Lutte contre le ver-gris occidental
dans les haricots secs
C'est maintenant (ou presque) la période du pic d'activité
du ver-gris occidental du haricot (VGOH), soit près de trois semaines
avant le pic de l'an dernier. Une bonne partie des champs de maïs
commence à être moins intéressante pour les VGOH.
Leurs prochaines cibles sont les champs semés tardivement qui ne
sont pas encore au stade de la floraison mâle, mais s'il n'y en
a pas dans le voisinage, les vers-gris s'attaqueront aux haricots secs
et aux haricots mange-tout. Comme le VGOH continuera à pondre des
ufs au cours des deux ou trois prochaines semaines, il faut poursuivre
le dépistage dans les champs de maïs et de haricots secs.
Le dépistage et la surveillance des parcelles de haricots secs
sont toutefois plus difficiles.
Il est presque impossible de trouver des ufs et des larves de VGOH
dans les haricots secs. Ils se comportent de manière tout à
fait contraire à ce qu'on observe dans le maïs. Ainsi, ils
aiment pondre leurs ufs sur le revers des feuilles des haricots
secs et préférablement sur celles qui sont situées
au cur de la couverture végétale. Les larves s'attaquent
un peu aux feuilles, puis à mesure qu'elles se développent,
elles commencent à se nourrir uniquement la nuit et à s'attaquer
aux gousses dans lesquelles elles creusent des galeries. On comprend donc
que le dépistage de ces ravageurs est plutôt frustrant dans
les haricots secs. Les seuils d'intervention établis au Nebraska
et dans d'autres États de l'Ouest américain ne semblent
pas être appropriés pour les haricots secs cultivés
dans la région des Grands Lacs.
Nous recommandons plutôt d'adopter une méthode en trois
étapes.

Figure 1. Gros plan d'un trou d'entrée
causé par le VGOH
Provenance : Chris DiFonzo (Université de l'État du Michigan)
Étape 1. Surveiller les pièges pour établir la
période du pic de vol dans la région.
On aura une idée du moment du pic de vol en plaçant deux
pièges dans chaque champ de haricots. On prévoit que les
gousses seront attaquées 10 à 20 jours après le pic
de population des noctuelles. S'il n'y a pas de pièges dans vos
champs, tentez tout de même de savoir la période à
laquelle se produit le pic de population dans la région. Plus de
400 pièges contre le VGOH font partie du réseau de surveillance
de cet insecte en Ontario et au Québec. On peut vérifier
le nombre de captures à l'adresse suivante : www.cornpest.ca/default/index.cfm/wbc-trap-network/weekly-maps-of-wbc-trap-catches/
Étape 2. Faire du dépistage dans les champs de maïs
voisins qui ne sont pas encore au stade de floraison mâle.
Comme on l'a dit plus haut, le comportement du VGOH est complètement
différent dans le maïs que dans les haricots secs. Dans le
maïs, le dépistage des ufs de VGOH est beaucoup plus
facile, car ils sont relativement visibles et ils sont déposés
sur le dessus des feuilles. On peut alors faire le dépistage dans
un champ de maïs qui n'a pas encore atteint le stade de floraison
mâle à proximité du champ de haricots secs. C'est
justement la période pour faire ce dépistage. Parcourir
cinq sections du champ de maïs et marcher lentement sur une distance
de 20 plants.
Suivre les conseils utiles que j'ai affichés sur des blogues précédents
(en anglais seulement) intitulés : WBC
Eggs Found in Fields in Ontario et Facts
You Need to Know to Scout and Manage WBC in Corn. Si 5 % des plants
inspectés ont des masses d'ufs, alors le champ de haricots
secs est aussi à risque. Il est encore cependant nécessaire
de vérifier si les gousses sont attaquées afin de planifier
le moment idéal des traitements (voir l'étape 3).
Étape 3. Vérifier les dommages aux gousses dans les champs
de haricots secs.
Les traitements contre le VGOH peuvent être efficaces dans les
champs de haricots secs une fois qu'on trouve les dommages aux gousses.
Les dommages aux gousses apparaissent normalement 10 à 20 jours
après le pic de vol des noctuelles (Étape 1). Mais là
encore, il faut bien vérifier que les gousses ont commencé
à être attaquées, afin que le traitement insecticide
soit efficace. Certains producteurs du Michigan tentent dès maintenant
de faire des traitements contre le VGOH dans les champs de haricots secs,
avant même que les gousses soient formées, ce qui n'est pas
le bon moment pour lutter efficacement contre ce ravageur dans les haricots
secs. Il faut attendre que les gousses soient formées pour que
le VGOH soit présent sur ces dernières. Le fait d'effectuer
les traitements une fois que les gousses sont présentes permet
de maximiser les chances de combattre les larves avant qu'elles n'occasionnent
des dommages économiques. Les pulvérisations trop hâtives
en l'absence de gousses sont inefficaces, et il faudra refaire un autre
traitement lorsque les gousses auront besoin d'être protégées.
Lorsque les traitements sont effectués au bon moment alors que
l'insecte s'attaque aux gousses, il reste une quantité acceptable
de résidus d'insecticide qui protègent la culture pendant
environ une semaine durant la période critique.
Examiner 20 plants dans cinq sections d'un champ de haricots secs. Il
peut y avoir des déprédations sur les feuilles, mais cela
ne cause pas de dommages économiques. Examiner les gousses pour
vérifier les lésions en surface et les orifices d'entrée.
Ne pas confondre les lésions superficielles causées par
les adultes de la chrysomèle du haricot. Si les dommages sont causés
par ces dernières, il devrait être facile de retrouver ces
insectes. En l'absence de chrysomèles, les dommages sont fort probablement
attribuables au VGOH.
Les traitements doivent donc être effectués une fois qu'on
a trouvé des lésions sur les gousses. L'insecticide Matador
est homologué contre le VGOH dans les haricots secs. Voir les doses
recommandées dans le
supplément 2010 du Guide de protection des grandes cultures du
MAAARO
Figure 2. Captures de VGOH dans l'est
de l'Ontario (18 au 24 juillet 2010)
Figure 3. Captures de VGOH dans le sud-ouest
de l'Ontario (18 au 24 juillet 2010)