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Défis et Promesses de l'Agriculture Biologique

On compte actuellement plus de 600 exploitants de fermes certifiées biologiques en Ontario. Au Canada, la valeur à la ferme des produits biologiques représenterait environ 500 millions de dollars par an. Or, selon moi, environ 25 % de cette production provient de l'Ontario. L'agriculture biologique fournit environ 1-1,5 % de nos produits agricoles. Même s'il s'agit d'un faible pourcentage, il n'en reste pas moins que le secteur de l'agriculture biologique affiche une croissance de l'ordre de 20 % par an depuis plus de 10 ans, ce qui constitue une croissance impressionnante quel que soit le secteur d'activité.

Bien que les prix dépendent toujours de la qualité offerte, les prix du soya biologique de bonne qualité se situaient récemment dans la fourchette de 18 à 20 $/boisseau. Quand au maïs biologique, j'ai eu vent de prix allant de 7 à 9 $/boisseau. Ces prix sont impressionnants, mais comment les obtenir?

Une étude menée l'an dernier par le M. Alan Hall de l'Université de Windsor auprès de 256 exploitants voués à l'agriculture biologique révèle que la superficie moyenne des fermes pratiquant l'agriculture biologique est de 217 acres, desquels 173 sont occupés par des terres cultivées. Bon nombre de ces fermes sont également intégrées et possèdent quelques acres réservés aux cultures fruitières et légumières. Certaines fermes possèdent des superficies plus vastes consacrées aux cultures des haricots verts, des pois et du maïs sucré de transformation. On trouve des animaux sur seulement 51 % de ces fermes.

L'un des défis de l'agriculture biologique est de savoir répondre aux besoins des cultures en éléments nutritifs et en lutte antiparasitaire. Les producteurs qui pratiquent l'agriculture biologique refusent d'utiliser bon nombre des outils, dont la plupart des pesticides et des engrais commerciaux, qu'utilisent leurs voisins s'adonnant à l'agriculture traditionnelle. Les fermes biologiques ont recours à de plus longues rotations des cultures, incluent des cultures de couverture et travaillent le sol à des moments cruciaux pour combattre les mauvaises herbes et les ravageurs. On y retarde par exemple les semis de soya jusque vers la fin mai, de manière à ce que le travail du sol en présemis détruise la première flambée de mauvaises herbes, puis on utilise la houe rotative ou la herse pour détruire encore davantage de mauvaises herbes en germination - juste avant leur levée. Ces stratégies donnent des résultats plus variables que les méthodes traditionnelles; leur réussite est davantage liée aux habiletés de gestionnaire de l'exploitant et aux conditions météorologiques.

Ces dernières années, j'ai parlé à bon nombre de producteurs qui tirent de leurs cultures de soya biologique des rendements qui, bien qu'inférieurs aux normes traditionnelles, n'en demeurent pas moins acceptables et rentables compte tenu des prix en cours. Ils font observer que la culture continue du soya ne donne pas de bons résultats, car elle dégrade la structure du sol et favorise trop de mauvaises herbes. Leur défi est de trouver une rotation des cultures qui soit profitable. Sur les fermes d'élevage, il est toujours possible d'établir des prairies de fauche et de pratiquer d'autres cultures fourragères destinées aux animaux d'élevage biologique. Depuis quelques années, avec l'expansion du secteur de l'élevage biologique, la demande d'aliments biologiques pour les animaux a augmenté. De nouveaux marchés pour le maïs et les céréales biologiques destinés à l'alimentation animale sont en expansion. Les marchés d'exportation pour un éventail de produits biologiques continuent également de croître.

Le blé et l'épeautre biologiques sont des céréales d'automne qui jouissent de marchés intéressants dans les domaines de la minoterie et de la boulangerie. Le sarrasin et le seigle d'automne sont très utilisés comme cultures de couverture pour renforcer la lutte contre les mauvaises herbes, mais ils offrent aussi un certain attrait sur les marchés au comptant.

L'agriculture biologique pose de nombreux défis. Certains agriculteurs me disent que les défis liés à la production sont surmontables, mais que les problèmes de commercialisation sont plus difficiles à résoudre. Il est primordial de bien connaître les exigences du marché et de concevoir un système de production qui y répond. Il y a beaucoup à apprendre au moment de se lancer en agriculture biologique, mais les exploitants qui réussissent affirment y trouver un grand plaisir.

Nota : Le poste de chef de programme, agriculture biologique, est nouveau au sein du département de Phytotechnie du MAAARO. Soyez à l'affût d'autres articles sur le sujet dans les numéros à venir du Bulletin grandes cultures.

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