Séchage et entreposage du maïs en 2009

Cette année la récolte a réservé bien des surprises et ce n'est qu'un début semble-t-il. Sans vouloir être pessimiste, rappelons-nous de 1992. La plupart des agriculteurs aimeraient oublier la récolte de 1992. Le maïs était beaucoup plus humide que la normale à la récolte, une partie du maïs était gelée, il a fallu dans certains cas deux passages au séchoir et certains " rebonds d'humidité " sont encore présents en mémoire. Les producteurs devront retourner à leurs notes parce c'est reparti. De nombreux facteurs ont convergé et voilà le résultat : un printemps pluvieux, un été frais, plus de précipitations que la normale pendant la saison de culture et enfin un gel précoce. Il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur et considérer ce qui est en termes de rendements et de teneurs en eau à la récolte. Se plaindre ne mène nulle part, voyons ce qu'il est possible de faire avec ces conditions de récolte assez anormales.

Figure 1. La récolte de maïs de 2009 va mettre à l'épreuve les connaissances des producteurs qui font sécher leurs grains.

Figure 1. La récolte de maïs de 2009 va mettre à l'épreuve les connaissances des producteurs qui font sécher leurs grains.

Moissonneuse-batteuse


Comme une partie du maïs ne sera pas encore à maturité ou sera plus humide que la normale, il faut régler la moissonneuse-batteuse pour minimiser les dommages à ce maïs plus fragile. En réduisant la vitesse du cylindre et en ouvrant le contre batteur on endommage moins les grains de maïs. Les grains plus humides ou qui ne sont pas parvenus à maturité ont plus tendance à l'endommagement mécanique qu'en temps normal. Le producteur doit tenter d'obtenir du champ un échantillon le plus propre possible parce que les fines constituent un problème récurrent de tous les aspects de séchage, d'aération et d'entreposage à long terme des grains à la ferme.

  • Réduire la vitesse du cylindre et ouvrir les contre batteurs.
  • Laisser les fines au champ.
  • Il n'y a plus beaucoup de séchage au champ à ce temps-ci de l'année.

Nettoyage des parois perforées


Cette année il faut nettoyer quotidiennement les parois perforées internes des séchoirs pour éviter l'accumulation de matières. L'accumulation sur la paroi perforée nuit au débit d'air et une réduction de ce débit peut à son tour ralentir la production. Cette accumulation peut aussi provoquer des incendies.

  • Nettoyer les parois perforées internes chaque jour.

Températures de séchage


Avec un grain plus humide que la normale le producteur est tenté d'augmenter les températures de plenum pour maintenir la capacité de séchage. Toutefois, si le poids spécifique du maïs n'augmente pas pendant le processus de séchage la température de séchage est trop élevée. Il faut abaisser les températures du plenum par tranche de 5 oC et vérifier si le poids spécifique augmente. Le maïs à mi zone laiteuse peut caraméliser aisément dans le séchoir à cause de la teneur élevée en sucre et du temps prolongé dans le séchoir. Des températures plus basses du plénum peuvent aider. La variabilité de la teneur en eau d'un grain à l'autre affecte tous les types de séchoirs. À leur passage dans le séchoir, tous les grains auront une teneur en eau réduite d'environ la même quantité mais pas jusqu'au même niveau. Les grains avec une teneur en eau plus élevée auront encore une teneur plus haute que les grains plus secs à leur sortie du séchoir. Il est possible d'y voir en entreposage avec une aération adéquate. Il faut conserver les températures des grains sous les 50 °C à 60 °C (ou 120 °F à 140 °F). La température du grain n'est pas la même que la température du plenum. À mesure que le maïs sèche sa température se rapproche de celle du plenum mais elle l'atteint rarement.

  • Des températures de séchage plus élevées peuvent souvent réduire la qualité des grains.
  • Il faut abaisser les températures de séchage pour maintenir ou augmenter le poids au boisseau.
  • Surveiller le maïs non parvenu à maturité pour éviter sa caramélisation.
  • La teneur en eau varie d'un grain à l'autre à la fois avant et après le séchage.
  • Avec une bonne aération en entreposage les grains humides peuvent atteindre presque la même teneur en eau que ceux qui sont plus secs.
  • Maintenir les températures des grains inférieures à 50 °C à 60 °C (ou 120 °F à 140 °F).
  • Effectuer le séchage en deux étapes - l'humidité au champ atteint de 17 % à 18 % et le séchage final se poursuit pendant l'hiver.
  • Le séchage en deux étapes permet d'amorcer la saison du séchage.

Poids au boisseau


Le poids au boisseau doit augmenter pendant le processus de séchage. De façon générale on s'attend à une hausse d'une livre/boisseau de poids spécifique par extraction de 4 points de pourcentage de la teneur en eau, ou à une hausse de 0,25 lb le boisseau de poids spécifique par point de pourcentage de la teneur en eau extrait. Des températures de séchage plus élevées évacuent l'eau plus vite et peuvent provoquer des grains ventrus. Moins de grains ventrus sont contenus dans la mesure de ½ litre, ce qui abaisse le poids spécifique. Des températures de plenum de 95 °C (200 °F) ou plus élevées peuvent aggraver le problème. Le problème est moindre si on réduit la température de séchage entre 70 °C à 80oC (160 °F à 180 °F. Le maïs qui est loin d'avoir atteint la maturité montre peu sinon aucune augmentation de son poids spécifique s'il est traité dans un appareil à haute température, même si les températures dans le plenum sont basses.

  • On s'attend normalement à une hausse de 0,25 lb/boisseau par point de pourcentage d'eau extrait.
  • Il faut abaisser les températures de séchage de 5 °C ou 10 °F à la fois et noter le poids spécifique.
  • Le maïs non parvenu à maturité peut montrer ou pas de hausse du poids spécifique pendant le séchage.

Rebond d'humidité


En 1992, certains exploitants ont observé un rebond d'humidité. Le maïs qui était au champ avait connu un rebond après des périodes prolongées de temps pluvieux. Plus le maïs manquait de maturité plus ce " rebond " semblait se faire sentir. Au séchoir, les agriculteurs ont constaté des hausses des teneurs en eau de deux points de pourcentage et plus dans le maïs " sec " après le refroidissement. Une explication possible : l'eau dans les grains n'a pas migré à l'extérieur de ces derniers. Après un certain temps, cette eau se déplace vers l'extérieur du grain, et le maïs est plus humide que le producteur ne croyait. Les agriculteurs qui font sécher le maïs de la présente saison observent à nouveau des rebonds d'humidité.

  • Faire attention au rebond d'humidité et procéder le séchage en conséquence.

Détermination de la teneur en eau du maïs chaud


Des humidimètres électroniques peuvent sous-estimer la teneur en humidité du grain chaud qui n'a pas atteint l'équilibre, de 1 à 2 points de pourcentage. Pour obtenir une lecture exacte de la teneur en eau du maïs chaud, le laisser refroidir lentement dans un contenant fermé, comme un sachet à congélation, avant d'effectuer l'essai.

  • Laisser le maïs chaud refroidir dans un contenant fermé avant de déterminer la teneur en humidité.
  • Cette année il importe d'effectuer fréquemment cet essai.

Teneur en humidité finale


Cette année avec une teneur en eau élevée et variable du grain, il convient de sécher le maïs à une teneur en eau légèrement plus faible pour éviter les mauvaises surprises. Certains producteurs vont jusqu'à 14,5 % et d'autres jusqu'à 14 %. On a appris en 1992 que le maïs récolté à une teneur se situant en haut de la trentaine de points de pourcentage (30+ %) ou même au début de la quarantaine de points (40 %), ne se conserve pas aussi bien que du maïs récolté avec une teneur en eau inférieure à 30 %.

  • Sécher jusqu'à une teneur en eau assez faible, de 14 % ou 14,5 %.
  • La capacité de conservation du maïs de 2009 sera inférieure à celle des années normales.
  • Sécher jusqu'à une teneur en eau de 18 % et plus et garder au frais pour le moment, puis finir le séchage plus tard.

Fissures de chaleur


Les fissures de chaleur sont des fractures internes qui se produisent dans les grains de maïs et qui sont causées par un choc thermique. Ces fissures ne sont pas dues au processus de moissonnage battage ni aux vis sans fin ou à un autre dispositif de convoyage. Elles sont causées quand du maïs chaud est exposé à de l'air froid. Les fissures de chaleur ressemblent à de fins fendillements dans l'endosperme du grain, qui est situé juste sous la surface. Certaines fissures de chaleur se produisent pendant le séchage au champ mais le niveau de fendillement peut augmenter grandement pendant la manutention post récolte. Le séchage rapide et les vitesses de refroidissement sont parmi les facteurs dominants du développement des fissures. On peut facilement observer les fissures de chaleur en étendant des grains de maïs sur un tableau lumineux ou une table lumineuse, ou sur une lampe de poche avec une bordure autour de la lentille. En passant au travers des grains de maïs la lumière est réfractée. On observe des zones distinctes plus foncées et d'autres plus pâles dans les grains individuels. La ligne qui délimite la zone foncée et la zone claire est la fissure de chaleur, qui constitue un plan de rupture. Certains grains peuvent même être pourvus de plus d'une fissure. Les grains de maïs fendillés semblent entiers, quand on les déplace ou qu'on les échappe, ces grains se brisent le long de la fissure. Les grains de maïs fendillés produisent e plus en plus de grains brisés chaque fois qu'ils sont manipulés.

  • Tenter d'éviter que de l'air froid atteigne du maïs chaud.
  • Penser à une aération fraîche du maïs chaud quand il passe du sécheur et tombe dans le silo à grains où il refroidit lentement.
  • Le maïs chaud peut être doucement transféré à une teneur en eau un peu supérieure à la teneur finale souhaitée (de 1 à 1,5 points de pourcentage) hors du sécheur.

Élimination des particules fines


Les particules fines seront plus problématiques cette année. Le maïs plus humide est plus difficile à battre et il en résulte une plus grande production de fines et de grains cassés. Les producteurs voudraient tous en conserver le plus possible dans le maïs parce que " ça peut être payant ça "! Cette année, il faut à tout prix éviter les particules fines. Elles peuvent compliquer tous les aspects du séchage, de l'aération et de l'entreposage de cette récolte de maïs. Les fines et les grains cassés en petits morceaux peuvent remplir les minuscules vides entre les grains de maïs dans le séchoir et les silos à grains. Dans le séchoir et les silos à grains les fines peuvent restreindre la circulation de l'air. L'air circule par la voie la plus facile entre les grains et c'est généralement la zone avec très peu de fines, sinon aucune. La zone comportant plus de fines dans le séchoir ne s'assèche pas aussi vite que le reste de la colonne et dans un silo la zone avec des fines n'est pas refroidie aussi rapidement par l'aération, si elle l'est. Les zones avec des particules fines peuvent être plus humides que le maïs et elles ne seront pas aérées aussi vites dans le silo. Il en résulte du gaspillage en entreposage.

  • Éliminer les fines par criblage en plusieurs endroits du système.
  • Les fines provoquent des problèmes de circulation d'air.
  • Le cucujidé dentelé des grains, le cucujide roux et le ciron de la farine se nourrissent tous des grains cassés et des impuretés.
  • Les insectes s'attaquant aux grains en entreposage se nourrissent et se reproduisent rapidement dans les impuretés.
  • Les insectes qui se nourrissent de champignons apparaissent les premiers.
  • Les grains cassés ont plus tendance à favoriser la croissance fongique.

Figure 2. Cette année il vaut mieux laisser le plus de fines possibles au champ. Les particules fines peuvent compliquer tous les aspects d'un bon séchage et d'une bonne aération.

Figure 2. Cette année il vaut mieux laisser le plus de fines possibles au champ. Les particules fines peuvent compliquer tous les aspects d'un bon séchage et d'une bonne aération.

Vidange des silos à grains


Le maïs s'endommage facilement pendant la récolte, le séchage et la manutention. Si le producteur enlève les fines il est plus tranquille le reste de l'année. Toutefois, il en reste encore qui arrivent dans le silo. Elles se concentrent près du centre du silo ou se retrouvent en cercle autre part dans le silo. En concentrations suffisantes les fines peuvent nuire à la circulation de l'air dans ces zones du silo. Sans circulation d'air il pourrait y avoir détérioration. En vidant le silo le producteur enlève le grain du centre du silo, d'ordinaire la zone qui comporte la plus grande concentration de fines. Enlever deux ou trois chargements du silo et nettoyer ce grain. Les remettre dans le silo. Les fines sont pour la plupart éliminées et la circulation de l'air est meilleure. Une approche moins recommandée serait d'enlever quelques chargements et de les remettre dans le même silo sans les nettoyer. Les fines ne sont pas éliminées mais elles sont redistribuées dans la partie centrale du silo. Elles entraveront peut-être moins la circulation de l'air.

  • Vider les silos après le remplissage ou pendant la manœuvre.
  • Nettoyer le maïs qui est prélevé et le remettre dans le silo.
  • Un choix moins souhaitable serait d'enlever trois chargements et de les retourner au même silo sans les avoir nettoyés.

Aération de maintenance


Il faut surveiller les silos avec attention à mesure que l'hiver approche et pendant toute la saison froide. Le producteur voudra vérifier régulièrement ses silos et les aérer pour maintenir la température du maïs assez près des températures extérieures à 5 °C près. Lors des inspections courantes du silo, démarrer le ventilateur et passer la tête à l'intérieur et aspirer de l'air. S'il y a une odeur hors de l'ordinaire, il faut inspecter plus avant et prendre des mesures au besoin. Le maïs qui n'est pas tout à fait parvenu à maturité ne se conserve pas aussi bien que le maïs à maturité, le producteur doit donc gérer l'entreposage des céréales de manière encore plus attentive cette année.

  • Aérer régulièrement pour éviter une circulation convective de l'air.
  • Maintenir la température du grain à + 5 °C de la température moyenne extérieure.
  • Détecter les odeurs atypiques en " mettant le nez " dans le silo.
  • Une inspection visuelle permet parfois de prévoir les problèmes à la source.

Figure 3. Le maïs ne séchera probablement plus beaucoup au champ à partir de maintenant. Qu'est qui convient ou pas pour le séchage en 2009?

Figure 3. Le maïs ne séchera probablement plus beaucoup au champ à partir de maintenant. Qu'est qui convient ou pas pour le séchage en 2009?

 


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