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Fourrages annuels pour le pâturage ou la conservation

Plusieurs raisons justifient l’utilisation de cultures annuelles comme fourrages. On s’attend à ce que plusieurs champs de plantes fourragères vivaces aient été détruits par l’hiver, cette année, dans certaines régions de l’Ontario. Les éleveurs qui envoient leurs animaux au pâturage tentent aussi de trouver d'autres types de plantes fourragères afin d’augmenter leur production de fourrages pendant le temps mort à la mi-été dans les prairies de graminées conventionnelles.

On peut semer des céréales, des mélanges de plantes fourragères, des graminées annuelles de saison chaude (comme l’herbe du Soudan) pour obtenir des fourrages de qualité qui seront broutés ou conservés. Il faut par ailleurs tenir compte du calendrier de production, de la qualité, de rendements et des coûts de production des fourrages de remplacement avant de déterminer le type de fourrage qui convient le mieux à son exploitation. Il est bon de se rappeler aussi que l’alimentation est le principal poste de dépenses dans le cas des productions vaches-veaux et ovine. Un champ de plantes fourragères vivaces bien entretenu peut être productif et c’est encore celui qui coûte le moins cher à la tonne.

Plusieurs types de cultures annuelles se prêtent au pâturage ou à la conservation. Mentionnons l’orge, l’avoine, le blé, le triticale, le ray-grass annuel (d’Italie et de type Westerworld), les mélanges de pois, l’ensilage de maïs, le sorgho-Soudan, les hybrides de sorgho, les hybrides sorgho-soudan, le millet japonais, le millet perlé, le soya fourrager et l’ensilage de maïs. Ce type d'alimentation en pâturage est efficace pour le bétail, mais il est absolument nécessaire de rationner le broutage afin de réduire le gaspillage et de favoriser la repousse.

Repousse de céréales

La repousse des céréales de printemps, comme l’orge et l’avoine, après la fauche ou le broutage est variable d’une céréale à l’autre. L’avoine a une meilleure repousse que l’orge. La repousse varie également selon le degré de maturité de la récolte à la première coupe. Plus le degré de maturité est élevé à la première coupe, moins la repousse est bonne. Cette dernière est également réduite si on a fauché très court ou si le broutage est excessif. Par ailleurs, comme dans toute culture, la repousse est influencée par les précipitations.

Mélanges de céréales

Des semis de céréales mélangées favorisent une saison plus longue ainsi qu'une meilleure qualité fourragère, comparativement aux semis de céréales de printemps. Une céréale d’hiver semée au printemps n’est pas soumise au processus de vernalisation, et ne produit donc pas d’épi à sa première saison de croissance. La croissance végétative d’une céréale d’hiver présente un rapport feuille/tige plus élevé qu'une céréale de printemps. Par ailleurs, les cultures intercalaires permettent d’obtenir deux ou trois récoltes par année avec un seul passage au champ pour le travail du sol et les semis.

Des recherches sur des peuplements purs et des peuplements avec cultures intercalaires ont été réalisées à la station de recherches agricoles de New Liskeard. Le Tableau 1 présente les divers taux de semis et le Tableau 2 résume les rendements en matière sèche des peuplements purs et des peuplements avec cultures intercalaires. Dans les peuplements purs, l’avoine donne les meilleurs rendements. Les rendements des peuplements avec cultures intercalaires étaient identiques, d’un point de vue statistique, mais les mélanges d’avoine et de ray-grass annuel sont à considérer, car leur production pour les pâturages se poursuit tard en saison.

Tableau 1 – Taux de semis – Peuplements purs et peuplements avec cultures intercalaires
Culture Peup. purs (lb/ac) Taux de semis (lb/ac) Taux de semis avoine (lb/ac)
Avoine 63   63
Seigle d'automne 63 50 50
Tritical d'hiver 68 54 50
Ray-grass d'Italie 23 18 50
Ray-grass Westerworld 23 18 50

Station de recherches agricoles de New Liskeard

Tableau 2 – Rendement en matière sèche des peuplements purs et avec cultures intercalaires (tonnes/acre) - Peuplements purs
Culture 1ère coupe
20 juillet
(tonne m.s./acre)
2e coupe
2 sept.
(tonne m.s./acre)
Rendement total(tonne m.s./acre)
Avoine 2,40 0,97 3,36
Seigle d’hiver 0,65 0,95 1,60
Triticale d'hiver 0,61 1,22 1,82
Ray-grass d’Italie 0,86 1,82 2,68
Ray-grass Westerworld 0,81 2,15 2,97

Tableau 2 – Rendement en matière sèche des peuplements purs et avec cultures intercalaires (tonnes/acre) - Cult. intercalaire d’avoine
Culture 1ère coupe
20 juillet
(tonne m.s./acre)
2e coupe
2 sept.
(tonne m.s./acre)
Rendement total(tonne m.s./acre)
Avoine + Seigle d’automne 2,23 0,85 3,08
Avoine + Triticale d’automne 2,32 0,93 3,26
Avoine + Seigle + Triticale 2,04 0,85 2,89
Avoine + Ray-grass d’Italie 2,41 0,97 3,38
Avoine + Ray-grass Westerworld 2,39 1,11 3,50

Station de recherches agricoles de New Liskeard

Mélanges de pois

Il a été démontré que l’ajout de pois à un mélange de céréales pour des semis de fourrages augmente la teneur en protéine totale de 2 à 4 % et réduit de 2 à 6 % la NDF. On doit semer un mélange 50:50 de pois et de céréales pour obtenir ce degré de qualité fourragère. Toutefois, dépendant du prix des semences de pois, le mélange peut se révéler coûteux. Les pois sont très compétitifs lorsqu’ils sont contre-ensemencés avec des fourrages vivaces; le peuplement est donc généralement faible.

Annuelles de saison chaude

Les plantes fourragères annuelles de saison chaude sont plus productives lorsque les semis sont retardés jusqu’à la fin mai ou au début juin. On peut, par exemple, semer du sorgho-Soudan, des hybrides de millet, des hybrides de sorgho, de l’herbe du Soudan et du millet japonais. Ces espèces sont sensibles au froid et doivent être semées lorsque les risques de gel sont passés. Les semis doivent être effectués lorsque les températures atteignent 12 à 150C. Le sol doit être réchauffé pour faciliter une levée rapide et offrir une bonne compétition aux mauvaises herbes qui lèvent aussi. La première coupe peut être faite de 60 à 65 jours après l’ensemencement et la deuxième pousse peut être fauchée ou broutée 30 à 35 jours après la première coupe ou paissance. Le millet perlé doit être semé uniquement en sol sableux ou en loam sableux. Dans les sols plus lourds, il est préférable de semer des hybrides de sorgho, de l’herbe du Soudan ou du sorgho-soudan.

Les besoins du bétail et les coûts d’alimentation

Il est également important de tenir compte des besoins du bétail dans le choix des plantes fourragères annuelles. Le rendement et la qualité des fourrages varient selon les espèces et les méthodes de récolte. Le Tableau 3 présente une comparaison entre le rendement en matière sèche, la protéine totale et les unités nutritives totales (U.N.T.) de plusieurs types de fourrages annuels.

Tableau 3 - Comparaison entre la matière sèche, la protéine totale et les unités nutritives totales (UNT) de diverses plantes fourragères
Espèce Rendement en mat.sèche(tonne/acre) Protéine totale% U.N.T.%
Ensilage de maïs 5,5 8,0 68
Ray-grass annuel 2,7 14,6 66
Sorgho herbacé2(stade végétatif) 2,3 17 70
Sorgho herbacé1(stade de l'épiaison) 4,1 8 56
Herbe du Soudan hybride2 2,5 14,2 66
Millet japonais2,3 3 10,1 56
Millet perlé hybride2(stade végétatif) 2,8 16,1 64
Ensilage de soya1,3 3,6 13,5 71

1Récolte en une coupe
2
Récolte en deux coupes (bonnes conditions de croissance)
3
Il existe peu de données.

Figure 1 – Rendement et coût de diverses plantes fourragères annuelles

Rendement et coût de diverses plantes fourragères annuelles

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Formuler ses propres hypothèses et utiliser les coûts de l’exploitation

Note: Les coûts sont calculés avec les prix actuels des semences, les taux de semis et les doses d'engrais ou d'herbicides recommandées ainsi que la fréquence courante du travail du sol  et la densité de plantation habituelle. Les prix ne comprennent pas les coûts associés à la récolte, tels que les frais de main-d’œuvre, le coût des clôtures, du fauchage, de l’ensilage, de la mise en balles ou les frais reliés à l’utilisation des terres. Il est suggéré de formuler ses propres hypothèses pour calculer le coût des choix retenus pour l’exploitation.

L’espèce de plante fourragère qui convient le mieux à la ferme dépend des besoins fourragers du troupeau, de la disponibilité de la machinerie ou des entrepreneurs à forfait ainsi que de l’entreposage, le cas échéant. Le choix est également relié à la capacité du fourrage à compléter l’alimentation du bétail déjà disponible à la ferme et au coût des diverses plantes fourragères annuelles.  Comme le démontre la figure 1, un pâturage ou un peuplement de fourrages vivaces bien géré représente encore l’option la plus économique.

Pour plus d'informations, consulter le Guide agronomique des grandes cultures, (MAAARO Publication 811F), La Production fourragère (MAAARO, Publication 30F) ou le site Web du MAAARO sur les fourrages.

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