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Rotation des cultures, élément-clé de l'agriculture biologique

Une bonne rotation des cultures constitue l'un des éléments-clés du succès de toute exploitation agricole. Elle permet à ceux qui pratiquent l'agriculture biologique de maximiser leur rendement et de lutter contre les ennemis des cultures. Il peut s'agir simplement d'alterner deux cultures différentes, ou d'établir un plan réparti sur de nombreuses années prévoyant une succession de plusieurs cultures et cultures de couverture choisies pour leur complémentarité.

Il faut tenir compte de bien des éléments dans la planification de la rotation des cultures.

  1. Quels sont les besoins de l'exploitation en termes d'aliments pour animaux, de paille et de pâturages?
  2. Quels sont les débouchés dans les quelques années à venir?
  3. Quels sont les moyens de lutte contre les insectes, les maladies et les mauvaises herbes?
  4. Quels sont les besoins concernant la qualité du sol?

Besoins de l'exploitation agricole

Il faut au départ être en mesure de répondre aux besoins de l'exploitation agricole en soi. Ainsi, sur une ferme comptant des bovins laitiers, il faut prévoir assez de foin ou d'ensilage chaque année pour nourrir le troupeau. Il en va de même pour les graminées, à moins que l'on ne puisse en acheter à un coût moindre que ce qu'il en coûte pour les produire. Il faut aussi prévoir les besoins en paille pour la litière, les besoins en pâturages et autres.

Débouchés

On tentera de prévoir comment se comporteront les marchés et quels seront les prix des diverses cultures pour mieux saisir les occasions. Les prix de l'année en cours sont de peu d'intérêt. Ce sont les prix de l'année suivante qu'il faut prévoir. Dans l'établissement des produits d'exploitation, les prix ne comptent cependant que pour la moitié de l'équation.

Une bonne rotation devrait permettre de faire augmenter les rendements de façon constante sur plusieurs années. Pour remédier aux problèmes de fertilité ou lutter contre les ennemis des cultures, les producteurs traditionnels peuvent avoir recours à des engrais ou à des pesticides, des moyens auxquels en bonne partie les producteurs biologiques n'utilisent pas.

Insectes, maladies et mauvaises herbes

Depuis longtemps, on considère que la rotation des cultures constitue la meilleure solution de lutte contre des insectes comme la pyrale du maïs. Une bonne rotation atténue les problèmes de maladies comme les pourritures des racines et la moisissure blanche, ou de nématodes. Inversement, de mauvaises rotations les intensifieront. L'orge, le blé et l'épeautre sont des cultures apparentées qui souffrent des mêmes affections. On voudra éviter qu'elles ne se suivent dans la rotation. L'avoine par contre est peu touchée par les ennemis des cultures mentionnées et constitue donc un bon choix à inclure dans la rotation avec elles. Les producteurs biologiques qui ont cultivé du soya plusieurs années d'affilée sur un même rang constateront un accroissement de la pression exercée par les mauvaises herbes annuelles. Une culture que l'on récolte l'été, des petites céréales par exemple, permet de réduire la pression exercée par les mauvaises herbes vivaces du fait que ces dernières se trouvent coupées avant de monter à graines. Cette pratique donne aussi l'occasion de travailler le sol au cours de l'été et de permettre aux cultures de couverture de faire entrave au cycle biologique des mauvaises herbes et autres ennemis des cultures. Les cultures pourvues d'un couvert dense peuvent tenir en échec les mauvaises herbes annuelles plus petites.

Qualité du sol

Bien des facteurs concourent à la qualité du sol. Les cultures de légumineuses et les cultures de couverture enrichissent le sol d'azote, pour le bénéfice des cultures suivantes. Certaines cultures, comme le seigle ou le canola, peuvent nuire à une culture de maïs qui les suivrait dans la rotation, à moins d'une gestion attentive. Ce phénomène est dû à l'allélopathie, en l'occurrence aux effets sur des microorganismes comme les mycorhizes. On améliore la structure du sol en choisissant une culture qui produit un fort volume de racines fines, une graminée par exemple. L'incorporation de résidus de cultures dans le sol est sans doute le meilleur moyen d'enrichir le sol de la matière organique nécessaire au maintien des microorganismes qui s'y trouvent. La plupart des cultures de haricots présentent des systèmes racinaires peu développés et laissent peu de résidus. En général, il est indiqué de faire suivre une culture de graminées d'une culture à feuilles larges (dicotylédone) et vice versa.

Il n'existe pas de recette miracle dans le choix d'une rotation des cultures adéquate. Il faut tenir compte des avantages à long terme (sur plus de cinq ans) pour l'exploitation agricole dans son entier, et non seulement les coûts et bénéfices des 12 prochains mois.

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