travaillé ou à des doses inférieures à 20 tonnes/ac (45 tonnes/ha).

·         Dans les sols dont l’assise rocheuse se situe à une profondeur de 1 à 3 pieds (30 à 90 cm), le lisier devrait être épandu sur un sol déjà travaillé ou à de faibles doses (< 3 600 gal/ac).

Options pour l’épandage sur des sols dont la nappe phréatique (sans drainage souterrain) est peu profonde

L’aspect le plus difficile avec l’épandage de lisier sur des sols dont la nappe phréatique est élevée est de connaître à quelle profondeur l’eau souterraine se trouve à l’époque des épandages. La profondeur de la nappe phréatique peut fluctuer considérablement selon la saison. En Ontario, la nappe phréatique est habituellement à son plus haut niveau au printemps et à l’automne. On peut déterminer la profondeur de la nappe phréatique d’une des façons suivantes : 

-          En creusant un trou au mois de juin ou de septembre et en observant à quelle profondeur l’eau circule librement dans le trou

-          En utilisant les caractéristiques de couleur (points de couleur rouille et couleurs bleu-gris dans les couches de sol) et la méthode de drainage du sol pour évaluer la classe de drainage

-          En se référant à la carte des sols de la localité pour déterminer la classe de drainage (p. ex. drainage médiocre indiquerait que l’eau souterraine se situe entre 60 et 90 cm, alors qu’un drainage faible pourrait indiquer une eau souterraine entre 30 et 60 cm)

Options pour éviter l’écoulement préférentiel dans les eaux souterraines :

·         Aucun fumier ne devrait être épandu sur des sols dont l’eau souterraine se situe à moins de 30 cm. En général, les épandages de fumier dans ces conditions laisseraient des ornières dans le champ.

·         Aucun lisier ne devrait être épandu sur des sols sableux avec une nappe phréatique située à 1 – 2 pieds (30 –60 cm). Le fumier solide devrait être épandu sur un sol déjà travaillé ou à des doses inférieures à 20 tonnes/ac.

·         Dans tous les autres cas où l’eau souterraine est près de la surface, le lisier ne devrait être épandu que sur un sol déjà travaillé et (ou) à des doses réduites. Pas de restrictions pour les sols lourds glaiseux dont l’eau souterraine est située à plus de 30 cm de la surface.

Évitez d’épandre du fumier liquide quand le sol est détrempé ou par temps pluvieux. Par exemple, n’épandez pas quand l’eau s’écoule des drains et quand la météo annonce de la pluie dans les 12 à 24 heures précédant les épandages. Quand c’est possible, incorporez le fumier dès que possible lorsqu’un orage est prévu. Les contaminants du fumier solide risquent d’atteindre les drains ou l’eau souterraine quand il pleut peu de temps après l’épandage.


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