Essais 2001

En 2001, les rendements du soya accusent une baisse marquée dans la majorité de la province. Bien que des rendements inférieurs à 25 boisseaux/acre soient inhabituels la plupart des années, cette année, ils semblent constituer la norme plus que l'exception. Quelles seront les répercussions de ces piètres rendements sur les données générées par les bandes d'essai et les essais de cultivars sur de petites parcelles? Peut-on se fier aux résultats d'essais en plein champ ayant donné des rendements de l'ordre de 15 à 20 boisseaux/acre, compte tenu que le même essai aurait donné un rendement supérieur à 40 boisseaux/acre au cours d'une année moyenne? Sur quoi les producteurs doivent-ils se baser pour choisir leurs cultivars de soya pour 2002 et les années subséquentes?

Les essais de cultivars ont pour but essentiellement de faire ressortir les cultivars qui offrent le plus haut potentiel de rendement pour une région donnée. Or, les rendements sont influencés par de nombreux facteurs, qu'on peut classer grosso modo en deux grandes catégories : ceux qui ont trait aux conditions environnementales et ceux qui relèvent du potentiel génétique du cultivar. Comment devons-nous envisager les données recueillies au cours d'essais réalisés les années qui ont été marquées par des conditions de croissance irrégulières comme celles que nous avons connues en 2001?

Lorsqu'une saison de croissance est soumise à des stress tels qu'un manque d'humidité et de fortes populations d'insectes, les facteurs ayant nui au rendement sont avant tout d'ordre environnemental. Les sélectionneurs de végétaux trouvent ces années utiles, car elles leur permettent de déceler les cultivars qui présentent des traits particuliers, la tolérance à la sécheresse ou la résistance aux attaques des insectes, par exemple. Sous de bonnes conditions de croissance, ces différences entre les cultivars peuvent passer inaperçues, ce qui complique le travail des sélectionneurs de végétaux. Toutefois, ces traits sont moins utiles aux producteurs préoccupés surtout par la recherche d'un cultivar de soya qui offre les chances les plus grandes de leur procurer pour les années à venir les rendements les plus élevés qui soient.

Il n'est jamais judicieux de fonder une décision aussi importante que le choix d'un cultivar sur les données recueillies au cours d'une seule année. Ce principe est d'autant plus vrai cette année. S'il fallait se fier uniquement aux données de 2001, il y a fort à parier que l'on prendrait une mauvaise décision. Le moyen le plus fiable de choisir le meilleur cultivar qui soit est de tenir compte d'une moyenne de rendement sur 3 ans. Ainsi, le rendement reflète le potentiel du cultivar sous des influences environnementales et génétiques moyennes. Ce principe s'applique autant aux bandes d'essais à la ferme qu'aux essais de rendement officiels. Le Comité ontarien des cultures oléagineuses publie un rapport annuel sur les cultivars mis à l'essai dans cinq régions d'unités thermiques différentes. Ce rapport sera divulgué à l'assemblée annuelle de la Commission ontarienne de commercialisation du soya les 6 et 7 décembre 2001. Les données comprennent à la fois les moyennes sur 2 et 3 ans pour chacune des régions d'unités thermiques à l'étude. Compte tenu des années inhabituelles que nous avons eues à la fois cette année et l'an dernier, les données les plus révélatrices sont sans doute les moyennes sur 3 ans.

Au moment de choisir un cultivar, il est également important de bien tenir compte de l'environnement qui caractérise la ferme. Nous vous conseillons donc de vous intéresser aux données recueillies dans le cadre d'essais officiels réalisés dans les zones les plus rapprochées de votre ferme et non seulement aux données provenant de zones de mêmes unités thermiques. Les semenciers effectuent énormément d'essais chaque année dans de nombreuses régions de la province et disposent d'information utile relative à votre région. Cherchez à savoir s'il y a des bandes d'essais dans votre région et parlez à vos voisins. Avant de prendre une décision, analysez également bien votre type de sol ou les problèmes de maladie propres à vos champs. Si le nématode à kystes du soya a déjà envahi un champ, par exemple, il est sans doute plus judicieux d'inclure dans la rotation un cultivar résistant plutôt qu'un cultivar ayant procuré les meilleurs rendements à votre voisin.


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