Haricot comestible - Planifier avant de semerD'excellents rendements et des prix élevés en 2004 ont accru l'intérêt pour la culture du haricot comestible. Étape primordiale pour ce faire, il faut choisir le champ convenant le mieux à cette culture. Le haricot comestible est une culture plus délicate que le soya, il exige plus de gestion et il tolère moins bien des conditions variables du sol. Le succès de la production du haricot repose sur des facteurs comme le type de sol, le drainage, la pierrosité, la présence de mauvaises herbes, la ou les cultures précédentes, la structure du sol et les traitements d'herbicides par le passé. Compactage du solUn sol compact peut vraiment nuire à la production du haricot comestible. Certains producteurs ont rapporté des baisses de rendement allant jusqu'à 50 % causées par le compactage du sol. Il faut examiner avec soin les effets du travail du sol, des semis, de la récolte et des autres travaux sur le compactage. Le travail du sol ne suffit souvent pas à venir à bout de la situation, il faut laisser le temps faire son oeuvre. Certains sols se remettent du compactage à la suite de cycles répétitifs de gel et de dégel, de sol humide et de sol sec. Le compactage à une plus grande profondeur que les quelques centimètres de surface peut durer jusqu'à six ans. La culture du haricot comestible sera mieux réussie dans un sol où il y a moins de compactage. Structure du solLe haricot comestible est l'une des cultures qui réagit le mieux à une bonne structure du sol. Les sols qui sont lourds, mal drainés, encroûtés ou difficiles à travailler, augmentent le risque d'une levée inégale et de faibles peuplements. Une levée inégale donne lieu à une maturité aussi inégale, ce qui retarde la récolte et augmente le nombre de haricots non parvenus à maturité, multipliant le besoin de triage, abaissant la catégorie du produit et le prix au moment de la commercialisation. La culture précédente influe beaucoup sur la structure du sol. La stabilité structurale est une bonne mesure de la structure du sol. Un faible indice pour l'eau - et la stabilité structurale signifie que les agrégats du sol vont se dissoudre rapidement dans l'eau et donner lieu à de l'encroûtement. L'encroûtement nuit à la levée des plantules, à la pénétration de l'air et de l'eau et produit un sol consolidé qui restreint la croissance des racines. On considère généralement que les cultures qui favorisent la stabilité structurale sont (par ordre décroissant) : graminées fourragères > légumineuses fourragères > céréales d'hiver (surtout avec incorporation de trèfle rouge) > céréales de printemps > maïs > soya > haricot comestible. Est-ce surprenant que certains producteurs laitiers et bovins aient les meilleures moyennes de rendement de haricot comestible? Évidement, ces producteurs doivent aussi pratiquer une longue rotation des sols sur quatre ans entre les cultures de haricot comestible. Lutte contre les maladiesLa rotation des cultures constitue la meilleure méthode de lutte biologique pour maîtriser certaines maladies dans le sol. Deux importantes maladies du haricot comestible s'attaquent aux cultures, la moisissure blanche et le pourridié des racines, et il faut en tenir compte lors de la rotation des cultures. La moisissure blanche survit d'une année à l'autre dans des organismes du sol appelés sclérotes. L'année 2004 a favorisé la propagation de la moisissure blanche qui a fourni une source abondante d'inoculum de sclérotes pour l'an prochain. La moisissure blanche peut s'attaquer aux cultures de haricot comestible, de soya, de tournesol, de moutarde et de canola. Certaines dicotylédones peuvent aussi servir d'hôtes à la moisissure blanche. En maintenant une rotation minimale des sols de trois ou quatre ans entre ces cultures on réduit ce risque. Le travail du sol ne sera pas efficace pour réduire le niveau d'inoculum, car les organismes hivernants peuvent survivre longtemps dans le sol. Un travail du sol réduit est indiqué pour combattre les sclérotes car il favorise les bactéries qui sont en mesure de les détruire. Le pourridié des racines constitue un défi plus grand à maîtriser par la rotation car ses hôtes sont nombreux. Les organismes qui provoquent le pourridié sont souvent invasifs car ils s'attaquent aux plants soumis au stress. Le compactage du sol, un faible drainage, le retour fréquent aux haricots et d'autres facteurs provoquent un stress pour les plants, ce qui favorise le pourridié. Le traitement des semences permet de protéger les plantules au moment de la levée, mais la protection ne dure pas toute la saison. Le producteur offrant au haricot un milieu favorisant un départ rapide, et qui le maintient sur la bonne voie, aura peu à se préoccuper du pourridié. Une rotation plus longue (de quatre à cinq ans) réduit la gravité de la maladie. Il faut semer le haricot que sur un sol bien drainé, autrement il faut améliorer le drainage. Lutte contre les mauvaises herbesLes solutions pour lutter contre les dicotylédones annuelles et les mauvaises herbes vivaces sont plus limitées dans la culture du haricot comestible, aussi faut-il les combattre dans les cultures qui précèdent. Les mauvaises herbes annuelles, comme l'herbe à poux, peuvent être problématiques si le haricot succède au blé d'automne, et s'il y a des échappées de traitement. Certaines mauvaises herbes vivaces comme la stramoine commune et le raisin d'Amérique peuvent causer des taches sur les haricots au moment de la récolte. Le maïs est souvent préférable comme culture précédente à cause du nombre de solutions dont on dispose pour éradiquer les mauvaises herbes. InsectesLa mouche des légumineuses et le ver fil-de-fer peuvent s'attaquer au haricot comestible. Le risque de ces ravageurs est plus grand à la suite d'une récolte de fourrage ou d'un labour. Travail du solLe haricot blanc et le haricot noir se sont les mieux adaptés à un système sans travail du sol. Tous les haricots comestibles réagissent bien à un travail réduit. C'est souvent parce que le système racinaire du haricot est moins agressif. Dans un système de semis direct, le travail à l'intérieur d'un rang est souvent bénéfique pour le haricot blanc et le haricot noir. Pour les autres types de haricots, un travail du sol conventionnel convient mieux.
Culture précédenteUne fois tous ces facteurs considérés, tenir compte aussi que le maïs, suivi des cultures fourragères et des céréales sont les cultures souvent les plus adéquates qui devraient précéder le haricot comestible. La culture de maïs qui précède fournit l'occasion de bien maîtriser les mauvaises herbes et constitue une pause efficace contre les maladies du haricot comestible. Une culture de céréales dans laquelle on a effectué une bonne lutte antiparasitaire serait préférable à celle du maïs, pendant laquelle il pourrait y avoir compactage du sol après la récolte si l'automne est pluvieux. Les cultures fourragères laissent une meilleure structure du sol, mais les insectes terrestres et l'infestation de mauvaises herbes pourraient causer problème. FumierIl faut aussi mentionner que certains producteurs réussissent la culture du haricot comestible dans un champ avec une bonne rotation et qui a aussi bénéficié d'épandage de fumier l'année précédente. Cette culture tend à réagir mieux à un fertilisant résiduel qu'à un apport direct. La recherche commence à définir la valeur du fumier pour promouvoir un profil sain de microorganismes dans le sol, et dans certains cas, la suppression de certains agents pathogènes de la culture. Une bonne structure du sol et une longue rotation sont garants de la réussite d'une culture de haricot comestible. Il est probable que certaines questions liées à la production des semences et l'intérêt accru dont les haricots blancs font l'objet pourraient limiter l'accès aux variétés les plus populaires de haricots blancs en 2005. Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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