Pulvériser ou non contre les pucerons

Beaucoup d'appels nous sont parvenus cette semaine de producteurs et de représentants agricoles pour signaler que dans leurs champs, les populations de pucerons oscillent autour de 250 pucerons par plant. Avec le mauvais temps et la récolte du blé, certains se demandent s'il faut ou non pulvériser. En réalité, on entend dire que des champs sont parfois traités avant le seuil critique de 250 pucerons par plant au champ. Je suis CONTRE parce que j'ai souvent constaté que ça n'évite à personne de faire un traitement au bon moment, mais qu'en réalité ça multiplie les chances de devoir pulvériser à nouveau, l'intervention précédente ayant éradiqué les ennemis naturels qui tentaient de dévorer les ravageurs, qui eux sont restés vivants et ont proliféré.

Pour augmenter vos chances de ne devoir pulvériser qu'une fois, il vous faut attendre que le seuil d'intervention soit atteint, quand vous serez en mesure d'affirmer que les populations de pucerons augmentent et dépassent 250 ravageurs par plant.

. Populations élevées de pucerons

Figure 1. Populations élevées de pucerons

Voici les meilleures recommandations pour la situation actuelle.

  1. Dans les régions où les champs sont assez secs et où la culture semble soumise à un stress, prévoyez pulvériser juste au-dessus du seuil de 250 pucerons par plant, après que vous aurez déterminé de façon certaine que la population de pucerons est vraiment en hausse. C'est un indice que les ennemis naturels ne suffisent pas à la tâche et qu'il ne vaut plus la peine de les épargner.

  2. Dans les régions qui ont reçu à temps des pluies souhaitées et où la culture ne semble pas stressée, prévoyez pulvériser quand les pucerons commencent à atteindre autour de 400 à 500 pucerons par plant. Le seuil économique (quand le coût du traitement est égal au coût de maîtrise) se situe aux alentours de 600 à 700 pucerons par plant. Dans une culture saine vous pouvez attendre un peu pour voir si les ennemis naturels entrent assez vite en action et font baisser la population de ravageurs. L'expérience m'a enseigné qu'une fois que l'on atteint la marque des 400 à 500 pucerons par plant, il y a moins de possibilité que les ennemis naturels soient assez nombreux pour empêcher les pucerons d'atteindre le seuil des dommages économiques.

Faites aussi attention aux TÉTRANYQUES, surtout dans les régions qui n'ont pas reçu ces pluies. La récolte du blé commence et les tétranyques se dirigeront vers les champs de soya. Des pluies au bon moment pourraient aider à les combattre, mais ce ne sont pas tous les champs qui auront la chance de recevoir des averses.

Faites-nous savoir si vous commencez à voir des dommages dus aux tétranyques dans votre secteur!


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca