Syndrome
de la mort subite, chancre de la tige et flétrissure fusarienne dans le
soya
C'est
à nouveau le temps de l'année où les maladies du soya de
fin de saison comme le syndrome de la mort subite (SMS), le chancre de la tige
et la pourriture brune se manifestent. Même si elles apparaissent aussi
à d'autres moments, c'est maintenant qu'elles sont les plus apparentes
quand la culture de soya entre dans les stades reproductifs de sa croissance.
Pour ce faire la plus grande partie de l'énergie de la plante commence
à passer d'un stage végétatif (feuilles, tiges, racines,
etc.) à la production et au remplissage des gousses. Lors de ce changement,
les mécanismes de défense de la plante sont réduits (surtout
en présence de stress), ce qui permet aux nombreux organismes responsables
de ces maladies de fin de saison de commencer le processus d'infection.
Voici
certaines maladies qui ont commencé à se manifester ces dernières
semaines. En sachant quelles maladies sont présentes vous pouvez à
l'avenir prendre de meilleures décisions pour choisir quelles variétés
utiliser.
Le syndrome de la mort subite (SMS) est
un bon exemple pour illustrer comment le changement dans la croissance du soya
augmente sa sensibilité ou permet l'expression d'un symptôme. Le
SMS est une pourriture des racines causée par une souche plus virulente
et plus agressive du champignon pathogène terricole répandu Fusarium
solani. Bien que l'infection se produise souvent dans les 6 semaines de la levée,
les symptômes ne se développent ou ne deviennent apparents qu'au
stade reproductif du mi remplissage des gousses. Même si on trouve souvent
le SMS dans les champs qui sont infestés par le nématode à
kyste du soya, il peut aussi se manifester en l'absence du nématode. En
pénétrant les racines, le nématode crée des ouvertures
ou des blessures qui ouvrent l'accès au tissu interne des racines pour
le champignon causant le SMS. La maladie prolifère. À l'heure actuelle
le recours à des variétés de soya tolérantes reste
la méthode la plus efficace pour contrer le SMS. Vérifiez auprès
de votre semencier comment se classent les variétés tolérantes.
Symptômes. En plus des symptômes typiques
sur les racines, les plants infestés commencent à montrer des taches
jaunes entre les nervures sur les feuilles (chlorose internervale). À mesure
que la maladie progresse ces taches s'agrandissent, dans les cas graves jusqu'à
ce que les tissus entre les nervures soient brunis et secs. Les feuilles s'enroulent
à partir du rebord extérieur. Le tissu foliaire se désintègre
éventuellement (et il tombe) ne laissant que les nervures de la feuille.
Pendant tout ce processus les nervures restent vertes. La défoliation prématurée
et la mort du plant sont souvent les prochains symptômes. Dans la plupart
des cas, les pétioles (tiges des feuilles) des plants morts restent rattachés
à la tige.
Si on coupe la racine et la tige, on voit une décoloration
légèrement grise ou brune des tissus à l'intérieur
du cortex, qui va de la racine pivotante à la tige. Même si les symptômes
foliaires ressemblent à ceux de la brunissure de la tige, dans les plants
atteints de SMS la moelle (le centre) de la tige reste blanche alors que dans
ceux atteints de brunissure la moelle est brune et elle se désintègre.
Le chancre de la tige peut causer la fonte et la flétrissure
des semis, mais il s'attaque plus souvent aux plants de soya après la floraison.
Les symptômes de la maladie sont souvent décrits comme un jaunissement
général des feuilles supérieures du plant, avec des lésions
rouge brunâtre qui se forment près des nuds inférieurs.
La lésion peut s'étendre de plusieurs centimètres, d'un seul
côté, mais ne va pas jusqu'au sol. En général le chancre
peut s'étendre à la longueur de la tige. Une coupe latérale
de la tige révèle d'abord un léger bruissement près
des nuds, suivi d'une désintégration complète de la
tige dans les plants sévèrement atteints. Les plants se flétrissent
soudainement et les feuilles et les pétioles s'affaissent comme dans les
cas du pourridié phytophthoréen.
Le champignon peut aussi
causer un dépérissement de la tige ou de l'extrémité
tard en saison. Dans ce cas, de quatre à six nuds ou branches du
plant tournent au brun foncé et comme son nom l'indique, la tige meurt.
Les plants de soya peuvent devenir vulnérables lors des changements physiologiques
au moment de la floraison.
Les champignons qui causent le syndrome de
la mort subite, la brunissure de la tige et le chancre de la tige survivent pendant
de longues périodes dans les résidus de culture enfouis dans le
sol. La pourriture brune sévit au début de la saison
de croissance, mais ses symptômes ne se manifestent qu'un mois avant la
récolte. Le chancre de la tige préfère un temps moyennement
chaud et pluvieux; il se manifeste entre la mi-juillet et la maturité.
Les plants infectés par le syndrome de la mort subite, eux, commencent
à présenter des symptômes entre la floraison et la maturité;
la maladie prolifère dans des sols frais et humides. Les champs les plus
susceptibles d'afficher les symptômes du syndrome de la mort subite sont
ceux qui sont bien fertilisés et vigoureux.
Comme son nom l'indique,
la flétrissure fusarienne provoque la flétrissure du plant de soya.
Elle est souvent confondue avec le pourridié phytophtoréen ou la
flétrissure phytophtoréenne. De loin les plants affectés
semblent atteints de pourridié phytophtoréen. Les plants touchés
ont des flétrissures sur le haut des tiges et les feuilles supérieures
sont brûlées. Les feuilles du milieu et du bas peuvent jaunir ou
avoir des taches jaune pâle (ternes). Dans les cas graves les feuilles s'assèchent
et s'affaissent prématurément, laissant le pétiole rattaché
au plant. Les feuilles restent aussi rattachées aux plants qui sont morts
du pourridié. Il n'y a pas d'indice de lésion de la tige ou de pourriture
externe atteignant les parties aériennes du plant comme avec Phytophtora.
Une coupe dans le sens de la longueur des racines et de la tige révèle
le brunissement de la moelle et des tissus vasculaires. On peut confondre avec
la brunissure de la tige de début de saison. Les racines infectées
par fusarium montrent souvent des mycéliums rouges, orange ou blancs.
La
flétrissure fusarienne, le pourridié fusarien et la rhizoctonie
de la fève soya sont les plus menaçantes quand les racines ou la
culture subissent un stress hydrique. Le stress peut interférer avec l'activité
normale du système racinaire du plant et par conséquent affecter
la croissance et augmenter le potentiel de maladie des racines.

Figure 1. Symptômes du syndrome de la mort subite

Figure
2. Lésion du chancre de la tige qui commence au nud