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Préparez-vous à inspecter vos champs de haricots de grande culture pour dépister l’anthracnose

L’anthracnose continue de préoccuper les producteurs de haricots de grande culture. En 2003, cette maladie a été diagnostiquée en Ontario dans un certain nombre de champs de haricots blancs et de haricots noirs. Il est donc impératif pour les producteurs d’inspecter leurs champs de haricots pour la dépister en temps opportun.

L’anthracnose est une maladie fongique qui est transmise par les semences et qui peut s’attaquer à toutes les sortes de haricots. Elle peut réduire gravement le rendement quantitatif et qualitatif des haricots. Les premières lignes de défense consistent à utiliser des semences exemptes de maladies, à opter pour des variétés qui ont prouvé leur résistance à des souches connues d’anthracnose, et à traiter les semences au DCT. Désormais, les producteurs disposent aussi d’une deuxième ligne de défense avec l’homologation de deux nouveaux fongicides – Quadris, enregistré par Syngenta Crop Protection, et Headline, enregistré par BASF.

Aspect des plantes infectées

Le premier signe d’infection est la coloration rouge-brique ou rouge violacé qui se développe sur la face inférieure des feuilles, le long des nervures. Cette même coloration gagne ensuite la face supérieure. Étant donné qu’au début la maladie ne s’extériorise que sur la face inférieure des feuilles, les plants de haricots peuvent sembler normaux jusqu’à un stade grave de la maladie. Par conséquent, il est important d’examiner minutieusement les plants dont l’aspect diffère de la normale d’une façon ou d’une autre. Sur les tiges, l’infection provoque d’abord l’apparition, longitudinalement, de taches ocellées (en oeil d’oiseau) brun foncé. Chez les jeunes plantules, elle peut entraîner la pourriture et la fonte de la tige. Chez les plants développés, les symptômes les plus frappants apparaissent sur les gousses sous forme de taches brun rouille qui se transforment ensuite en chancres bruns déprimés. À l’intérieur des gousses infectées, les graines ont un tégument taché de lésions brunes ou chocolat clair.

Propagation de la maladie

Le champignon de l’anthracnose est favorisé par des températures modérées comprises entre 13 et 21 º C (l’optimum étant de 16 ºC). Bien qu’au-delà de 28 ºC, son développement soit arrêté, on peut voir apparaître des symptômes d’anthracnose si les températures redescendent sous ce niveau pendant la nuit. Il faut au minimum 10 mm de pluie pour que l’infection se déclenche. Le champignon se répand dans le champ par l’intermédiaire de l’eau. Ainsi, les éclaboussures provoquées par une pluie battante projettent le champignon sur un rayon de 3 – 5 mètres. Les animaux, les machines ou les personnes qui circulent au milieu des plants mouillés contribuent aussi à la propagation de la maladie. L’humidité n’est pas l’unique facteur de propagation de l’anthracnose, et il faut que le feuillage soit humide à cause d’une pluie ou d’une rosée abondante.

Méthodes de lutte

Les premiers signes d’infection peuvent être décelés aux stades 3 et 4 feuilles. L’anthracnose est difficile à dépister tôt parce qu’elle touche d’abord quelques plants isolés et qu’elle se propage de là au reste de la culture. Il devient plus facile de la dépister durant les derniers stades végétatifs et au début de la floraison. Si on la découvre dans un champ, on peut pulvériser un fongicide foliaire, Headline ou Quadris, pour freiner efficacement l’extension de la maladie. Il est crucial de traiter au moment le plus opportun pour réduire la gravité de la maladie et l’infection des graines. Le traitement fongicide est recommandé au stade début de floraison pour limiter les baisses de rendement et réduire l’infection des grains. Un traitement effectué plus tôt, quand les plantes sont encore au stade végétatif, permet de limiter la propagation, mais non de protéger la culture durant le développement des gousses. Si le traitement intervient entre la fin de la floraison et le remplissage des gousses, on peut s’exposer à une baisse de rendement ou à un taux élevé d’infection des graines. Il peut être nécessaire de renouveler le traitement 10 –14 jours après l’infection initiale si les conditions météorologiques continuent d’être propices à l’extension de la maladie, si l’on a découvert des plants infectés.

Les fongicides ont tous deux une action systémique locale dans les feuilles sur lesquelles ils sont épandus; par contre Quadris a également une certaine activité systémique ascendante dans la plante. Il est néanmoins recommandé que la pulvérisation recouvre tous les organes de la plante pour les protéger contre la maladie. Il est également important de cibler les parties inférieures des plants, puisque l’anthracnose commence dans les feuilles du bas pour progresser vers le haut.

Si des cas d’anthracnose sont découverts, j’aimerais qu’on m’envoie des échantillons des gousses pour pouvoir identifier la souche du champignon dans le cadre d’un projet mené avec la collaboration de Bob Conner (PhD), AAC.

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