Les mauvaises herbes résistantes !

La liste des mauvaises herbes résistantes aux herbicides, et des comtés où on les retrouve, ne cesse de s'allonger! Depuis 1997, des diagnostics de résistance aux herbicides du groupe 2 (tels que Pursuit, Pinnacle, Classic, Ultim, etc.) ont été confirmés chez l'amarante à racine rouge, l'amarante de Powell, la petite herbe à poux et la morelle noire de l'Est, dans des champs de soja en Ontario. Vos champs font-ils partie de ce dilemme ?

Si vous avez trouvé des mauvaises herbes qui ont survécu à un programme herbicide qui les visait, et si vous n'arrivez pas à trouver de bonne raison pour laquelle ce programme n'a pas marché comme il le devait, il se pourrait que vous soyez devant un cas de résistance aux herbicides. Le signe le plus courant d'une résistance est la destruction de toutes les espèces de mauvaises herbes sauf une, une espèce qui aurait normalement dû succomber au programme herbicide. Les mauvaises herbes résistantes se remarquent souvent au début par plaques ou lignes le long des passages de la moissonneuse-batteuse. Au bout de quelque temps, ces espèces résistantes se répandront dans tout le champ.

Avant de déclarer qu'une mauvaise herbe est devenue résistante, passez en revue tous les facteurs pouvant expliquer que le traitement n'a pas réussi à la tuer. Les mauvaises herbes qui lèvent après un épandage d'herbicide non résiduel peuvent fausser le diagnostic. Certaines espèces sont naturellement plus tolérantes à certains herbicides. Un mauvais réglage du pulvérisateur, l'omission d'un adjuvant, la mauvaise configuration des jets, une pénétration du feuillage insuffisante, la pulvérisation faite à une époque où les mauvaises herbes y sont moins sensibles ou à un moment où les conditions météorologiques sont défavorables, sont autant de facteurs qui peuvent expliquer que des mauvaises herbes aient échappé au traitement, sans qu'il s'agisse de résistance aux herbicides.

Les précautions suivantes aideront à limiter et/ou à prévenir la résistance des mauvaises herbes :

  • Pratiquer la rotation des cultures. Alterner les cultures et les herbicides.
  • Éviter d'employer le même herbicide, ou des herbicides appartenant au même groupe, dans le même champ, plusieurs années d'affilée.
  • Éviter d'utiliser des herbicides ayant le même mode d'action plus d'une fois par saison.
  • Mélanger dans la cuve deux produits ou plus dont les effets se complètent pour détruire plus sûrement la mauvaise herbe ciblée, en veillant à ce que les produits appartiennent à des groupes n'ayant pas le même mode d'action.
  • Consigner avec soin, sur des registres, les rotations culturales et les programmes de désherbage qui sont appliqués dans chacun des champs, et noter en particulier le temps qu'il faisait au moment d'une pulvérisation. Dessiner une carte et y situer les endroits où se trouvent des espèces résistantes de façon à les surveiller de près durant les prochaines campagnes.
  • Utiliser des semences propres et veiller à nettoyer les machines avant de passer dans un autre champ.
  • Inspecter les champs après un traitement herbicide pour voir si des mauvaises herbes ont survécu ou s'il y a des changements dans les populations. Si on découvre une mauvaise herbe ou une population susceptible d'être résistante, mettre en œuvre les moyens de lutte qui s'affrontent pour les empêcher de fleurir et de répandre leurs graines dans le champ. S'il faut envisager un traitement de rattrapage, choisir un herbicide appartenant à un groupe différent.


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