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Maximiser la valeur du fumier !

Le fumier est riche en éléments nutritifs et en matière organique. Il l'est aussi en odeurs et en agents pathogènes, ce qui en fait un produit exigeant une « bonne » gestion. Nous devons changer d'attitude face au fumier et le gérer comme une « ressource » dont il faut maximiser la valeur !

L'Ontario possède un grand cheptel qui constitue un débouché local pour les récoltes ontariennes. Ce marché local, notamment pour le maïs, garantit aux producteurs ontariens de meilleurs prix pour leurs récoltes. Cependant, ce grand cheptel produit du fumier.

Une ferme sans bétail n'a évidemment aucun coût de manutention à ce chapitre. Cela signifie qu'une ferme d'élevage doit associer entièrement ses coûts d'entreposage et de manutention de fumier à l'entreprise d'élevage elle-même. Le coût de la manutention diminue lorsque celle-ci permet d'utiliser le plein potentiel des éléments nutritifs du fumier. Cela améliore la rentabilité de l'entreprise d'élevage. La matière organique que contient le fumier aide à améliorer la structure du sol (surtout le fumier solide) et l'augmentation de productivité du sol qui en résulte augmente aussi la valeur du fumier.

Du côté négatif, l'épandage du fumier demande du temps et de la main-d'œuvre. L'idéal, c'est que l'épandage se fasse au moment où la récolte a besoin d'éléments nutritifs. Dans le cas du maïs, le meilleur moment est le printemps, juste avant les semences.

Cependant, la compaction du sol ou le retard à ensemencer en raison de l'épandage du fumier peut réduire le rendement. La situation est sans issue !

Tout est une question de gestion ! Celle du fumier varie d'une ferme à l'autre en fonction du type de fumier, de la superficie, de la rotation des récoltes, du type de sol, de la disponibilité du matériel et de la main-d'œuvre, de la quantité de fumier à manutentionner et de la distance entre les voisins, pour ne nommer que quelques facteurs. Chaque éleveur de bétail doit décider de la meilleure utilisation de la ressource fumier, ce qui demande parfois des compromis. Un éleveur peut devoir faire un choix entre la perte de valeur nutritive et l'efficacité de la main-d'œuvre. Ainsi, lorsque le temps compte, l'épandage de fumier sur du trèfle rouge après la récolte du blé, plutôt que sur un champ à ensemencer en maïs, est un bon exemple de compromis courant.

Voyons plutôt : une exploitation d'engraissement de 1 000 porcs doit manutentionner approximativement un demi-million de gallons de fumier liquide par année. L'analyse type des éléments nutritifs donne environ 33 lb d'azote disponible (lorsqu'il est immédiatement mélangé au sol), 14 lb de P205 et 21 lb de K20 pour 1 000 gallons. Selon les prix des fertilisants en 2001, le fumier pourrait valoir jusqu'à 24 $ les 1 000 gallons. Supposons que l'épandage du fumier coûte 1 cent le gallon.

À raison de 5 000 gallons par acre de maïs, on obtient une plage de presque 100 $ pour la valeur du fumier, tout dépendant de la gestion. Le fumier peut valoir jusqu'à 70 $ l'acre, ou son épandage peut coûter 28 $ l'acre au producteur.

Afin d'obtenir une valeur nutritive de 70 $ (après soustraction des coûts d'épandage), le fumier doit être épandu au printemps et mélangé immédiatement au sol. Les éléments nutritifs doivent être incorporés à un champ dont les résultats d'analyse du sol sont de moyens à élevés lorsque le fumier remplace un engrais chimique.

À l'autre bout de l'échelle, pour que l'épandage coûte 28 $ l'acre au producteur, le fumier doit être manutentionné comme un déchet. Les éléments nutritifs sont appliqués là où ils ne sont pas nécessaires, les résultats de l'analyse du sol étant élevés, ou en plus d'un engrais chimique. Le fumier est répandu à la surface et non mélangé au sol, de sorte que la majeure partie de l'azote s'évapore. L'épandage du fumier coûte alors de l'argent !

Dans des champs ayant déjà des résultats d'analyse du sol excessifs, l'épandage de fumier ajoute à la « banque d'éléments nutritifs » du sol, mais ce « compte en banque » ne contribuera pas à la récolte avant au moins 20 ans et ne fait qu'augmenter les risques de contamination de l'environnement.

Je le répète : la gestion est le facteur clé pour donner de la valeur au fumier !

Coût d'épandage moyen d'un engrais chimique

Méthode d'épandage

Nombre de prix relevés

Coût ($/acre)

Épandage d'engrais sec

119

6,00 $

Location d'un distributeur de vrac solide

13

8,50 $

Anhydre

54

11,50 $

Épandage liquide par bandes latérales

30

8,50 $

Source : MAAARO Tarifs perçus en 1997 et 2000 pour des travaux agricoles à forfait en Ontario

 

Coût d'épandage moyen du fumier

Type d'épandeur

Nombre de prix relevés

Coût moyen

Chargement seulement - fumier solide

28

44 $ l'heure

Épandage seulement - fumier solide

59

57 $ l'heure

Chargement et épandage - fumier solide

34

82 $ l'heure

Irrigation de surface - fumier liquide

16

7,90 $ les 1 000 gal.

Irrigation de surface - fumier liquide

3

167 $ l'heure

Injection par tuyau à la traîne

2

8 $ les 1 000 gal.

Injection par tuyau à la traîne

1

145 $ l'heure

Épandage de surface par camion citerne

9

8 $ les 1 000 gal.

Épandage de surface par camion citerne

34

102 $ l'heure

Injection par camion citerne

1

165 $ l'heure

Transport par camion

3

62 $ l'heure

Location d'épandeuse à fumier

3

150 $ par jour

Source : Tarifs perçus en 1997 et 2000 pour des travaux agricoles à forfait en Ontario

  • Les tarifs perçus pour l'épandage du fumier utilisés dans le logiciel de gestion des éléments nutritifs s'établissent à 1 cent/gallon ou 10 $ les 1 000 gallons pour l'irrigation du fumier liquide et à 3 $ la tonne pour le fumier solide.
  • Coûts approximatifs de l'engrais : Azote, 0,33 $/lb ; phosphore, 0,35 $/lb ; potasse, 0,16 $/lb.

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