Importance du choix du moment des traitements herbicidesLa tendance à recourir de plus en plus aux herbicides de postlevée se maintient. Ces traitements sont efficaces, mais leur gestion est délicate autant dans les cultures traditionnelles que dans les cultures tolérant les herbicides. Il ne faut pas se laisser duper par le battage publicitaire! La simplicité apparente de la tolérance aux herbicides fait oublier aux producteurs la gestion plus délicate que les cultures tolérant les herbicides leur imposent. Les programmes de lutte contre les mauvaises herbes dans les cultures tolérant les herbicides obligent quand même les producteurs à consacrer du temps à la gestion de leurs cultures. Comme la plupart des traitements de postlevée n'ont pas d'effets rémanents ou alors très peu, le choix du moment est capital pour assurer la réussite de ces traitements. Des périodes critiques de lutte contre les mauvaises herbes ont été établies pour de nombreuses cultures. Toutefois, ces périodes reposent sur des généralisations. Or, la situation doit être observée et évaluée au cas par cas. Les directives portant sur les périodes critiques de lutte contre les mauvaises herbes ont été élaborées à partir de recherches menées partout en Ontario. Ces périodes ont un caractère dynamique. Elles coïncident habituellement avec les stades 3-8 feuilles du maïs et les stades 1-3 feuilles trifoliées du soya. Elles peuvent varier d'une année à l'autre et d'un champ à l'autre. Le début de la période et sa durée sont influencés par de nombreux facteurs, dont les conditions climatiques, le moment de la levée des mauvaises herbes, la densité des mauvaises herbes, les espèces de mauvaises herbes, le type de sol et la densité du feuillage de la culture. Le dépistage sur le terrain et la tenue de bons registres sont des moyens de s'assurer que les traitements seront ciblés en fonction de la période critique de lutte contre les mauvaises herbes. Certaines tendances sont prévisibles. Dans les sols sableux légers, surtout si le temps est sec en début de saison, la concurrence des mauvaises herbes s'exerce à un stade plus précoce de la culture que dans les sols à texture moyenne ou fine. Si les mauvaises herbes lèvent en même temps que la culture, indépendamment du type de sol, le traitement herbicide doit se faire plus tôt, afin d'éviter les pertes de récolte attribuables à la concurrence des mauvaises herbes.
Figure 1. Influence du choix du moment des traitements au glyphosate sur le rendement du maïs tolérant cet herbicide. La figure 1 illustre les effets du choix du moment des traitements au Roundup sur le rendement du maïs dans différents types de sol et selon que le maïs est cultivé en semis direct ou soumis à une méthode traditionnelle de travail du sol. La moyenne des quatre essais (diagramme en bâtons) ne révèle qu'une faible influence du choix du moment des traitements sur le rendement. Toutefois, dans les sols sableux (graphique linéaire simple) fortement infestés de chénopode blanc et de pied-de-coq, des pertes de rendement considérables ont été subies lorsque l'intervention n'a pas été faite au moment optimal. Les rendements ont baissé rapidement lorsque les traitements herbicides ont été faits passé le stade 5 feuilles du maïs. De telles pertes de rendement sont lourdes de conséquences économiques. Le moment optimal où effectuer le traitement herbicide a coïncidé avec le stade 5 feuilles du maïs. Lorsque les traitements ont été faits au stade 6 feuilles, les rendements sont passés de 136 à 124 boisseaux/acre, ce qui représente une perte de profit net de 60 % par acre. Lorsque les traitements ont été retardés jusqu'au stade 7 feuilles, les rendements sont tombés de 136 à 112 boisseaux/acre, soit une perte de profit de 111 % (selon les hypothèses posées). Seulement 4 et 10 jours séparent le stade 5 feuilles des stades 6 et 7 feuilles. Ces chiffres font ressortir l'importance de parcourir les champs pour déterminer le moment optimal où faire les traitements herbicides de postlevée. La figure 2 ne révèle aucune réduction marquée du rendement du maïs en fonction du moment du traitement. Le rendement tend à diminuer à mesure que le traitement herbicide est retardé, mais il y a une plus grande variabilité dans les données. Cette figure fait ressortir le fait que les retards dans les traitements n'entraînent pas toujours des pertes de rendements importantes. Même si la situation de chaque champ est différente, l'observation sur le terrain n'en demeure pas moins importante. Pour ne pas s'exposer à des pertes de rendement attribuables à la concurrence des mauvaises herbes, le producteur doit déterminer quel est le meilleur moment où effectuer les traitements herbicides dans ses champs. Toute généralisation pourrait se révéler désastreuse.
Figure 2. Influence du choix du moment des traitements au glyphosate sur le rendement du maïs tolérant cet herbicide. Le producteur qui se fie à une seule stratégie pour choisir le moment où effectuer les traitements herbicides se rend vulnérable. Afin de réduire les risques auxquels il s'expose, il a intérêt à utiliser tous les outils à sa disposition pour choisir le moment des traitements et lutter contre les mauvaises herbes. Dans le cas des traitements de postlevée, les recherches indiquent que plus le traitement se fait tôt, plus il est rentable, malgré le fait qu'à la fin de la saison, les populations de mauvaises herbes paraissent plus importantes dans les champs qui ont été traités plus tôt. Les interventions précoces visant à supprimer les mauvaises herbes qui lèvent en même temps que la culture, soit celles qui exercent la concurrence la plus forte sur la culture, rapportent gros. À l'inverse, le fait de retarder les traitements jusqu'à ce que les dernières mauvaises herbes aient levé, soit celles dont la concurrence est peu menaçante, peut coûter très cher! Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
|
|||||||