Chrysomèle
du haricot, scarabée japonais, sauterelles
même chose
quant aux seuils critiques
Vous me demandez quels sont les seuils critiques pour chacun de ces insectes
dans le soja. Ça revient au même peu importe de quel insecte il s'agit
: quel est le degré de défoliation causé? Le plant de soja
réagit de la même façon peu importe si la chrysomèle
du haricot, le scarabée japonais ou même la chenille du chardon se
nourrissent de ses feuilles. Ce qui importe c'est l'étendue des perforations
dans les feuilles.
La défoliation est souvent surestimée.
La plupart des insectes défoliateurs se nourrissent au sommet des plants
aussi quand vous effectuez le dépistage vous croyez voir beaucoup de dégâts.
Une fois que vous avez sorti le plant hors du sol et que vous examinez le reste
des feuilles vous vous rendez compte que les trous faits par les insectes ne sont
qu'en haut du plant. Comme le plant de soja continue de produire de nouvelles
feuilles il peut compenser pour bien des dégâts. Les feuilles qui
se trouvent sous celles qui sont très perforées augmentent en surface
puisqu'elles reçoivent plus de soleil au travers du couvert et peuvent
en emmagasiner toute l'énergie.
Aussi avant de prendre une décision
hâtive, tentez de bien évaluer la défoliation dans votre champ.
Du stade de croissance de la floraison (R1) à celui du remplissage des
gousses (R4), il faut une défoliation de 15 % avant qu'une pulvérisation
soit nécessaire. Toutes les feuilles du plant doivent montrer autant d'indices
que des insectes se sont nourris que la feuille de la figure 1.
En réalité
c'est plus important d'empêcher les ravageurs de se nourrir des gousses
une fois qu'elles sont formées, surtout dans le cas de la chrysomèle
du haricot. Le soja IP, le soja de qualité alimentaire et le soja de semence
ne peuvent tolérer qu'au plus 10 % des gousses montrant des signes que
les insectes s'en sont nourris pour nécessiter un traitement. Ce qui influe
le plus sur la qualité du soja c'est que des maladies des gousses peuvent
pénétrer dans les gousses endommagées, et non que les insectes
s'en sont nourris.
Dernier conseil avant de pulvériser
voyez
s'il y a des tétranyques et des pucerons dans votre champ. Si vous êtes
dans l'une de ces régions qui ont commencé à manquer de pluie,
les tétranyques pourraient commencer. Le fait de pulvériser avec
Matador contre les insectes défoliateurs pendant que des tétranyques
sont présents pourrait causer des flambées des populations de ces
derniers. Seul le diméthoate (Cygon ou Lagon) peut maîtriser les
tétranyques, c'est à retenir avant d'intervenir. Si des pucerons
sont présents, la pulvérisation contre les défoliateurs peut
éradiquer les ennemis naturels qui en ont gardé les niveaux plus
bas. Les populations de pucerons peuvent alors augmenter en l'absence d'ennemis
naturels. Une autre bonne raison de n'appliquer des insecticides qu'au moment
où les populations de ravageurs atteignent les seuils critiques.

Figure
1. De quoi a l'air la défoliation à 15 %. Tenter d'imaginer toutes
les perforations en un même endroit sur la feuille et de déterminer
la portion de feuille disparue si on combine tous les perforations. Photo gracieuseté
de Marlin Rice, Iowa State University.

Figure
2. Phase rouge de la chrysomèle verte

Figure
3. Scarabées japonais