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Regarder le maïs pousser

Malgré le petit nombre des soins critiques qui peuvent encore être dispensés au maïs une fois que celui-ci nous arrive à hauteur de la taille, des inspections régulières de la culture peuvent nous en apprendre beaucoup sur ce qui peut être fait pour améliorer le rendement.

Interception de la lumière

Au stade de la floraison femelle (sortie des soies), les feuilles des plants de maïs ont terminé leur développement et le taux auquel elles interceptent la lumière est parvenu à son maximum. Pour un rendement élevé en maïs-grain, il faut que le peuplement soit dense et qu'il intercepte 95 % de la lumière solaire. Concrètement, cela veut dire que lorsqu'on regarde le sol entre les rangs de maïs, à midi, par une journée ensoleillée, la surface du sol qui est atteinte par les rayons du soleil doit être très limitée et fragmentée. Plus la surface du sol qui est touchée par les rayons de soleil est grande, plus le potentiel de rendement sera diminué.

Des recherches menées à l'Université de l'Illinois font ressortir l'influence de la nappe foliaire sur le rendement. La figure 1 représente l'augmentation constante du rendement qui accompagne l'élévation du taux d'interception de la lumière jusqu'à 95 %.

La figure 1 représente l’augmentation constante du rendement qui accompagne l’élévation du taux d’interception de la lumière jusqu’à 95 %.

Figure 1. Rapport entre le rendement du maïs et l'interception de la lumière durant le stade du remplissage des épis. Ces valeurs moyennes ont été calculées à partir des données relevées lors d'études sur les densités de peuplement qui ont eu lieu à Urbana, dans l'Illinois, pendant trois années (1992-1994). (Illinois Agronomy Handbook, 1999-2000, Université de l'Illinois à Urbana-Champaign)

Si l'objectif visé est une nappe foliaire qui intercepte un maximum de lumière, il peut sembler logique de semer le maïs en rangs plus serrés. L'intérêt de cette pratique, s'il existe, devrait en principe se concrétiser au début du développement de la nappe foliaire; cependant, il a été difficile de le constater régulièrement. La recherche a montré que l'on peut atteindre l'objectif d'un taux d'interception de la lumière de 95 % aussi bien avec des rangs distants de 20 pieds qu'avec des rangs distants de 30 pouces, si le peuplement est dense.

La faible densité du peuplement constitue sans doute le facteur qui empêche le plus d'atteindre l'objectif d'interception de la lumière. Et de fait, certains producteurs sont surpris par la faible densité de leur culture quand ils effectuent un véritable dénombrement des pieds de maïs par unité de surface. Peut-on mettre cela uniquement sur le compte du mauvais temps? Si l'on a semé tôt, aurait-on pu augmenter le taux de semis, aurait-on dû faire plus attention à la profondeur des semences ou aurait-on pu appliquer d'autres méthodes de désherbage pour améliorer la levée et, partant, le peuplement final et le taux d'interception de la lumière?

La santé de la plante en fin de végétation

Faire en sorte que la nappe foliaire soit bien fournie est une chose, la maintenir en bonne santé en est une autre. Le feuillage reste-t-il bien vert et remplit-il son rôle nourricier durant toute la période de remplissage des épis? En inspectant les champs pour observer l'état de santé de la culture à la fin de la saison, on peut déceler d'éventuelles carences nutritionnelles et apprécier le degré de résistance de certains hybrides aux maladies foliaires.

Le jaunissement chlorotique des feuilles inférieures (« leaf firing ») peut résulter soit d'une carence en azote, soit d'une carence en potassium. Une chlorose de la pointe des feuilles suivie d'un jaunissement qui s'étend le long des bords des feuilles est le signe d'une carence en potasse, tandis qu'une chlorose de la pointe des feuilles suivie d'un jaunissement qui s'étend le long du milieu des feuilles est le signe d'un manque d'azote. Le jaunissement ou dessèchement des feuilles du bas est relativement commun. On l'observe souvent après une période sèche, dans un sol déstructuré (qui est compacté, qui a été travaillé quand il était humide) et chez le maïs qui mûrit tardivement. Une étude menée dans l'Iowa a permis de montrer qu'à condition qu'il y ait dans le champ une bande-témoin relativement riche en azote, on peut, par comparaison, imputer avec certitude le jaunissement des feuilles à un manque d'azote (N). Par contre, sans cette bande-témoin, ce symptôme est difficile à attribuer uniquement à une carence en azote.

Pour éviter que la plante ne se cannibalise durant la période de grossissement des grains, les feuilles doivent pouvoir répondre aux besoins en amidon de l'épi. Quelle est la santé de votre maïs en fin de végétation? Pourriez-vous choisir des hybrides mieux adaptés (maïs Bt, maïs non Bt, hybrides résistant au jaunissement), devriez-vous prêter plus attention au classement des hybrides quant à leur résistance aux maladies foliaires, pourriez-vous optimiser la fumure azotée pour améliorer la santé de la plante durant la période critique de remplissage des épis?

Précocité de la floraison femelle

Il peut arriver que les plants de maïs aient l'air en bonne santé, avec des feuilles vertes et peu atteintes par les maladies, mais qu'ils ne répondent pas aux besoins créés par le remplissage des épis. Pourquoi? Une des explications possibles, c'est que cette période se produit tardivement dans la saison de végétation, quand la longueur du jour, la luminosité et la température commencent à diminuer, ce qui réduit la capacité de photosynthèse de la plante. La précocité du semis, la rapidité et la vigueur de la levée et de la croissance et l'emploi d'hybrides à floraison femelle précoce sont importants, pas seulement pour récolter avant les premiers gels, mais pour que le stade du grossissement des grains débute à un moment où les jours sont plus longs et plus ensoleillés qu'en septembre.

Cette année, si les soies de votre maïs apparaissent le 3 août au lieu du 25 juillet, vous serez peut-être tenté de blâmer les conditions météorologiques, la date tardive du semis ou la lenteur de la levée. Pourtant, n'y a-t-il pas des aspects de la gestion que vous pourriez modifier? Le drainage insuffisant est probablement le facteur qui retarde le plus les semis et qui ralentit le plus la levée. Si, bon an mal an, votre maïs sort ses soies en août et non en juillet, pourquoi ne pas envisager de changer d'hybrides, d'utiliser un semoir plus gros, ou de revoir certaines pratiques culturales?

Engrais de démarrage

L'Université du Wisconsin a mené des recherches durant trois années consécutives sur la localisation de l'engrais de démarrage dans plusieurs champs dont l'analyse de sol avait révélé une teneur relativement élevée en P et en K. Le rendement de parcelles témoins a été comparé à celui de parcelles où l'engrais de démarrage était placé avec le semoir à 5 cm le long des rangs sur une bande de 5 cm. Les parcelles d'essai, durant les trois années de l'étude, ont reçu en moyenne annuellement 15 lb/acre de N, 26 lb/acre de P2O5 et 32 lb/acre de K2O. Les chercheurs ont constaté que l'engrais de démarrage avait permis un gain économique dans 40 pour cent dans les parcelles d'essai. Le tableau 1 indique le nombre des essais réalisés chaque année et les rendements du maïs dans les parcelles avec et sans engrais de démarrage.

Tableau 1. Effet de l'engrais de démarrage sur le rendement moyen du maïs-grain dans 100 parcelles d'essai chez des producteurs, de 1995 à 1997, dans le Wisconsin.

Année

Nombre de parcelles d'essai

Avec engrais de démarrage
Rendement en grain (boisseaux/ac)

Sans engrais de démarrage
Rendement en grain (boisseaux/ac)

1995

44

131

127

1996

31

142

137

1997

25

147

144

Moyenne

100

139

134

L.G. Bundy et T.W. Andraski, Journal of Production Agriculture. 12:664-670 (1999)

L'étude a conclu que l'engrais de démarrage avait un impact positif généralement plus important sur le rendement en grain dans les trois cas suivants :

  1. Semis tardif
  2. Utilisation d'hybrides à longue saison de végétation.
  3. Sol dont la teneur en K est inférieure à 140 ppm.

Ceci est contraire à l'opinion répandue que l'engrais de démarrage est surtout utile quand le maïs est semé tôt/en sol froid. L'augmentation plus fréquente du rendement qui a été observée chez les maïs semés tard et les hybrides de longue saison peut être due au fait que l'engrais de démarrage stimule la croissance de la culture durant les premiers stades vitaux, ce qui donne à celle-ci une meilleure chance de développer son potentiel de rendement avant la fin de la saison de végétation.

Au chapitre des techniques culturales qui sont susceptibles de stimuler les premiers stades de la croissance et le développement de la nappe foliaire, l'engrais de démarrage pourrait jouer un rôle au moins aussi important, sinon plus, dans le rendement du maïs semé tardivement, comparativement au maïs semé tôt.

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