Un été favorable aux insectes : inspectez vos champs!

C'était un été favorable pour les insectes. Le temps chaud a accéléré leur croissance et les insectes ravageurs sont apparus au moins une semaine plus tôt qu'à l'habitude. De plus, le manque de pluie a stressé les cultures qui ne sont pas en mesure de développer rapidement de nouvelles feuilles pour compenser les dégâts. Je vous recommande fermement de bien inspecter vos cultures pendant le mois qui vient pour vous assurer que les ravageurs n'auront pas le dessus et n'augmenteront pas encore plus le stress infligé aux cultures.

Parlons d'abord des tétranyques dans le soya. Les pluies ont été très localisées, laissant certains champs encore très secs, ce qui est idéal pour les tétranyques. En allant au travail aujourd'hui j'ai vu certains champs avec des signes évidents de dégâts dus aux tétranyques. Parmi ces indices notons des zones, généralement au pourtour du champ, où les plants sont de couleur bronze. En examinant ces feuilles de plus près, vous y verrez des taches blanches ou jaunes à la surface des feuilles. Avec le temps elles s'assèchent, s'enroulent et tombent. Sur leur revers vous trouverez de fines toiles et pourrez peut-être distinguer à l'œil nu de très petits points noirs mobiles.

Secouez ces feuilles au-dessus d'une feuille de papier blanc et vous y verrez se déplacer les tétranyques. Il faut intervenir dès qu'il y a quatre tétranyques et plus par folioles, ou une feuille gravement endommagée par plant avant le stade de remplissage de la gousse. Si on intervient rapidement, un seul traitement localisé suffit pour maîtriser les points chauds, comme au pourtour du champ où les tétranyques arrivent.

Autre sujet préoccupant, les insectes défoliateurs du soya. En font partie entres autres la chrysomèle du haricot, l'altise à tête rouge, la sauterelle et la chrysomèle des racines du maïs adulte. Nous surestimons d'ordinaire la défoliation effectuée par ces insectes sur les plants, mais il faut être prudent une année où les plants sont stressés et les nouvelles feuilles poussent lentement.

Ne surestimez pas la magnitude de la défoliation. Le soya possède une incroyable capacité de résistance à une grave défoliation avant que son rendement s'en ressente. Souvent quelqu'un me montre un champ atteint selon lui d'au moins 30 % de défoliation, quand il s'agit plutôt de 5 à 10 %.

Pour bien évaluer le degré de défoliation, effectuez du dépistage dans 10 secteurs du champ. Évitez le pourtour du champ où l'activité des insectes est d'ordinaire plus élevée. Prélevez dans ces zones des feuilles trifoliées dans le haut, le milieu et le bas du couvert sur 5 plants. Jetez les folioles les moins et les plus endommagées de chaque feuille trifoliée recueillie. Comparez celles qui restent avec les tableaux de défoliation du Guide agronomique des grandes cultures. Du stade R1 (floraison) à R5 (remplissage des gousses), on intervient dès qu'il y a 15 % de défoliation. Une fois que la culture a dépassé le stade R5, on intervient seulement à 25 % de défoliation et on est plutôt attentif aux dégâts aux gousses qui ont été dévorées, ce qui influe sur la qualité des graines.

Enfin, si vous aviez crû que je parlerais des pucerons du soya, c'est un autre insecte qui retient mon attention dans les cultures de maïs. Je suis certaine que vous effectuez déjà du dépistage dans vos champs pour détecter le puceron du soya et vous voulez savoir qui remportera la partie, les pucerons du soya ou leurs ennemis naturels.

Autre insecte à craindre, la chrysomèle des racines du maïs adulte. Même si les adultes ne font d'ordinaire pas assez de dégâts en coupant les soies pour justifier une pulvérisation, ces ravageurs sont apparus une ou deux semaines plus tôt que d'habitude cette année et ils pourraient se retrouver dans ces champs où la culture est en train de passer du stade de la panicule aux soies. Le temps sec peut empêcher les plants de produire plus de soies pour remplacer celles qui ont été dévorées. Le maïs de grande culture peut supporter une présence élevée d'adultes, il en faut en général au moins 10 par épi avant que l'intervention ne soit nécessaire. Dans le maïs grain, on intervient si les populations adultes sont telles que les soies sont cassées et la pollinisation est interrompue. Il faut intervenir si les soies sont cassées à moins de 1,3 cm (1/2 po) du bout de l'épi.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca