Début du dépistage pour la flétrissure de Stewart

On a observé la semaine dernière des symptômes de flétrissure de Stewart dans certaines cultures de maïs grain dans le sud ouest de l'Ontario. Même si la plupart des variétés de maïs grain sont résistantes ou tolérantes aux bactéries, les lignées consanguines des hybrides du maïs grain et de ceux du maïs sucré montrent une susceptibilité différente à la flétrissure de Stewart. Cette maladie peut par conséquent être très dommageable dans la culture du maïs grain et celle du maïs sucré. Même si les producteurs ontariens ont détecté la maladie chaque année, ils n'ont pas connu de pertes notables depuis 2002.

Une étude annuelle des maladies du maïs grain et du maïs commercial menée par Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) d'Ottawa (Zhu, Reid, Woldemariam), en collaboration avec le MAAARO de Ridgetown (Tenuta, Van Herk), confirme ces observations (figure 1). De 1999 à 2002, les pourcentages des champs de l'Ontario recensés qui étaient atteints de la flétrissure de Stewart se situaient entre 30 et 55 %. Pendant les trois années qui ont suivi, les pourcentages étaient très faibles et ce n'est qu'en 2006 que l'on a constaté une augmentation (20 %).

Selon l'étude, la flétrissure de Stewart peut de nouveau être à la hausse après un bref répit.

Figure 1 - Selon l'étude, la flétrissure de Stewart peut de nouveau être à la hausse après un bref répit.

Stewart's wilt developmental trend line = Tendance de développement de la flétrissure de Stewart
Percentage of surveyed corn field = Pourcentage de champs de maïs recensés
Year = Année Ontario = Ontario Quebec = Québec

 

- La plupart du temps, les populations de l'altise du maïs reflètent la prévalence de la flétrissure de Stewart. Plus il y a d'altises, plus il y a de la maladie.


Figure 2 - La plupart du temps, les populations de l'altise du maïs reflètent la prévalence de la flétrissure de Stewart. Plus il y a d'altises, plus il y a de la maladie.


Corn flea beetle developmental trend line = Tendance de prolifération des populations d'altises du maïs
Percentage of surveyed corn field = Pourcentage de champs de maïs recensés
Year = Année Ontario = Ontario Quebec = Québec

L'altise du maïs est le principal vecteur de la maladie en Ontario et comme le montre la figure 2, la maladie est plus répandue les années où les populations d'altises sont plus élevées. Les hivers doux permettent la survie d'un plus grand nombre d'altises. À l'opposé, nos froids hivers canadiens tuent la plupart des altises du maïs. Les ravageurs passent des zones herbeuses aux plants de maïs adjacents, par conséquent la flétrissure de Stewart est d'ordinaire plus répandue le long des zones herbeuses du champ ou dans les zones où la pression des mauvaises herbes est plus grande.

Qu'avaient prédit les modèles sur les insectes pour 2007?

Depuis le début des années 1940 le système Steven-Boewe de prédiction sert à aviser les producteurs et les représentants des compagnies du risque potentiel de flétrissure de Stewart. Si l'infection est survenue tôt, cette maladie bactérienne provoque le flétrissement grave et la mort des plantules de maïs. Cependant, si l'infection s'est produite plus tard en saison, ce qui est le plus souvent le cas en Ontario, le feuillage porte de longue stries ondulées qui tournent ensuite au jaune puis au brun, revêtant une apparence similaires aux brûlures des feuilles. Le rendement est affecté mais aussi l'exportation des grains dès qu'il y a confirmation du diagnostic de flétrissure de Stewart. Plusieurs pays ont inclus la flétrissure de Stewart parmi les ravageurs justifiant une mise en quarantaine. Dans ces pays, les règles régissant la quarantaine exigent que les grains provenant de champs où l'on a confirmé la présence de flétrissure de Stewart doivent être analysés avant leur exportation et être certifiés exempts d'agents pathogènes. On peut confirmer la présence de flétrissure de Stewart au moyen d'une trousse de détection d'anticorps vendue dans le commerce.

L'insecte vecteur de cette maladie bactérienne est l'altise du maïs (fig. 3 et 4). Tous les modèles de prédiction connus tentent de déterminer le taux de survie de cet insecte. Plus l'insecte connaît un taux de mortalité élevé pendant l'hiver, moins le risque de flétrissure de Stewart est élevé.

Altise du maïs (photo de M. Rice)

Figure 3. Altise du maïs (photo de M. Rice)

Dans le système de prédiction mis au point par Steven et Boewe, on additionne les températures moyennes quotidiennes de l'air pour les mois de décembre, de janvier et de février. Ces critères servent à prédire si le risque de survie est modéré, élevé ou négligeable.

Plus récemment les chercheurs de l'université Iowa State ont élaboré leur propre modèle. Chaque température moyenne de l'air pour ces mois d'hiver reçoit un pointage si la moyenne est équivalente ou supérieure à -4,4 °C, et ce pointage est accumulé. Plus ces mois sont chauds, plus le risque de survie de l'altise du maïs est élevé, ce qui augmente le risque qu'un plus grand nombre d'insectes répandent les bactéries causant la flétrissure de Stewart.

Encore plus récemment des chercheurs se sont servis des moyennes de températures du sol pour ces mêmes mois d'hiver.

Symptômes de la flétrissure de Stewart

Figure 4 - Symptômes de la flétrissure de Stewart

Qu'avait prédit chacun de ces modèles?

Ce serait plus pratique si chacun des modèles prédisait les mêmes niveaux de risques pour chacun des emplacements recensés. Cependant, même avec des variations dans les prédictions, une tendance se dégage. Les conditions climatiques hivernales qui ont prévalu dans les champs du sud ouest de l'Ontario semblaient favoriser la survie de l'altise du maïs dans les trois modèles de prédiction.

En effet nous avons eu un autre hiver bizarre, où les deux premiers mois étaient plus chauds que les mois de février et de mars également. Ce dernier n'est pris en compte par aucun des modèles et il pourrait cependant avoir joué un rôle déterminant dans la mort des insectes. Comme le mois de mars n'a été inclus dans aucun des modèles de prédiction, nous verrons cet été dans quelle mesure les conditions météorologiques du mois de mars ont influé sur la survie de l'altise du maïs.

En prédisant avec précision la flétrissure de Stewart dans le maïs on favorise une lutte plus efficace contre cette maladie et contre l'altise du maïs. Les inspections des champs pour les divers modèles de prédiction de la maladie constituent l'une des composantes d'un projet plus vaste sur les " pratiques de gestion optimales dans le maïs grain en Ontario " présentement en cours. Ce projet a reçu l'appui des producteurs de maïs grain de l'Ontario, à qui le Canada et la province de l'Ontario ont offert du financement par le biais du programme Canada-Ontario de recherche et de développement (C-ORD), initiative fédérale, provinciale et territoriale faisant partie du Cadre stratégique pour l'agriculture, visant à positionner le secteur agroalimentaire canadien comme chef de file à l'échelle mondiale. Le Conseil de l'adaptation agricole administre le programme C-ORD au nom de la province.

 

1. Système de Steven-Boewe - somme des températures de l'air mensuelles moyennes
Emplacement
Températures moyennes
Somme
Prédiction
Déc.
Janv.
Févr.
Windsor 3,1 -1,4 -7,5 -5,8 Modéré à élevé
Leamington 3,0 -1,1 -7,2 -5,3 Modéré à élevé
Sarnia 2,2 -2,5 -8,4 -8,7 Faible à modéré
Ridgetown 2,1 -2,4 -8,8 -9,1 Trace
London 1,5 -3,1 -9,3 -11,0 Trace
Hamilton 1,6 -3,5 -9,5 -11,4 Trace

 

2. Modèle de l'université Iowa State - nombre de mois >= -4,4C

Emplacement
Nombre de mois >= -4,4 °C
SOMME Prédiction
  Déc. Janv. Févr.
Windsor 1 1 0 2 Modéré à élevé
Leamington 1 1 0 2 Modéré à élevé
Sarnia 1 1 0 2 Modéré à élevé
Ridgetown 1 1 0 2 Modéré à élevé
London 1 1 0 2 Modéré à élevé
Hamilton 1 1 0 2 Modéré à élevé

 

3. Prédiction de survie des insectes selon les températures moyennes du sol
Emplacement
Températures moyennes
Temp. moyenne
Prédiction
 
Déc.
Janv.
Févr.
Colchester 3,2 1,5 -1,9 0,9 Élevée
Leamington 7,0 5,1 1,7 4,6 Élevée
Woodslee 3,6 1,7 -3,9 0,5 Moyenne
Ilderton 3,7 3,3 1,4 2,8 Élevée


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