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L'épandage de fumier en hiver

L'épandage de fumier en hiver : un sujet « brûlant » d'actualité. Mais pourquoi ? Selon le guide des pratiques de gestion optimale sur l'épandage de fumier, « on ne devrait épandre du fumier sur des sols gelés et/ou enneigés qu'en situations d'urgence ». D'oł la recommandation d'édifier une fumière pouvant contenir au moins tout le fumier produit pendant la période hivernale, soit 240 jours.

L'épandage de fumier (ou biosolides) en hiver : s'agit-il de gestion des éléments nutritifs ou de gestion des déchets ? Y a-t-il apport d'éléments nutritifs lorsqu'on épand des engrais commerciaux sur des sols enneigés en hiver ?

Le danger de l'épandage d'hiver est le ruissellement. En effet, lorsqu'on épand du fumier sur des sols gelés ou, pire encore, sur des sols gelés couverts d'une épaisse couche de neige, les éléments nutritifs et les organismes pathogènes restent à la surface. Les éléments nutritifs ne peuvent s'infiltrer dans le sol gelé. Au moment du dégel printanier (souvent accompagné de pluies), la neige et le fumier s'écoulent vers une voie d'eau et peuvent aboutir dans un ruisseau ou une rivière. Résultat : de l'eau contaminée !

D'ailleurs, l'épandage de fumier dans les champs pose aussi un risque, même s'il n'y a pas écoulement vers un ruisseau, puisque le fumier pourrait s'accumuler dans les dépressions du sol. Les éléments nutritifs, en concentration élevée, pourraient s'infiltrer sous les racines et, éventuellement, dans les eaux souterraines.

Une autre question revient fréquemment : « Quel mal y a-t-il à épandre du lisier sec qui ne s'étalera pas ? ». Le lisier sec est composé, lui aussi, d'éléments nutritifs et d'organismes pathogènes qui se mélangeront à l'eau. Il y a donc toujours un risque de contamination des eaux de surface.

Peut-on tout de même épandre du fumier en hiver ? Une telle occasion ne s'est pas présentée à l'hiver 2000-2001 marqué par une neige abondante. Mais, si l'hiver était plus clément, on pourrait sans doute épandre du fumier à cette saison.

Pour minimiser de façon appréciable le risque de ruissellement, il faut que le lisier soit incorporé aussitôt après avoir été épandu. Par incorporer s'entend creuser à au moins quatre pouces de profondeur et mélanger le fumier à la terre. Il importe de laisser le sol motteux et de labourer les collines afin de réduire le risque d'érosion. Il ne faut pas ratisser le sol, sauf aux endroits oł il y a danger d'érosion. Afin de réduire davantage le risque de contamination des eaux de surface, il faut éviter d'épandre près de cours d'eau (au moins 50 pieds pour les sols loameux avec une faible inclinaison). Dans bien des régions, l'épandage de fumier en hiver n'est pas réalisable, parce que les sols sont trop humides.

Le débat sur l'épandage de fumier en hiver va se poursuivre. Des règlements interdiront peut-être cette pratique. Mais, il me semble que la meilleure solution à ce débat soit une méthode pragmatique qui tienne compte des risques et les réduise sans bannir complètement l'épandage de fumier en hiver.

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