Ce
qui est peu commun devient plus fréquent -Moisissure noire (Cladosporium)
Pendant
la récolte de maïs les moisissures de l'épi deviennent un sujet
d'actualité. Cette année ne fait pas exception, surtout pour le
producteur près de London ou des états américains avoisinants
les Grands Lacs. En fait la région du sud ouest a connu moins de moisissures
de l'épi que prévu étant donné la température,
sans pour autant dire qu'il n'y en a pas. Comme chaque année on rapporte
certains champs ou points chauds dans la province, mais vu les conditions climatiques
de fin de saison, ces moisissures de l'épi (Gibberella, Fusarium et Diplodia)
seraient préoccupantes si nous en étions au même point que
les autres années. D'autres comme Cladosporium, d'habitude peu préoccupantes
la plupart du temps, sont plus répandues cette année, mais contrairement
à Gibberella et à Fusarium, Cladosporium ne produit pas de mycotoxines.
Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de Gibberella ou de Fusarium,
qui sont souvent plus à craindre quand l'automne est humide ou dans les
champs où la culture a subi beaucoup de blessures dues aux insectes, de
dégâts causés par les oiseaux, ou qui sont affectés
par une faible pollinisation ou d'autres facteurs comme une grande sensibilité
de l'hybride. Les caractéristiques génétiques des hybrides
(certains sont plus sensibles que d'autres et comme chaque année, le producteur
doit bien surveiller la performance des siens) et le milieu environnemental influent
sur le développement des pourritures de l'épi.
En Ontario
les trois principales pourritures de l'épi sont causées par Gibberella,
Fusarium et Diplodia et dans une moindre mesure par Penicillium et Cladosporium.
La couleur et la distribution de l'infection sur l'épi permettent d'identifier
assez facilement de laquelle il s'agit.
Par exemple, même si les
deux, Gibberella et Fusarium, produisent une moisissure de couleur blanche qui
rend difficile de les distinguer, Gibberella présente une coloration typique
rouge ou rose foncé presque pourpre qui commence à l'extrémité
de l'épi alors que l'infection due au Fusarium produit une moisissure de
blanche à rose ou de couleur saumon et il arrive qu'on observe des "
stries blanches " ou un " rayonnement " à la surface des
grains infectés répartis autour de l'épi.
Gibberella
(Gibberella zeae) est la pourriture de l'épi la plus répandue et
la plus importante en Ontario suivie de la pourriture fusarienne de l'épi
du maïs. Même si de nombreuses espèces de champignons appartenant
au genre Fusarium peuvent être responsables de ces symptômes, la principale
espèce en cause en Ontario est Fusarium verticillioides (auparavant Fusarium
moniliforme). Gibberella et Fusarium sont les deux plus importantes moisissures
à cause de leur potentiel de produire des mycotoxines aussi si les grains
sont destinés aux animaux, une analyse des mycotoxines doit faire partie
des pratiques courantes. Voir au tableau 1 une liste des laboratoires effectuant
des analyses de mycotoxines.
Des trois principaux types de pourritures
qui touchent l'épi en Ontario, Diplodia est le moins fréquent et
le symptôme caractéristique est une moisissure blanche qui commence
à la base de l'épi et qui finit par couvrir et faire moisir l'épi
au complet. De la moisissure dans laquelle sont noyées de petites protubérances
noires (les pycnides) peut aussi se former sur les spathes. Les pycnides sont
les organes reproducteurs du champignon, elles produisent de nouvelles spores.
Contrairement à Gibberella et à Fusarium, Diplodia ne produit pas
de toxines connues.
Quatre autres types de pourritures peuvent s'attaquer
au maïs en entreposage en Ontario. Ce sont Penicillium, Aspergillus, Cladosporium
et Alternaria et on les trouve en quantités variables chaque année.
Penicillium et Aspergillus produisent des moisissures de couleur verte à
bleu vert, alors qu'Alternaria et Cladosporium produisent une moisissure noire
et sont considérés comme des pathogènes fongiques "
opportunistes ".
C'est surtout le Cladosporium qui a été
la moisissure de l'épi dominante aux alentours de London et vers le nord
cette année. Le retard de la récolte, en plus de la mort prématurée
de la culture à cause du gel, a contribué au problème causé
par Cladosporium. Cladosporium ainsi que d'autres moisissures de conservation,
se propagent principalement à la surface du grain (espèce colonisatrice
de surface) ou entre les grains et par conséquent, ne sont pas réputées
de grandes colonisatrices. Pendant le séchage du maïs le producteur
peut s'attendre que la moisissure fongique sèche aussi et que quelques
frictions comme au moissonnage battage puisse en faire disparaître du moins
une partie.
Le producteur doit connaître les moisissures de conservation
puisqu'elles peuvent réduire la valeur des aliments pour animaux, la valeur
marchande et affaiblir la germination, décolorer la semence, provoquer
de l'agglutination, de la chaleur et des brûlures d'entreposage. Comme mentionné
plus tôt, certains de ces champignons (Fusarium, Gibberella) peuvent produire
des toxines et constituer une menace pour le bétail.
Il est primordial
pour le producteur d'aérer le maïs entreposé, de maintenir
les températures et les teneurs en humidité adéquates, de
combattre les insectes, de minimiser les blessures mécaniques et de nettoyer
la cellule de stockage. Des inspections régulières et l'élimination
des grains endommagés ou des fines particules aident à maîtriser
la croissance des moisissures en entreposage. Les poussières et les grains
endommagés sont favorables au début de croissance des moisissures
qui se propagent par la suite aux grains sains. Pour une gestion judicieuse des
poussières, se référer à l'article de Helmut Spieser
dans ce numéro de CropPest Ontario intitulé " Éliminer
les poussières de la récolte de maïs 2009 ".
Tableau
1. Laboratoires effectuant des analyses de mycotoxines
A & L
Canada Laboratories Inc.
2136 Jetstream Road
London (Ontario) N5V 3P5
519 457-2575
http://www.al-labs-can.com
Agri-Food Laboratories
Unit
# 1, 503 Imperial Rd. N.
Guelph (Ontario) N1H 6T9
519 837-1600
1 800
265-7175
http://www.agtest.com
Agribrands Purina
Strathroy Central
Laboratory
127 Zimmerman St. S.
P.O. Box 303
Strathroy (Ontario) N7G
3W3
519 245-9600
Laboratoire d'hygiène vétérinaire
Division des services de laboratoire
Box 3612
Building 49, McIntosh Lane
Université de Guelph
Guelph (Ontario) N1H 6R8
Téléphone
: 519 824-4120, p. 54530
Télécopieur : 519 821-8072
http://www.labservices.uoguelph/units/ahl/
Services de laboratoire
Université de Guelph
95 Stone Road
West
Guelph (Ontario) N1H 8J7
519 767-6299
http://www.labservices.uoguelph.ca/units/ahl/
Shur-Gain
600 James St. South
St. Marys, (Ontario) N4X 1C7
519
349-2152
Stratford Agri-Analysis
P.O. Box 760
1131 Erie Street
Stratford (Ontario) N5A 6W1
519 273-4411
http://www.stratfordagri.ca

Figure 1 - Extrémité de l'épi avec moisissure allant du rouge
au rose foncée caractéristique de Gibberella (MAAARO - Albert Tenuta)

Figure
2 - Apparence de " stries blanches " ou de " rayonnement "
sur les grains avec moisissure de blanche à rose autour de l'épi,
typique de la pourriture fusarienne de l'épi (MAAARO - Albert Tenuta)

Figure
3- Diplodia commence par une moisissure blanche à la base de l'épi
pour éventuellement le recouvrir en entier (MAAARO - Albert Tenuta)

Figure
4-Penicillium et Aspergillus produisent une moisissure de couleur verte à
bleu vert (MAAARO - Albert Tenuta)

Figure
5. L'infection de l'épi par Cladosporium se caractérise par une
moisissure noire à la surface du grain (photo gracieuseté de D.G.
White, University of Illinois).

Figure
6. Infection au Cladosporium (croissance de moisissure noire) autour de l'extrémité
de l'épi et sur le grain (photo gracieuseté de Gary Munkvold, Iowa
State University)

Figure
7. La croissance de Cladosporium se produit souvent entre les grains sous la forme
de moisissure noire (photo gracieuseté de Larry Osborne, South Dakota State
University)