Est-ce
que ça pourrait être plre?
Plusieurs fermiers se rappelleront du printemps 2008, mais ils n'en garderont
pas de très bons souvenirs. Il y a eu du froid, beaucoup de pluie, assez
de risques de gel, un peu de soleil, quelques jours chauds, encore de la pluie
et du vent. La vie continue cependant et il faut pulvériser. Quand le matériel
agricole passe plus de temps à l'intérieur des bâtiments qu'aux
champs, la patience des producteurs est mise à rude épreuve. Même
en période difficile, ce ne n'est pas une raison pour prendre de mauvaises
décisions.
Étude de cas
Un fermier est en train de pulvériser
une culture. Cette photo parle d'elle-même. Non, le champ n'était
pas poussiéreux, il avait plu depuis trois semaines. On n'y remarque ni
les arbustes, le ciel, les champs nus ou ceux qui sont verts, ni le matériel,
que le résultat de la pulvérisation aérienne. Je ne connais
pas la vitesse ni la direction du vent à cet endroit, la photo n'est pas
de moi. Si le préposé qui effectuait cette pulvérisation
le souhaite, je peux lui en faire parvenir des copies.
Cette image n'est
pas édifiante. Personne ne devrait être témoin de telles situations
en circulant sur les routes. Même si personne n'avait pris de photo, il
faut éviter de telles situations. Les producteurs se vantent souvent d'utiliser
et d'épandre des produits antiparasitaires dans le plus grand respect de
l'environnement. Quand on est témoin d'une pulvérisation qui est
transportée aussi loin du pulvérisateur et aussi haut dans le ciel,
difficile de croire que le responsable " savait très bien ce qu'il
faisait ".
Que faire pour prévenir de telles situations?
- Vérifier la vitesse du vent.
- Vérifier la direction du
vent.
- Examiner les alentours, y a-t-il une rangée d'arbres, de
petits arbustes tout près?
- Regarder à l'arrière
de temps à autre, si le produit pulvérisé commence à
dériver.
- Réévaluer vos buses, les remplacer par des
buses à faible dérive, maintenant!
- Arrêter de pulvériser.
Dès qu'on parle de dérive, on se demande toujours quelle vitesse
maximale de vent est sécuritaire pour pulvériser. Il n'existe pas
de réponse simple à cette question. L'étiquette du produit
indique des vitesses maximales permises du vent pour pulvériser. Cela dit,
si vous pulvérisez avec des vents bien plus faibles que les vitesses permises
et que vous causez une dérive de produit - vous contrevenez à la
Loi sur les pesticides.
Certains facteurs peuvent avoir contribué
à la quantité de dérive sur cette photo. Si le vent passait
par-dessus la rangée d'arbres à un certain angle il peut tourner
et entraîner de petites gouttelettes vers le haut et vers le bas, dans un
tourbillon qui va croissant. Les gouttelettes se retrouvent alors plus à
l'arrière que prévu de l'appareil, et plus haut dans les airs que
l'on puisse imaginer.
Les préposés au pulvérisateur
doivent toujours évaluer les conditions environnementales dans le champ
à traiter et faire les réglages nécessaires pour éviter
la dérive. Dans certains cas, il n'y a pas d'autre choix que d'arrêter.
Certains producteurs en seront à tout le moins contrariés. Vous
devez faire tout en votre pouvoir pour obtenir une bonne pulvérisation
en tout temps, pas seulement quand ça vous convient. Que vous en soyez
conscients ou pas, des gens sont témoins de ce que vous faites et de la
qualité de votre travail. La société est ainsi faite que
personne ne viendra vous féliciter de votre bon travail, mais que l'on
remarquera une pulvérisation de piètre qualité et qu'on peut
parfois aussi en parler à d'autres

Figure
1. C'est irresponsable de la part du préposé de causer autant de
dérive et il faudrait dans ce cas faire immédiatement certains réglages
ou CESSER DE PULVÉRISER!