Le mauvais temps offre des défis à relever dans la lutte contre les mauvaises herbes

Le temps frais et pluvieux a provoqué bien des défis auxquels la plupart des producteurs devront faire face. Premier défi, pouvoir aller au champ pour pulvériser. Les producteurs ont dû s'exécuter avec du retard quand les conditions météorologiques étaient moins qu'optimales, ou les stades de croissance de la culture ou des mauvaises herbes pas très adéquats, ce qui a nui à une bonne maîtrise et qui, combiné à la phytotoxicité pour la culture, a provoqué des pertes de rendements par la suite. On a constaté aussi assez de dérive des pesticides vers des cultures horticoles plus vulnérables.

Deuxième défi, les mauvaises herbes communes ont levé plus tard qu'à l'ordinaire, ce qui a aussi compliqué le choix du bon moment pour pulvériser (p. ex. la culture avait dépassé le stade de croissance sécuritaire pour recevoir un traitement).

Troisième défi, on a signalé des peuplements de mauvaises herbes plus denses qui étaient favorisés par le temps frais et pluvieux, p. ex. pied-de-coq et stellaire moyenne.

Enfin le quatrième mais non le moindre, une maîtrise ou une réaction visuelle plus lente, ce qui a fait croire aux producteurs que l'herbicide avait peu d'effet. En réalité, les effets de l'herbicide étaient plus lents que d'habitude. On a voulu y remédier en donnant plus de traitements, ce qui malheureusement favorise le développement d'une résistance plus tard si on ne procède pas à une bonne rotation des produits.

Rappelons que les mauvaises herbes se propagent facilement et sont très adaptables. D'une année à l'autre la situation diffère dans les champs. Quand le temps est frais et pluvieux, le métabolisme des végétaux ralentit jusqu'à ce que les conditions s'améliorent, ce qui rend l'absorption du produit par la culture et la couverture de cette dernière plus difficiles.

Si nous avions un temps chaud et sec, les problèmes seraient différents. Par temps sec les mauvaises herbes ont des cuticules plus épaisses qui servent de barrière à l'absorption des herbicides et elles aoûtent avec des tiges épaisses et des systèmes racinaires profonds qui entrent en compétition avec les cultures pour soutirer l'eau du sol. Quand la chaleur est extrême les feuilles des plants s'enroulent pour minimiser la perte d'humidité, rendant plus difficiles encore une fois l'absorption de l'herbicide et une bonne couverture de traitement.

Une intervention au bon moment est encore plus importante quand les cultures subissent un stress à cause de la compétition des mauvaises herbes si les ressources se font rares, p. ex. les éléments nutritifs solides et l'eau à soutirer du sol en période de sécheresse.

Pour les producteurs, il vaut mieux surveiller avec soin les stades de croissance, tant des mauvaises herbes que des cultures, épandre les herbicides quand les mauvaises herbes sont en croissance et encore de petite taille pour obtenir une bonne maîtrise si les conditions climatiques sont moins favorables.
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