Le sulfate d'ammonium (AMS) et le glyphosate

Il est très bien documenté que certains cations de l'eau dure peuvent réduire l'activité du glyphosate (par exemple, Ca++). Cet antagonisme peut entraîner la formation de sels de glyphosate de faible solubilité. Ces sels de glyphosate ne sont pas absorbés aussi facilement par la plante, ce qui entraîne par conséquent une réduction du contrôle des mauvaises herbes. Les exploitants agricoles américains ajoutent du sulfate d'ammonium (AMS) au glyphosate comme solution économique pour surmonter cet antagonisme car l'AMS entrave la formation de sels de glyphosate de faible solubilité. L'ajout d'AMS au glyphosate n'est pas enregistré en Ontario.

L'application d'eau par vaporisation n'est pas la seule source de cations. Les tissus des plantes peuvent produire des cations antagonistes qui s'introduisent sur la surface des feuilles lorsque la rosée ou la pluie humidifie les feuilles. Cela pourrait expliquer pourquoi l'ajout d'AMS au glyphosate a amélioré le contrôle de certaines espèces de mauvaises herbes, même lorsque le glyphosate est mélangé à l'eau déionisée.

Une étude effectuée par Gavin Hall et ses collaborateurs (2000) a permis d'examiner la composition des cations sur la surface des feuilles d'abutilon, de liseron des champs et de sorgho d'Alep. Le contrôle de ces mauvaises herbes a été évalué en appliquant du glyphosate avec et sans l'ajout d'AMS. Leurs résultats montrent que la meilleure réponse du contrôle des mauvaises herbes par l'ajout d'AMS au glyphosate a été observée pour l'abutilon, avec le liseron des champs en deuxième position. Il y avait peu de différence dans la réponse du sorgho d'Alep aux traitements au glyphosate avec et sans AMS. La réponse à l'AMS reflète les concentrations relatives de calcium à l'intérieur des tissus foliaires car l'abutilon contient la plus forte concentration de Ca++, suivi du liseron des champs et du sorgho d'Alep. Les résultats de l'étude de Hall suggèrent que le calcium présent sur la surface des feuilles et à l'intérieur des tissus de la plante peut entraver l'activité du glyphosate.

L'ajout d'AMS au glyphosate n'est pas enregistré en Ontario. Les bénéfices de l'ajout d'AMS dépendent des mauvaises herbes que l'on veut contrôler et de leur taille. Certaines espèces de mauvaises herbes ne montrent aucune augmentation de la réponse avec l'ajout d'AMS. D'autres espèces de mauvaises herbes, comme l'abutilon, sont très bien contrôlées par le glyphosate seul, pourvu que les plantes soient petites et en croissance active. Cependant, si la plante est sous stress environnemental ou si elle a atteint l'extrémité terminale de sa fenêtre d'application, l'étude Hall suggère que l'AMS peut apporter des bénéfices.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca