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L'ABC de la planification du programme de fertilisation

L'accent qui est mis actuellement sur les plans de gestion des éléments nutritifs fait ressortir l'importance de planifier quand et où faire les applications d'engrais et d'éléments nutritifs. Loin d'alourdir inutilement la paperasserie, ces plans peuvent contribuer à accroître la rentabilité d'une exploitation.

La première étape dans la planification d'un programme de fertilisation consiste à déterminer quels sont les éléments nutritifs totaux qu'il faut appliquer. Pour ce faire, on tient compte des cultures pratiquées et de l'analyse de sol effectuée pour le champ en cause. Le fait d'appliquer davantage d'éléments nutritifs que les besoins révélés par l'analyse de sol peut à l'occasion apporter une légère augmentation de rendement, mais celle-ci est rarement suffisante pour compenser les coûts de l'engrais supplémentaire.

La deuxième étape consiste à évaluer toute source d'éléments nutritifs produits à la ferme. Les légumineuses, particulièrement les légumineuses fourragères, peuvent fournir une grande quantité d'azote à la culture qui suit. Le fumier peut fournir les trois macro-éléments fertilisants. On ne peut déplacer d'un champ à l'autre une culture de légumineuse utilisée comme engrais vert, mais il est possible d'épandre du fumier là où il sera le plus profitable. Sur bien des fermes, le fumier est appliqué sur les champs à l'avant de la ferme plus souvent que sur ceux qui sont reculés, de telle sorte que ce sont les champs reculés qui risquent de bénéficier le plus des apports d'éléments nutritifs.

Une fois les éléments nutritifs produits à la ferme retranchés des besoins en éléments nutritifs totaux, on sait combien d'engrais minéral appliquer pour une croissance optimale. Reste à répartir cette quantité entre le traitement appliqué par le semoir (engrais de démarrage) et le traitement de pleine surface. La proportion de chacun dépend de la culture et de la quantité à appliquer. Le maïs et les céréales réagissent très bien à un engrais de démarrage riche en phosphore appliqué avec la semence ou à proximité de celle-ci, de telle sorte qu'il faut incorporer aux semis la plus grande quantité possible de l'engrais phosphoré total nécessaire. L'engrais de démarrage épandu en bandes doit comprendre de l'azote, à raison de une partie d'azote pour quatre partie de phosphate. Un peu de potasse peut être inclus dans le traitement en bandes, mais il faut prendre garde que l'azote total additionné de la potasse ne dépasse pas les taux qu'il est prudent d'appliquer. Le reste de l'engrais peut être épandu à la volée et incorporé au sol, ou, si l'azote est le seul élément nécessaire, il peut être épandu en bandes latérales.

Contrairement aux cultures de graminées, le soya réagit très peu, sinon pas du tout, à un engrais de démarrage. Si les besoins en engrais minéral sont faibles, celui-ci peut être appliqué en bandes à l'aide du semoir. Autrement, un traitement de pleine surface comporte beaucoup moins de risques de brûler la culture.

Ce sont là des étapes simples qui constituent les bases d'un programme de fertilisation rentable. Ce n'est que si ces bases sont en place qu'il est possible d'obtenir de bons résultats à la suite des apports d'engrais ou des traitements destinés à rectifier les concentrations d'oligo-éléments.

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