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Du fumier pour bâtir la matière organique du sol

On a beaucoup parlé récemment de la gestion des éléments nutritifs et de la préparation des plans de gestion. Certains producteurs éviteraient d’utiliser du fumier pour ne pas avoir à préparer de plan de gestion. Le fumier possède une valeur fertilisante importante mais il peut aussi apporter de la matière organique, vitale pour le sol. Le fumier est un moyen, parmi quelques-uns seulement, d’ajouter de la matière organique au sol. On entend aussi de plus en plus parler de gaz à effet de serre de nos jours. L’augmentation de la matière organique dans le sol représente un autre moyen de retenir le carbone dans le sol, ce qui aide à compenser les émissions de gaz à effet de serre.

La matière organique du sol

La matière organique du sol provient de trois sources différentes : les constituants organiques vivants, les débris de végétaux et d’animaux morts et les produits en décomposition. La matière organique circule entre ces trois sources. Ce sont les pratiques culturales qui influent le plus sur la matière organique des constituants vivants et morts. Il y a gain ou perte de matière organique, selon le stade du cycle. Les ajouts de matière organique au sol se font généralement sous forme de résidus végétaux, de fumier et de matériaux organiques. La matière organique s’échappe du sol par l’érosion, le défrichage, ou l’oxydation causée par le travail du sol.

L’apport de fumier

Il est important de connaître les caractéristiques du fumier si vous avez l’intention d’en utiliser pour enrichir le sol en matière organique. Plusieurs types de fumier et un grand nombre de systèmes d’alimentation et de litière peuvent modifier sa composition. Le tableau 1 illustre certaines différences dans le contenu en matière sèche des divers types de fumier.

Tableau 1. Fumier - % du contenu en matière sèche

Type de fumier

Bovins laitiers

Bovins de bouche-rie

Volailles (pondeuses)

Porcs

Solide

20

28

20

9

Liquide

6

6

10

6

Que faut-il faire pour maintenir ou augmenter la matière organique du sol avec du fumier? L’effet du fumier sur les propriétés du sol a fait l’objet d’une étude à long terme réalisée au Vermont. On a étudié un cas de monoculture de maïs d’ensilage en sol argileux. Aucune rotation n’était pratiquée et la culture retournait très peu de résidus au sol. Trois niveaux d’application de fumier de bovins laitiers ont été évalués dans un contexte de travail conventionnel du sol. Les résultats sont présentés au tableau 2.

Tableau 2. Les effets de l’application de fumier pendant 11 ans sur les propriétés du sol

 

Niveau initial

Aucun apport

10 (ton./ac./an)

20 (ton./ac./an)

30 (ton./ac./an)

Matière organique

5,2

4,3

4,8

5,2

5,5

CEC (me/100g)

17,8

15,8

17,0

17,8

18,9

PH

6,4

6,0

6,2

6,3

6,4

P (ppm)

4,0

6,0

7,0

14,0

17,0

K (ppm)

129

121

159

191

232

Porosité totale (%)

 

44

45

47

50

Magdoff et Amadon, 1980

Un taux d’application de 20 tonnes /acre/année a été suffisant pour compenser l’effet d'une culture continue qui ne retourne que peu de résidus au sol. Les teneurs en matière organique du sol ont été maintenues et le pH est demeuré près du niveau initial. Les fumiers de bovins laitiers et de volaille agissent comme amendement calcaire. Ce taux d’application a permis d’apporter davantage d’éléments nutritifs à la culture qu’elle n’en utilise. Les apports de matière organique ont amélioré l’agrégation du sol et augmenté sa porosité.

Quelle quantité de matière organique représente un taux d’application de 20 tonnes/acre ? Le fumier de bovins laitiers utilisé contenait 13 % de matière sèche, c’est donc dire que 5 200 livres de matières solides ont été ajoutées au sol. Après décomposition, environ 25 % de cette quantité serait ajoutée au réservoir de matière organique du sol. Dans un échantillon de sol prélevé à six pouces de profondeur, cette quantité représente un apport additionnel de 0,065 % de matière organique par année.

La gestion du champ dans l’étude en question représente presque le pire des scénarios. Des systèmes culturaux qui retournent les résidus de culture au sol, le protègent contre l’érosion et le recours au aux semis direct ou au travail minimum du sol ne nécessite pas autant d’apport de matière organique pour en maintenir ou en augmenter les niveaux dans le sol.

D’autres produits organiques peuvent être incorporés dans le sol et modifier les pratiques culturales. Le sujet sera abordé cet hiver dans d’autres articles.

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