Un nouveau ravageur s'en vient-attention au ver gris occidental du haricot

Un nouveau ravageur s'en vient en Ontario. Qu'il nous arrive cette année ou l'an prochain, nous devons être prêts. Le ver gris occidental du haricot (VGOH) est natif d'Amérique du Nord, il réside en Arizona et au Nebraska mais il a commencé à se propager à de nouvelles régions depuis l'an 2000 et il a survécu à l'hiver plus au nord et à l'est. Dans les états du Michigan et de l'Ohio on a piégé des papillons ces deux dernières années et au Michigan on a rapporté d'importants dommages dans quelques comtés à la fin de l'automne l'an dernier à cause d'une flambée tardive de papillons qui ont traversé le lac Michigan. L'Ontario est la prochaine région à laquelle le ravageur peut s'attaquer. Même si la première année l'arrivée de ces papillons ne causera pas nécessairement beaucoup de dommages, il faut sortir et commencer le dépistage dès que des papillons du ravageur se retrouveront dans nos pièges pour rester maîtres de la situation.

Le ravageur


Malgré son nom, le ver gris occidental du haricot est un ravageur qui s'attaque au maïs (maïs de grande culture, maïs sucré et maïs grain) de même qu'aux haricots comestibles (non au soya), et dans une moindre mesure à la tomate et aux solanacées. Contrairement aux autres vers gris, celui-ci préfère se nourrir du fruit du plant, p. ex. épis du maïs et cosses du haricot.

Les papillons adultes du VGOH sont faciles à distinguer des autres ravageurs du maïs. Chaque aile présente une bande blanche le long du rebord ou de la marge de l'aile et une marque en forme de " lune " ou de boomerang (figure 1).

Ver gris occidental du haricot. Noter les marques particulières sur les ailes (indiquées sur la photo). Photo gracieuseté de Marlin Rice, Iowa State University.

Figure 1. Ver gris occidental du haricot. Noter les marques particulières sur les ailes (indiquées sur la photo). Photo gracieuseté de Marlin Rice, Iowa State University.

Ses larves sont de couleur havane ou rose et ne présentent pas de verrues ou de taches (tubercules) comme la pyrale du maïs. La seule marque distinguant les larves est sur leur pronotum, la structure semblable à un bouclier située juste à l'arrière de la tête de la larve, qui porte deux larges bandes brun foncé (figure 2).

Larve de ver gris occidental du haricot. Noter les deux larges bandes brunes sur le pronotum (indiquées par une flèche). Photo gracieuseté de Marlin Rice, Iowa State University.

Figure 2. Larve de ver gris occidental du haricot. Noter les deux larges bandes brunes sur le pronotum (indiquées par une flèche). Photo gracieuseté de Marlin Rice, Iowa State University.

Cycle biologique


Le ver gris occidental du haricot passe l'hiver dans d'autres régions sous la forme de larves dans le sol. Les papillons adultes émergent et prennent leur envol fin juin, au début juillet ils pondent leurs œufs sur la surface supérieure des plus hautes feuilles des plants de maïs. Les hybrides dont les feuilles sont bien droites sont des endroits de prédilection pour la ponte. Les adultes sont attirés par les champs de maïs du stade verticille à ceux qui précèdent la floraison mâle, et iront vers les cultures de haricots comestibles pour pondre après que la culture de maïs a atteint le stade de la floraison mâle ou les suivants. Les œufs sont éclos au bout d'une semaine. Malheureusement les larves sont très mobiles et peuvent se disperser vers d'autres végétaux près du site de ponte d'origine aussi ces végétaux subissent-ils peut-être des dégâts provenant de la même masse d'œufs.

Sur le maïs, les jeunes larves se nourrissent de la panicule mâle et des soies jusqu'à ce qu'elles soient assez grosses pour creuser un tunnel dans l'épi et dévorer les grains de maïs. Les trous d'entrée sont parfois visibles sur l'extérieur des enveloppes, quoique les larves puissent aussi pénétrer au travers des soies (figure 3). Une fois qu'elles sont dans l'épi elles sont impossibles à déloger. Malheureusement le ver gris occidental du haricot n'est pas cannibale, par conséquent de nombreuses larves peuvent se nourrir du même épi, laissant peu de la culture à récolter si l'infestation est très importante (figure 4). Un autre impact sur la qualité est à prévoir à cause des pourritures et autres ravageurs secondaires qui peuvent infester les épis endommagés. Des évaluations des pertes de rendement du maïs dans d'autres régions indiquent que l'infestation d'un champ correspondant à une larve par épi peut causer une perte de 3,7 boisseaux l'acre.

Trous de pénétration des larves du VGOH. Photo gracieuseté de Chris DiFonzo, Michigan State University.

Figure 3. Trous de pénétration des larves du VGOH. Photo gracieuseté de Chris DiFonzo, Michigan State University.

 

Dommage à un épi de maïs causé par les larves du VGOH qui se sont nourries. Photo gracieuseté de Chris DiFonzo, Michigan State University.

Figure 4. Dommage à un épi de maïs causé par les larves du VGOH qui se sont nourries. Photo gracieuseté de Chris DiFonzo, Michigan State University.

Dans les haricots comestibles, les ravageurs pondent leurs oeufs sous les feuilles contrairement à ce qui se passe dans le maïs. Les larves naissent et peuvent se disperser vers plusieurs végétaux aux alentours. À l'origine elles se nourrissent des feuilles et des fleurs mais à mesure qu'elles grossissent, elles percent les gousses du plant et se nourrissent directement des semences de haricots. Une fois qu'elles sont à l'intérieur des gousses il est trop tard pour intervenir car les insecticides ne peuvent atteindre les larves à l'intérieur.

Surveillance en Ontario


Un réseau complet de pièges initié par l'Iowa State University s'est établi dans les états du Midwest et aussi en Ontario. Des adultes n'ont pas été pris au piège en Ontario en 2007 mais un réseau de pièges plus vaste sera instauré dès la semaine prochaine en Ontario en vue d'une meilleure détection. En tout il y aura 18 stations de surveillance avec des pièges réparties dans le sud de l'Ontario. Les résultats vous seront communiqués dans le bulletin.

Quand des papillons seront pris au piège, des messages d'alerte seront envoyés aux producteurs et aux intervenants de l'industrie indiquant quand et comment effectuer le dépistage des larves et les choix qui s'offrent pour les maÎtriser. Quant aux cultures transgéniques, seules les hybrides de maïs bt Herculex (Cry 1F) semblent offrir une certaine protection contre le ver gris occidental du haricot.

Continuez de nous lire pour plus de détails sur les techniques de dépistage, les seuils critiques et les stratégies de lutte dans les prochains articles du bulletin.



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