Comment faire la différence?
C'est une maladie ou pas?

En Ontario les grandes cultures peuvent être atteintes de nombreuses maladies. Les distinguer est parfois difficile, fastidieux et énervant. La plupart de ces maladies sont causées par des microorganismes infectieux (agents pathogènes) comme les champignons, les bactéries, les nématodes et les virus, cependant il existe d'autres problèmes (non infectieux) issus de facteurs environnementaux, comme les carences en éléments nutritifs, la température, l'humidité du sol, la lumière, le pH, les dégâts dus aux herbicides et le reste, que l'on confond souvent avec les maladies. Même s'il peut être fastidieux par moments le processus d'identification est primordial puisque l'efficacité de vos mesures de lutte antiparasitaire en dépend. Par exemple, vous croyez peut-être que le problème est dû à l'environnement ou à un produit chimique, mais en réalité il s'agit d'une maladie. Cette erreur d'identification peut vous faire perdre temps et argent. En plus du gaspillage du prix des mesures correctives, il y aura la perte de rendement et la disparition des plantes due à la maladie d'origine. Il faut aussi s'interroger sur les facteurs contributifs puisque plusieurs éléments sont en cause. Par exemple, un temps chaud et sec peut augmenter la susceptibilité de la culture à de nombreuses maladies. Il est primordial de déterminer la cause principale du problème et les autres facteurs qui contribuent aussi non seulement à la situation présente et surtout, éviter que les mêmes problèmes se reproduisent plus tard.

En effectuant régulièrement le dépistage de vos champs vous saurez quelles maladies sont présentes, à quel degré et s'il y a progression. Cette manœuvre vous permet d'être vigilant et de mettre en place les stratégies antiparasitaires pour en réduire l'incidence. Le dépistage vous donne aussi l'occasion de vérifier le degré d'efficacité de vos mesures de lutte contre les maladies.

Comment distinguer une maladie (agent pathogène) des autres problèmes (non infectieux) ou d'une combinaison de facteurs:

  • Recherche d'indices dans le champ ou la zone infectée. Quelle configuration est associée aux dégâts? Est-ce comme une dérive de produits chimiques ou y a-t-il des dommages similaires sur d'autres plants dans le champ (mauvaises herbes), dans les champs adjacents (cultures différentes) ou dans les rangs le long des fossés ou du pourtour du champ. Dans ce cas les dégâts pourraient ne pas être dus à une maladie car la plupart de celles-ci affectent les plants individuellement ou en groupe.
  • Les dégâts augmentent-ils avec le temps? La maladie attaque rarement un seul plant, elle se propage souvent de l'un à l'autre. La zone touchée s'agrandit si les conditions climatiques sont favorables au développement de la maladie. Le temps frais et humide tôt en saison est souvent à l'origine de maladies des plantules, de problèmes de pourriture des racines p.ex. rhizoctone, ou dus à Fusarium, ou à Pythium, et se propagent à de plus grandes étendues dans les mêmes conditions. Les dégâts dus aux facteurs abiotiques (non vivants) ne se propagent pas aux autres plants.
  • Où s'expriment les symptômes sur le plant? On associe beaucoup de maladies à une partie du plant (feuilles, racines, semence, etc.) ou à un stade de croissance (stades reproductifs). Les pathogènes se trouvent sur de nombreuses parties du plant toute la saison. Ainsi, les maladies foliaires ou la brûlure des feuilles surviennent d'abord sur les feuilles inférieures puis montent, car la plupart survivent sur les débris végétaux ou dans le sol. Les nématodes s'attaquent aux racines, mais les symptômes sont souvent sur les parties aériennes du plant.
  • Recherche de preuve sur les plants atteints (indices physiques). Il peut s'agir d'excroissances fongiques, de fructifications (acervules), de suintements bactériens ou de nématodes, pour n'en nommer que quelques-uns. Ces indices ne sont pas présents dans le cas de facteurs abiotiques, si aucun organisme vivant (pathogène) n'est en cause.

Rappelons que même si les phytogénéticiens ont incorporé nombre de nouveaux gènes résistants il reste encore d'importantes différences entre les variétés, les hybrides et les lignées consanguines en lien avec beaucoup de maladies répandues dans la province. Si vous savez à quels agents pathogènes les cultivars de vos cultures sont susceptibles, votre dépistage et votre lutte antiparasitaire en seront facilités. Par exemple, les principales maladies du maïs grain pouvant causer d'importants dégâts aux lignées consanguines sensibles sont les maladies foliaires, dont l'helminthosporiose du Nord du maïs, la rouille commune, la tache grise et l'anthracnose. Les compagnies de maïs grain ciblent souvent les champs de lignées plus susceptibles pour un plus grand nombre de visites de dépistage et elles sont conscientes des problèmes de maladies potentiels. Les lignées qui sont particulièrement susceptibles à certaines maladies peuvent bénéficier d'une application de fongicide même quand la gravité de la maladie semble négligeable.


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